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Chronologie de l’Islande : bon sens populaire, défaut, faillite de banques, inflation, et retour à la croissance en un temps record

23 Avril 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

L’Islande a été le seul pays européen qui a rejeté, par le référendum populaire du 6 mars 2010 et ses 93% de « non », le sauvetage des banques privées qui avaient été nationalisées par le gouvernement conservateur de Geir Haarde  le 9 octobre 2008, après avoir fermé la place boursière nationale pendant 4 jours.

L’on se souvient notamment de Kaupthing et Landbanski (Icesave), dont les remboursements de dettes n’ont pas été honorés, ou très partiellement.

 

Notons d’ailleurs que ce vote négatif exprimé par la population allait à l’encontre de la fédération des organisations syndicales islandaises, qui conseillait de voter la loi qui aurait confisqué 100€ par mois pendant 15 ans à chaque citoyen islandais, y inclus les enfants.  

 

Le 20 février 2011, le nouveau gouvernement de centre-gauche vote une nouvelle loi instituant un fonds de garantie pour le paiement de la dette des banques aux investisseurs étrangers.

Le président de la République, Olafur Grimsson, refuse de la signer suite à la pression populaire et renvoie donc le choix final à la population.

 

Le 9 avril 2011, un nouveau référendum renvoie cette loi aux oubliettes, par 60% de « non ».

 

Le 5 septembre 2011, l’ancien premier ministre Geir Haarde, est traduit en justice pour graves négligences et inaction ayant entraîné la faillite du pays. L’acte d’accusation lui reproche notamment de n’avoir rien fait pour empêcher le secteur bancaire de son pays grossir au point de représenter à lui seul ...11 fois le PIB de l’Islande !

Le résultat du jugement sera connu aujourd’hui.

 

Comment se porte l’économie islandaise après ces déconvenues politiques et décisions démocratiques que l’on aurait pu croire fatales à une petite nation au paysage très bancarisé ?

 

Très bien, figurez-vous.

 

Après deux années de récession (-6.8% en 2009 et -4% en 2010) la croissance fut très rapidement de retour, affichant 3.1% en 2011.

Elle se profile à 2.6% en 2012, 2.5% en 2013 et 2.4% en 2014, selon les projections économiques de Statice.

 

 Sur le plan de l’emploi – sa préservation fut l’alibi de bien des gouvernements européens pour sauver les banques en endettant des générations de contribuables – le taux de chômage islandais se monte à fin mars à 7,5%.

 

Iceland-unemployment.png

L’inflation, qui est très vite passée à 12.5%, pour redescendre ensuite à ses niveaux d’avant-crise, inférieurs à 4%, semble maîtrisée.

 

Iceland-Inflation-1988-2011.jpg

 

Et l’Islande emprunte à moins de 4% sur les marchés traditionnels, sans avoir besoin de se faire des injections de liquidités permanentes par un mécanisme douteux mis en place par la Troïka (UE, BCE, FMI)  pour d’autres pays européens.

 

Voilà comment, en s’attaquant de manière volontaire et raisonnée à la bulle de l’endettement durant quelques mois, l’Islande a pu éviter les dérives de la crise européenne actuelle, très profonde et longue, assortie d’une croissance molle, dont les origines devront de toutes façons être traitées. Tôt ou tard.  

 

 

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BA 25/04/2012 10:47

Mercredi 25 avril 2012 :

Le Neuneu d'or 2012 a été attribué à Mario Draghi !

Bravo, Mario !

Draghi espérait un effet plus rapide sur l'économie des prêts de la BCE.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a convenu mercredi qu'il avait espéré que les prêts massifs consentis ces derniers mois par l'institution aux banques européennes
profiteraient plus rapidement à l'économie réelle.

La BCE a prêté quelque 1.000 milliards d'euros sur trois ans à des conditions très avantageuses aux banques de la zone euro lors de deux opérations exceptionnelles en décembre puis en février,
espérant stimuler ainsi l'octroi de crédit et par là-même l'activité économique dans son ensemble.

"Mais dans l'économie à l'heure actuelle la demande est contenue donc la demande de crédit est contenue", a déclaré M. Draghi lors d'une audition devant des députés européens.

"Les opérations de prêts ont certes amélioré la situation financière et permis de gagner du temps, a dit M. Draghi, ce qui n'est pas négligeable, mais nous ne pouvons pas suppléer au manque de
demande", a-t-il ajouté.

Le président de la BCE a ajouté que l'un des effets notoires de ces prêts géants avait été de faire augmenter le portefeuille d'obligations d'Etat des banques.

http://www.romandie.com/news/n/_Draghi_esperait_un_effet_plus_rapide_sur_l_economie_des_prets_de_la_BCE64250420121014.asp

BA 24/04/2012 15:54

Les investisseurs internationaux n'ont plus aucune confiance dans la capacité de l'Espagne à rembourser ses dettes.

Les taux d'emprunt de l'Espagne explosent.

Mardi 24 avril 2012 :

L'Espagne paie beaucoup plus cher pour se financer à court terme.

L'Espagne a levé mardi 1,933 milliard d'euros en bons à 3 et 6 mois, dans le haut de la fourchette visée, mais a dû concéder des taux d'intérêt en forte hausse dans un climat de tension sur les
marchés, avec une Bourse madrilène à ses plus bas niveaux en trois ans.

La demande des investisseurs est restée forte, dépassant les 9,4 milliards, ce qui a permis au Trésor espagnol d'atteindre son objectif d'emprunter 1 milliard à 2 milliards, mais à un coût presque
doublé par rapport à la dernière émission similaire, le 27 mars : 0,634% sur trois mois (contre 0,381%), et 1,580% sur six mois (contre 0,836%), selon la Banque d'Espagne.

http://www.boursorama.com/actualites/l-espagne-paie-beaucoup-plus-cher-pour-se-financer-a-court-terme-bcd7c68edaebc656987f1f72e0ce524a