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Les compagnies d'assurance en danger ?

27 Novembre 2009 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

Nous savions depuis la fin 2008, que les banques sont entrées dans la vie éternelle grâce aux Etats qui leur ont offert une splendide assurance-vie sans qu’elles y aient souscrit. Nous doutons que les mêmes équipes gouvernementales puissent en faire autant lorsque cette crise du crédit - qui est d’ailleurs occupée à se transformer en crise de confiance sur la monnaie-papier – débouchera sur une inflation galopante et fera plier les produits d’assurance et, par extension, vaciller leurs émetteurs, les compagnies d’assurances.

Un fonds d’assurance-vie est - selon son caractère agressif ou plus prudent - composé de 65 à 90% d’obligations. Le reste étant réparti entre actions, immobilier ou or, ce dernier restant la plupart du temps très marginal.
Dans pratiquement tous les cas, par souci de sécurité, la part obligataire du fonds est essentiellement investie en emprunts d’état, la signature du débiteur ayant joué le rôle d’une garantie solide jusque récemment.

A l’heure actuelle, l’inflation est à toujours à l’état latent car les banques, afin de gonfler leurs réserves en espèces, profitent du quantitative easing offert par les banques centrales (la fameuse « politique monétaire accommodante » qui consiste à inonder les marchés de monnaie) pour amasser - et non reprêter - et mettre en réserve la majeure partie de l’argent qui leur est envoyé. La masse d’argent ne circule donc pas encore, mais il faut guetter le signal de départ car c’est cette vélocité, une composante essentielle à la création d’inflation,  qui devrait donner le mouvement de hausse des prix, impactant le prix des matières premières et le prix des biens de consommation courante.

Dès que ce signal sera donné, les prix se renchérissant, la monnaie perdra mécaniquement de sa valeur et les consommateurs perdront en pouvoir d’achat.

Au niveau des placements obligataires de nos assurances-vie, un retour d’inflation provoquera un rehaussement des taux d’intérêts. Les obligations existant au sein de ces contrats, émises à des conditions moins favorables,  perdront de leur valeur, non seulement parce qu’elles ne seront recherchées par plus aucun investisseur – les nouvelles émissions leur offrant des rendements meilleurs – mais aussi parce que les rendements anciens offriront un rendement inférieur à l’inflation.

Le rendement réel de nos assurances-vie ou pension sera négatif, et induira une baisse considérable de la valeur de l’épargne investie.

L'on peut aussi considérer que, dans un cycle pareil où chaque achat de nouvelles obligations se solderait par une matérialisation de moins-value par la compagnie dès lors que l'émission suivante se fera à un rendement plus attractif, les assureurs pourraient n'avoir plus de provisions techniques suffisantes.
Avec dans les cas extrêmes, des taux de rendement négatif qui induiraient des rachats massifs de contrat, avec en face un manque de provisions, entraînant les compagnes d'assurance dans un tourbillon infernal.

Gare donc aux nouvelles souscriptions d’assurances qui vous promettent un rendement garanti de par exemple 2.75%, l’inflation va les transformer en instruments de perte de pouvoir d’achat. Il sera probablement temps aussi de suspendre les polices en cours.

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