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Ratios prudentiels : le retour au bon sens paysan ?

18 Novembre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Et si les ratios internationaux de mesure de solvabilité des établissements financiers étaient, à l’instar des produits financiers que l’on a vu fleurir ces dernières années, incompréhensibles et inadaptés au contrôle prudentiel ?

Le principe qui, selon le Comité de Bâle, consiste à scinder et pondérer les fonds propres d’un établissement financier en différentes catégories (les fonds propres de base (Tier1), les fonds propres complémentaires (Tier2), et fonds propres surcomplémentaires (Tier3)) afin de procéder à un calcul du risque encouru par les banques  n’a, en tous cas cette dernière année,  jamais reflété le véritable risque qu’encourait l’actionnaire des banques qui ont subi les déboires auxquels nous avons assisté.

Nous craignons par ailleurs  que, étant entendu l’assouplissement des normes comptables internationales décidé le 11 octobre dernier, ces ratios soient à l’avenir enjolivés, non comparables avec les précédents, et donc encore rendus plus troubles pour l’analyse du risque encouru par un établissement financier.

Repensons effectivement à ces communiqués récents d’acteurs du marché belge :

 « Avec un apport en capital d'un milliard d'euros engendré par le retrait des ABS et un ratio Tier 1 de 11,4%, notre position est confortable. » (août 2008, Dexia) »

« La KBC n’a aucun problème de solvabilité » (septembre 2008)

« Nous avons atteint l'objectif que nous nous étions fixé, de sorte que cette opération, le placement de 625 Meur en titres « Core Tier1 Capital », va nous permettre de consolider la solvabilité de Fortis » (mai 2008, Fortis)

« ING est moins sensible que les autres banques aux problèmes temporaires de crédit et de liquidité » (octobre 2008)

Ou encore à ceux de leurs contrôleurs :

« Aucune des grandes banques belges  ne rencontre de problèmes de capital, de solvabilité ou de liquidités en raison de la crise des crédits » (juin 2008, CBFA, également reprise par le Ministère des Finances en septembre)

Toutes ces banques ont finalement fait appel à l’Etat, avec plus ou moins de contraintes, pour renforcer leur structure.

N’est-il dès lors pas temps de revenir aux bases de l’analyse financière, en commençant l’étude des bilans bancaires par un ratio qui mettrait simplement en rapport les fonds propres de la banque avec la totalité de ses actifs ? Ce ratio pourrait établir le risque de destruction des fonds propres d’un établissement financier par une perte d’actifs relative.

Très concrètement, et sur base des bilans de ces banques au 30 juin, donc avant intervention de l’Etat, ce ratio s’établissait comme suit pour les banques suivantes :

KBC : 5.2%

ING : 2.0%

Fortis : 3.0%

Dexia : 2.7%

Ce qui signifie par exemple que pour ING, une perte de 2% des actifs sous gestion suffirait à anéantir ses fonds propres, tandis que pour KBC, il lui faudrait perdre 5.2% de ses actifs pour mettre à mal ses capitaux propres.


Quant à la BNP Paribas, repreneur potentiel de Fortis Banque, son ratio s'élève à 29. Un défaut de 1 mio sur trente Mio gérés annihile leurs fonds propres.
 Est-ce vraiment le repreneur rêvé pour Fortis, et est-elle aussi solide qu'elle ne le prétend ? Nous verrons, tout en étant sceptiques..

Pour les banques « on-line » pourtant dénigrées par leur consoeurs, un rapide calcul met en valeur, pour Keytrade  et Binck Bank des ratios de respectivement 4.6% et…16.9%. Enviables, donc.

Le « bon sens paysan » pourrait peut-être aider à revenir aux bases de l’analyse.

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