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1 EUR = 1 USD = 1 CHF

11 Mars 2015 , Rédigé par jean-christophe duplat

1 EUR = 1 USD = 1 CHF

Dans nos prévisions pour..2011, nous mentionnions la probabilité d’atteindre une parité 1 EUR = 1USD = 1CHF

C’était bien sûr à mettre dans un contexte où le marché était libre, les acteurs libéraux, et n’étaient pas perpétuellement gênés dans leur équilibre par des manipulations et un interventionnisme politiques constants assortis d’effets d’annonce – l’effet parlotte - qui corrompent ces marchés depuis 7 ans et demi.

L’on peut encore voir aujourd’hui le marché se cramponner aux lèvres de la Troïka et des dirigeants grecs, qui vont encore une fois annoncer que l’accord-miracle-de-sortie-de-crise aura été trouvé d’ici la fin de la semaine, avant de repartir plus haut, peut-être une dernière fois avant une correction plus importante. Attention au mois de mars.

Aujourd’hui nous sommes presque à cet équilibre entre les 3 devises.

La parité EUR-CHF - qui s’est apprécié durablement de 20% en 30 secondes en janvier dernier, nous l’avons abordé - est due à la fatigue soudaine de la BNS qui, pendant 5 ans, avait racheté de l’euro pour affaiblir sa devise et permettre au pays rester compétitif, avant de se rendre compte que le poids d’une devise aussi risquée que l’euro, qui constitue toujours 45% de ses réserves de change, devenait un problème beaucoup plus systémique que le seul soutien de sa devise.

Le dollar par contre ne s’est pas spécialement apprécié par rapport à l’euro, ces deux monnaies circulant dans des économies à bout de souffle, mais l’incohérence et le manque de clarté de la politique économique européenne ont eu raison de la plus faible.

A l’époque (1.3384 le 31/12/ 2010) tout le monde préconisait de vendre le dollar, sans aucun avenir. Aujourd’hui, à 1.08 USD/EUR le consensus prévoit une poursuite de la hausse du dollar.. Nous nous méfions de cette forme de pensée unique.

Vu l’importance de leur commerce extérieur, la menace de déflation en Europe fait bien sûr stresser les Etats-Unis sur la qualité et la durabilité de leur propre reprise économique. Ceci justifie une action conjointe de la BCE et la FED pour manipuler le cours des devises en faveur des exportations européennes. Cette première « action coordonnée » vise à redonner un fond de vigueur, et donc un peu d’inflation en Europe.

Mais ceci ne doit pas durer très longtemps car les USA pénalisent leur propre commerce extérieur. Si la monnaie, comme ce fut le cas, s’apprécie de 15% en 10 semaines, non seulement les produits américains devenus chers vont moins s’exporter, mais les bénéfices rapatriés par les multinationales américaines implantées ailleurs que sur leur territoire, vont mécaniquement baisser une fois traduits en USD.

La FED pourrait alors devoir relever ses taux pour freiner l’appréciation du dollar, mais c’est un cas peu probable dans l’immédiat, eu égard aux circonstances de reprise actuelles.

La FED et la BCE devraient donc se concerter - c'est une question de jours - pour faire revenir le USD dans la zone 1.20 USD pour 1 EUR, zone neutre pour les deux économies, une fois la « confiance » revenue en Europe, sur des annonces comme « l’inflation revient sur des plus hauts » etc..

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