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Analyse financière (I) : de combien une entreprise doit-elle augmenter ses prix pour parer à l’inflation ?

9 Août 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Analyse Financière

L’inflation réelle - celle ressentie et non officiellement mesurée - se retrouve à un niveau préoccupant pour légitimer une éventuelle croissance.

Pour un entrepreneur, il est en conséquence essentiel de parer à cette inflation, en répercutant  de manière correcte une hausse des matières premières sur ses prix de vente. 

De nombreux chefs d’entreprises pensent, pourtant à tort, qu’une augmentation de leurs prix de vente dans les mêmes proportions que la hausse du prix des matières premières suffit à  se réserver la même marge. Or le maintien de la marge consiste en une opération plus élaborée que la répercussion d’une hausse de prix.

Nous allons dans cette première partie faire un bref rappel de deux notions d’analyse financière, et procéder à la détermination du cash-flow sur un bilan fictif.  

Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) est une notion souvent abstraite, qui représente le décalage de trésorerie entre les encaissements et les décaissements découlant de l’activité normale d’une entreprise. Il peut se mesurer en additionnant stocks et créances clients, dont on retranche les dettes fournisseurs.

Concrètement, l’artisan dont le métier est de mettre du vin en bouteille, par exemple, devra être capable de préfinancer le premier loyer de son bâtiment, l’achat d’un fût de vin à la coopérative locale, d’une palette de bouteilles, d’un stock de  bouchons, et autres frais fixes de démarrage,  afin de pouvoir satisfaire la commande de son client, qui lui ne le paiera qu’après 30 jours, dans ce cas.

Tout ce préfinancement nécessaire à la réalisation de sa vente en attendant son paiement, constitue le BFR.

Le paiement de son client, s’il inclut une marge, contribuera à faire baisser le besoin en fonds de roulement du second mois d’exploitation, toutes choses étant égales par ailleurs.

Le besoin en fonds de roulement est le plus souvent positif. S’il est négatif (souvent le cas des grandes surfaces par exemple, où le client paie comptant et les fournisseurs sont réglés après plusieurs semaines), l’entreprise n’a pas besoin de financement externe pour couvrir son cycle d’exploitation.

Le cash-flow d’exploitation est le solde qui subsiste lorsque (i) l’on ajoute au résultat d’exploitation les éléments qui n’ont fait l’objet d’aucune sortie d’argent (décaissement) comme la dotation aux amortissements et les provisions, et que (ii) l’on en retire l’impôt sur le résultat et la variation de BFR.

Dans le cas de notre embouteilleur, nous allons considérer que son compte de résultat, à l’issue du premier mois d’exploitation, se décompose comme suit :  

Chiffre d’affaires : 1’000€

Achats de marchandise : -600€

Frais généraux : -120€

Dotation aux amortissements : -100€

Avec, donc, un résultat opérationnel de : 180€

 

On considère également que le BFR  se situe à 500, qu’il est stable, car l’inflation est minime, et que l’impôt à payer est de 34% sur le résultat comptable.

Sur ces bases, le cash-flow dégagé par son activité dans les conditions actuelles se calculera de la sorte :

Résultat d’exploitation : +180

+ Dotation aux amortissements : +100

- Impôt sur le résultat (34%*180) : -61.20

- la variation du BFR : -0.00

Soit un cash-flow d’exploitation de : +218.80€

 

Dans le prochain billet, nous allons analyser l’impact sur ce cash-flow d’une hausse de l’inflation à 10% et les mesures correctives à prendre en termes de facturation.

 

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