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Dernière concentration de dettes avant l'implosion ?

3 Mars 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Nous avons précédemment fait un rapide parallèle entre la crise actuelle des Etats européens, Grèce en tête, et les prémices de la crise bancaire en 2008.,

Reprenons le fil des événements : une alerte sur un établissement au mois de mars (Bear Stearns en 2008 = La Grèce en 2010 ?) sauvée de la débâcle par les deniers publics ; une faillite en septembre (Lehmann Brothers en 2008= défaut de la Grèce, Espagne ou du Royaume-Uni au second semestre 2010 ?).

La période s’étalant entre ces deux dates était en 2008 parsemée de recapitalisations d’établissements bancaires, « tant que les conditions de marché nous sont favorables » affirmaient les dirigeants de ces banques.

Eh bien, en ce moment et comme nous l’avons vu la semaine dernière ce sont les états qui se recapitalisent au plus vite, profitant d’une certaine absence de soupçons qui leur est pour l’instant encore bénéfique. Jusqu’au jour où plus personne ne voudra les suivre dans leurs multiples recapitalisations. Et les montants sont énormes, jugez-en par vous-mêmes :

 

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La Grèce, avec une dette totale de 212 Mia EUR doit refinancer 50 Mia en 2010, soit 23.5% de sa dette ;

L’Italie doit lever 327 Mia cette seule année, soit 32% du total de sa dette ;

Les Pays-Bas renouvelleront 114 Mia cette année, soit près de la moitié de leur dette totale ;

Idem pour l’Espagne qui doit trouver 205 Mia sur le marché pour renouveler 47% de sa dette ;

La France doit lancer une souscription qui couvrira 41% de sa dette totale ;

etc.etc    

 

Car le problème de la dette n’est pas seulement qu’elle devient très importante et ingérable, mais aussi et surtout que son coût de refinancement va maintenant contribue à asphyxier les états. Un seul milliard refinancé à du 5% au lieu de 3%, par exemple, augmente la charge de la dette d’un pays de 20 millions d’une année à l’autre, et donc à creuser les déficits. Le nœud du problème, c’est donc le coût de la dette.

 

L’on comprend donc l’empressement de ces états à rechercher des fonds sur les marchés avant que l’alarme ne soit donnée. Et étant entendu que la Grèce postpose ses différents emprunts depuis deux semaines, attendant d’avoir la certitude que le tour de table confirme une souscription à 100%, nous sommes en droit de croire que nous arrivons à la fin de cette période de grâce ;.

 

Alors, nous verrons probablement une seconde concentration – la première était celle du risque de faillite des banques qui fut transféré sur les épaules des états à cause de leur interventionnisme – avec cette fois un transfert de la dette des états faibles vers les états plus forts.

Et étant donné que la dette actuelle des pays faibles est déjà détenue à majorité par des mains étrangères plus puissantes, on comprend l’intérêt que les états prétendument solides ont à ne pas les voir défaillir.


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Lorsque ce poids de la dette aura été concentré sur les épaules des états les plus résistants, et qu’eux-mêmes ne pourront plus fuir une nouvelle fois en avant en transférant ce poids sur d’autres épaules, se transformant eux-mêmes en pays à risque, nous verrons la construction européenne voler en éclats. Probablement d’ici un an ou deux, mais ceci se produira. Et nous serons heureux d’être resté investi en or plutôt qu’en actions et obligations.

 

Il nous faut surtout surveiller la durée de ces nouvelles émissions : s’ils arrivent à émettre des obligations à long terme, les états auront entre les mains une excellente raison de déprécier la monnaie, en mettant en place un programme d’inflation.

Par contre si la dette ne trouve preneur qu’à court terme, le jeu de l’inflation devra être postposé aux émissions longues suivantes.

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