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BI(g) PIGS ? Comment rajouter B à PIIGS ?

2 Décembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

 

 

 Le 23 juillet dernier les banques portugaises et irlandaises sortaient officiellement grands vainqueurs des stress-tests, totalement blindées contre tout risque de crise systémique.

Ces « tests très aboutis et prenant en compte tous les risques imaginables» par lesquels le monde politique et le fonctionnariat européen cherchaient à se rassurer depuis que des pays comme la Grèce, l’Espagne le Portugal ou encore l’Irlande s'étaient transformés en maillons faibles de la construction de l’Eurozone – ont fait passer toutes les banques irlandaises et portugaises avec mention « très bien ».

Aujourd’hui, le masque tombe et le monde réel, économique, reprend ses droits : ces pays sont attaqués.

 

L’Irlande a été forcée de demander de l’aide ; quant au Portugal, la question n’est plus de savoir si il a besoin d’aide, mais quand le déni politique s'effacera devant la réalité économique.  La parade est connue : la BCE annoncera cet après-midi un grand plan d’interventions sur les marchés par le rachat d’obligations d’état, l’on s’attachera à vanter la solidité de l’économie européenne, et le transfert des dettes publiques continuera à s’opérer sur des épaules fortes, comme celles de l’Allemagne.

 

Après l’Espagne, qui a visiblement besoin de 7 fois plus de fonds que les « petits pays » déjà secourus, viendra le tour de l’Italie et la Belgique, avant la France probablement.

La Belgique est ce pays sans gouvernement depuis 7 mois, et dont les parlementaires sont occupés pour l’instant à :

-          faire du lobbying pour l’organisation de la coupe du monde de football 2018 ;

-          débattre sur la possibilité de créer un nouveau jour férié, payé par les entreprises, pour la journée de la femme, le 8 mars ;

-          se disputer au sein même de leurs partis sur la discussion-bateau du port du voile

 

Pendant ce temps, de l’autre côté de la scène, l’on assiste à une très forte hausse du taux des emprunts à 10 ans, passant de 3 à 4% en moins d'un mois.

 

L’essentiel de la dette belge (100% du PIB actuellement, entre 108 et 125 attendus dans moins de 5 ans..mais un déficit moins élevé que dans les autres pays fragiles européens) étant en mains privées et le taux d’épargne étant très élevé, l’état belge devrait pouvoir continuer à se financer auprès de ses compatriotes (à cet égard,  la campagne actuelle « il n’y a pas plus sûr que l’achat de bons d’état » qui cherche à vendre de la dette long terme à du 2.55% net nous fait sourire, puisque l'inflation sur base annuelle a déjà dépassé ce seuil)

 La Belgique est aussi quatrième prêteur de l’Irlande, au pied du podium après l’Angleterre, l’Allemagne et les Etats-Unis .

L’une de ses grandes banques, la KBC – comme en Irlande, la majeure partie du PIB belge est généré par des sociétés de services en général, le secteur bancaire en particulier - qui a des fonds propres de 11 Mia EUR, est exposée à concurrence de ..18 Mia EUR via des prêts irlandais..mais visiblement ceci n’influence pas les ratios « Bâle II » officiels et rassurants, et ce qui nous incite à utiliser des ratios plus basiques et réalistes.

On le voit, il y a un peu de rassurant dans la situation belge et assez d’éléments moins convaincants. Il faudra suivre l’évolution des taux et le résultat de la nouvelle émission de bons d’état dans les semaines à venir.

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de Halloy 02/12/2010 15:06


J'apprécie votre bon sens (.....de la campagne)
L'on ne se connait pas encore mais c'est pour moi une qualité rare. Comprenez donc ceci comme un compliment.
Voilà une fois de plus un commentaire critique courageux.