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Psychologie des foules sur les marchés grecs et italiens

3 Juin 2014 , Rédigé par jean-christophe duplat

Psychologie des foules sur les marchés grecs et italiens

C'est en voyant ce portefeuile, constitué fin 2012, et la particulièrement belle performance des actions italiennes qu'il semble intéressant de revenir sur la chronologie de la crise de la dette, pour identifier les points d'entrée sur un marché.

Car si le matraquage - par un renchérissement des taux d'intérêt - de la gestion publique des pays du Sud de l'Europe était mérité (et n'est toujours pas réglé, le remboursement de la dette grecque étant pour l'essentiel reporté à 2022), leurs entreprises et donc leurs places financières ne méritaient pas de subir le même sort pour sombrer d'abord et rebondir de manière très violente ensuite.

Le marché des actions se remet toujours à niveau de manière rationnelle après avoir subi les effets pervers de la psychologie collective.

Les indices grec (ATG en noir) et italien (MIB en vert) ont connu un point bas au mois de juin 2012, comme l'indique ce graphique. C'est 3 mois après l'annonce de l'effacement de 53% la dette grecque au détriment de ses créanciers, le 8 mars 2012.

Plus significatif, ce point bas correspond précisément à la demande d'une assistance financière urgente par l'Espagne et Chypre, le 25 juin 2012 (après la Grèce, le Portgal et l'Irlande). La France est aussi impactée, et l'on s'attend au début de l'effondrement des dominos. La psychologie collective interdit d'acheter à ce moment.

La BCE baisse alors ses taux à 0.75% début juillet, du jamais vu, puis attend le mois de septembre pour commencer à racheter des obligations d'état, activité qui lui est interdite en principe.

C'est donc à ce moment qu'il fallait investir, lorsque le marché semblait avoir capitulé totalement. Les indices grecs et italiens ont repris 126% et 74% depuis lors.

Psychologie des foules sur les marchés grecs et italiens

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Perret 04/06/2014 10:38

Bonjour,
Benjamin Graham, Ben pour les intimes, avait bien décrit ce phénomène avec la métaphore de Monsieur Marché. Celui-ci est un "maniaco-dépressif" qui lorsqu'il est en période de dépression, se met à vendre à foison ses actions croyant que la fin du monde est effective ( je rappel qu'il est phase de déprime sevère, a cet instant, seul l'achat d'une corde pour se pendre lui semble raisonnable).
Puis le revoilà quelques temps plus tard, on ne sait pourquoi, cette fois ci de très bonne humeur, (n'oublions pas qu'il est maniaco-dépressif) et se met à acheter tout ce qu'il peut. Cette fois ci, il en est sur, les 30 glorieuses sont de retour, le business va tourner plein bull,il faut absolument être de la partie avant les autres. L'astuce consiste à profiter des sautes d'humeur de MR Market sans jamais tomber sous son influence. Il faut reconnaitre que ce n'est pas chose facile. Ainsi, l'investissement, est tout aussi une question de QI que de COMPORTEMENT. Ceux qui seront garder la tête froide pendant que le marché panique deviendront riche, c'est une évidence. Force est de constater que même des "professionnels" et "pseudo-spécialistes" cèdent à l'influence (trop forte) de Mr Marché. Personnellement, je lis la presse économique quotidienne sur support papier (n'en déplaise aux religieux de la tablette) et conserve ces mêmes journaux pendant des lustres ( ca commence à faire une belle pile, mais le placard est grand !). Il est très intéressant sur le plan comportemental, de constater à postériori (comprenez à froid), à quel point les articles "fin du monde" et leurs fréquences de diffusion sont importants au moment d'une crise et peuvent nous influencer consciemment ou inconsciemment dans nos choix d'investissment. A vrai dire quelques années après la chute de Lehman Brothers, la faillite de la Grèce et ses multiples sauvetages et j'en passe, la presse économique devient un vrai spectacle d'humour. Ca m'a bien fait rire (jaune).
Le temps passe et fait son oeuvre. L'homme finis par se détacher émotionnelle ment de l'événement et donc de reprendre ses esprits. C'est l'un des effets de ce que j'aime appeler la profondeur du temps. Aujourd'hui en rappelant la chute de Lehman Brothers, cela n'est plus qu'un événement parmi tant d'autres, mais finalement on y a survécu. Il y a déjà eu des crises et il y en aura d'autres. La vie continue. Ceci est un raisonnement à froid permis grace au temps qui nous ammène de la distance, mais comme proposé plus haut, en lisant la presse au moment même de la crise, on voit bien que c'est la panique qui l'emporte sans véritable raison in fine. Ca devrait être la fin d'un monde, d'un système et quelques années après, force est de constater qu'il n'en est rien.

Cordialement