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La courbe de Phillips

18 Février 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

 

A.W. Phillips est un économiste néo-zélandais qui, en 1958, a mis en évidence la relation qui existe entre le taux d’accroissement du salaire nominal et le taux de chômage. Pour lui, l’accroissement du chômage est inversément proportionnel au taux de rémunération, donc à l’inflation, et à l’inverse, une diminution du chômage fait réapparaître le spectre de l’inflation. Il explique ce mouvement inversé de manière simplissime : l'excédent de chômage crée une pression sur les rémunérations, les gens étant prêts à accepter une diminution de salaire pour s'assurer de rester sur le marché de l'emploi.
Phillips.gif


Nous sommes revenus à une des lignes motrices de ce blog, à savoir la résurgence de l’inflation.


Les politiques de relance effectuées très régulièrement depuis des décennies, et que l’on observe encore aujourd’hui, se basent sur cette courbe : les gouvernements essaient d’enrayer la hausse du nombre de chômeurs, mais cette pression accroît dans un second temps le taux d’inflation.  

La déflation salariale que l’on connaît pour l’instant est donc due à cette augmentation très rapide du taux de chômage.
Tenter de la maîtriser mènera à une poussée inflationniste, à moins que le taux actuel de chômage soit devenu une nouvelle norme et que l’on s’habitue donc à avoir un taux de chômage naturel de 10%.


1209-chomage.jpg 

Bien sûr le retour de l’(hyper)inflation ne sera pas juste le fait d’une tentative de maîtrise du taux de chômage par les autorités, car il y a d’autres signes d’un retour de l’inflation. Nous y reviendrons à allure régulière sur ce blog.

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Dimitri 18/02/2010 17:09


Je suis assez d'accord avec vous et la news de Reuters ci-dessous fait partie d'un changement durable de politique...


Le FMI suggère de relever les objectifs d'inflation à 4%
[ 12/02/10 - 16H49 - Reuters ]
WASHINGTON, 12 février (Reuters) - Une étude du Fonds monétaire international (FMI) publiée vendredi suggère aux autorités monétaires d'envisager un relèvement de leur objectif d'inflation à 4% au
lieu de 2% afin d'accroître l'efficacité des politiques monétaires lors de futures crises déflationnistes.
L'étude, intitulée "Repenser la politique macroéconomique", explique que l'objectif de 2% d'inflation retenu par la plupart des banques centrales était suffisante "dans un monde de petits
chocs".
Mais elle ajoute que la crise financière de 2008, en provoquant une chute de la demande globale, a empêché les banques centrales de ramener les taux d'intérêt réels en territoire négatif, ce qui a
limité l'efficacité de leur politique.
"L'augmentation de l'inflation moyenne, et donc la hausse des taux d'intérêt nominaux, auraient permis de baisser davantage les taux d'intérêt, et donc probablement de réduire la chute de
l'activité et la détérioration des situations budgétaires", poursuit l'article, cosigné par l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard.
(David Lawder, version française Marc Angrand, édité par Dominique Rodriguez)