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Irlande et CDS 5 Y : quand s'attaquera-t-on aux causes de la crise ?

12 Novembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Le CDS à 5 ans sur l’Irlande s’est retrouvé au-dessus des 600 points aujourd’hui.

Ceci signifie que, pour assurer un risque de 10Mio EUR de dette souveraine, l’investisseur exposé à l’Irlande doit payer une prime annuelle de 600'000 EUR pendant 5 ans… Le prix à payer pour un pays en faillite virtuelle.

Pendant ce temps, l’Irlande refinance sa dette à un prix de plus en plus élevé, le spread –l’écart de taux – vis-à-vis des taux allemands atteignant maintenant 6.5%. Elle rejoint donc la Grèce au rang des pays dont les seuls frais financiers suffisent à assurer le déficit des 10 années à venir.

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L’Europe est évidemment sortie du bois, assurant qu’elle ne laisserait pas tomber l’Irlande. Elle préparerait un plan de sauvetage similaire à celui qui – par un artifice, la création d’une nouvelle dette financée par de nouveaux emprunts reposant sur les épaules  des autres états membres – avait permis de temporairement calmer les attaques grecques en mai dernier.

Nous en sommes donc là.

Cette crise de la dette et sa bulle du crédit sont toujours parfaitement intactes, mais juste transportées sur d’autres épaules bienveillantes. Nous avons souvent répété sur ce blog que, après une première étape, le sauvetage des banques et de leur dette privée par des acteurs publics (les Etats), il est ensuite apparu un transfert de cette dette publique des Etats les plus faibles vers les Etats plus solides – la Grèce d’abord, l’Irlande à présent, et probablement le Portugal à la mi-2011.Nous sommes toujours convaincus que la résolution de cette crise de dette, et de sa fuite en avant par l’émission de nouveaux emprunts pour en rembourser d’autres, ne pourra s’effectuer que par une réelle diminution de cette dette de manière ordonnée, c’est-à-dire par (i) une faillite bancaire soit (ii) le défaut de paiement d’un Etat.

Dans la configuration actuelle, c’est-à-dire lorsque tous les pays faibles auront refinancé leur dette à prix fort, le scenario qui se dessine est une sortie de l’Allemagne de la zone euro, elle qui se financera toujours à bon compte sur base de ses excellents fondamentaux, même dans une autre monnaie, laissant l’hyperinflation « nettoyer » la dette de la zone « euro faible ».

 

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