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BCE, maintien des taux bas en Europe, dernier pas vers la "Japonisation"

21 Février 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

La BCE insiste sur le message qui prévoit qu'elle va laisser ses taux à niveau très bas, et sous-entend qu'elle pourrait encore les baisser sous le seuil actuel de 1% pour encourager "un frisson de reprise".

 

La fuite en avant continue - tant il est vrai que les politiques économiques des 40 dernières années ont tourné autour de ce credo et qu'il semble aujourd'hui compliqué de même penser à une autre alternative - tout cela pour entretenir l'espoir sublime de la reprise par la consommation.

Dans la tête de nos gouvernants, il est certain que l'arme de la baisse des taux suffira pour voir le consommateur reprendre beaucoup de dette pour s'acheter des choses dont il n'a pas forcément besoin.

 

Entre 1990 et 2003, une autre région du monde, le Japon, nous a montré le modèle d'une explosion de bulle du crédit, et avait entrepris les mêmes démarches que ce que le monde occidental utilise comme bouée depuis 3 ans : transfert de dette privée sur le citoyen, sauvetage des banques - Daiwa notamment - via la feuille d'impôt du contribuable, baisse des taux jusqu'à obtenir des taux réels négatifs, creusement de la dette publique dans des tentatives vaines de relance de la consommation.  

 

Tout ceci n'a pas fonctionné, et le Japon s'est résolu à accepter une croissance nulle et une perte de compétitivité totale depuis 20 ans.

 

Voici l'évolution de l'indice Nikkei durant ces 13 années de récession. Cette politique de fuite en avant s'est soldée par une baisse de l'indice de 75%, outre le ratio dette publique/PIB qui reste perché à 160% depuis lors.

Les dommages collatéraux ont évidemment été une paupérisation rampante de la société japonaise, qui était largement investie dans des fonds et assurances qui étaient censés leur assurer des vieux jours paisibles.

 

 

nikkei-1990-2003-1-.png

 

Entre parenhèses, ceci nous conforte dans l'hypothèse que le rebond des marchés européens est artificiellement soutenu par des effets d'annonce purs, qui ont du mal à cacher une fuite en avant, et qu'un nouveau point bas est à chercher sur les marchés dans les mois à venir.

 

Le seul effet positif de ce genre de mesures est la résistance de la devise à la crise. Le Yen a durant cette même période de 13 ans gagné 35%, après avoir atteint une revalorisation de plus de 70% dans la première partie de cette crise de la dette.

 

Et le mécanisme qui explique ce fort mouvement de soutien à la devise est assez simple à justifier : le consommateur n'ayant plus confiance en son envionnement recommence à épargner en devise locale d'une part, et donne surtout, d'autre part, la priorité au remboursement de ses dettes, libellées en Yen également et dont l'apurement contribue à la mise sur le marché d'un excédent de devises. C'est un effet du deleveraging, ce processus de désendettement de masse.

 

Yen-1990-2003-1-.png

 

La politique de baisse des taux de la BCE n'est donc pas une solution - si ce n'est servir l'intérêt des banques qui vont mécaniquement restaurer une partie de leurs fonds propres.

D'autre part, cette analyse  nous conforte dans notre optique de hausse du dollar par rapport à l'euro puisque la dette privée américaine est nettement plus importante que celle qui est entre les mains des citoyens de l'eurozone.

Nous avons toujours dans le viseur une parité euro-dollar avant la fin de l'année.

 

 

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