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Europe de l'Ouest : des banques très sous-capitalisées

5 Septembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

C'est après avoir vu le top 50 des banques les plus solides d'Europe, que publie Global Finance annuellement , que j'ai dressé un tableau qui reprend, pour les principales banques européennes et américaines, leur taux de "leverage" - ce ratio simple utilisé précédemment - qui permet bien mieux que d'autres de sonder la solidité d'un établissement financier, en mettant en rapport ses fonds propres, et le total de ses actifs sous gestion, appartenant à ses clients. 

Plus le pourcentage fonds propres/actifs est important, plus la résistance de la banque face à un défaut de ses clients sera  élevée. 

L'on comprendra en effet facilement qu'il vaut mieux éviter qu'une dépréciation d'actifs ou la faillite d'un client ne vienne impacter directement les fonds propres. Pour une banque qui a 20 fois plus d'actifs sous gestion que de fonds propres, 5% de dépréciation sur ces actifs l'emmènent en territoire négatif au niveau des fonds propres. C'est un effet de levier inversé. 

 

Tandis que Basel III parle de 11% de fonds propres requis, et que, avec une série d'ajustements et retraitements qui leur permettent d'y arriver, toutes les banques satisfont officiellement à ce critère et "réussissent brillamment les stress-tests les plus difficiles", voici le ratio fonds propres/fonds de tiers des principales banques cotées : 

 

11-09-05-18-12-26.jpg

 

 

Premier constat : pas une de ces banques n'arrive aux 11% exigés, en données brutes.

 

Deuxièmement, les colosses aux pieds d'argile, notamment Dexia et son effet de levier supérieur à 50,  semblent se trouver du côté de l'Europe occidentale, avec notamment les banques anglaises, françaises, espagnoles et allemandes. Les banques américaines et italiennes sont les mieux capitalisées de cet échantillon. 

 

Nous devrions donc voir une série d'augmentation de capital à l'automne, à charge des états européens, qui sont devenus les principaux actionnaires de ces banques moribondes, et donc initiatrices de politique de rigueur pour le contribuable. 

Depuis 3 ans, nous sommes à l'écart des valeurs bancaires et d'assurances, et nous ne voyons toujours aucune amélioration concrète dans ce secteur. 

 

 

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