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La Grèce tout proche du défaut ?

29 Avril 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

Depuis le temps que le FMI et l’Europe colmatent les brèches du vaisseau grec en lui apportant de la dette nouvelle pour l’empêcher de couler, ce qui serait pourtant louable afin d’assainir la situation de fuite en avant dans laquelle ils sont engagés, faisons le point sur l’état de ce pays.

 

Le « plan de sauvetage » de la Grèce prévoit une sortie des soins intensifs et un retour de ce pays sur le marché des capitaux dans 8 mois, début 2012.

C’est un engagement intenable pour l’heure, les taux de refinancement de la dette grecque à 2 ans s’élevant à ..25%.. sans que les marchés ne s'en inquiètent !

 

 

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La charge de cette dette plomberait encore davantage leur déficit, et le ratio dette publique/PIB qui s’élève déjà à158%.

A ce stade, la Grèce - en précurseur, et probablement suivie par l'Irlande, comme nous le montre le tableau de projections du FMI ci-dessous- deviendrait le laboratoire d’une japonisation de l’Europe, monstre de dette sans plus de croissance économique, souffrant d’un taux de chômage élevé, d’un taux d’épargne très significatif empêchant un retour de consommation durable tellement souhaité par le monde politique, monde politique qui d’ailleurs continue de ne pas vouloir anticiper cette échéance, hormis peut-être l’Allemagne, via les déclarations de son ministre des finances.

 

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A ce propos, il est d’ailleurs frappant de voir le contraste entre les ambitions politiques et la volonté populaire, qui, lorsqu’un avis lui est demandé, par exemple en Islande et Finlande – et sans que nous cautionnions ce vote d’extrême-droite - a demandé qu’on laisse tomber ces pays en difficulté, sans continuer les renflouements perpétuels, les « bail-outs ».  

 

Il y a donc fort à penser qu’un défaut de la Grèce, sans compter qu’ une restructuration de sa dette pourrait entraîner d’autres pays dans sa chute, se profile avant la fin de l’année.

 

Et qui seront les perdants ? Les établissements bancaires européens bien sûr, qui, selon la BRI, possèdent à leur actif 154 Mia USD de papier grec.

Imaginons une fourchette basse de 50% de reniement ou d’effacement de dette grecque, et les banques devraient inscrire une dépréciation d’actifs de 77 Mia USD dans leurs résultats.

 

Selon Reuters, BNP Paribas, Société Genérale, Dexia, et Commerzbank auraient chacun une exposition supérieure à 3 Mia EUR (4.2 Mia USD) à cette dette grecque.

  

C'est l'occasion de souligner une nouvelle fois notre aversion pour le secteur bancaire et des assurances, et certainement encore plus du papier obligataire souverain.



 

 

 

 

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