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Les USA, toujours notés AAA ?

6 Mai 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

 

Moody’s, une des agences de notation chargée de juger - théoriquement en toute neutralité -de la qualité des dettes souveraines, a récemment confirmé la plus haute qualité (AAA) du papier obligataire américain,  jugeant sa situation économique stable, et arguant du fait que les USA se portent mieux que d’autres pays notés AAA.

La sensibilité de ce pays à la dette est visiblement une nouvelle fois écartée. Il y a probablement quelque chose qui nous échappe car le degré d’endettement est une mesure de confiance capitale lorsque se pose le choix d'un investissement dans une société du secteur privé.

Les Etats-Unis ont mis près de 200 ans pour passer le cap du premier "billion" ou trilliard de dette.  C’était en 1980, sous la présidence de Ronald Reagan, père de l’effet de levier et de la recherche de la croissance par endettement.

Les successeurs de Reagan ont pris le pli et enclenché la vitesse supérieure, si bien que de nos jours, il ne faut plus attendre 2 siècles pour que les Etats-Unis ajoutent 1 trilliard (1'000 Milliards ou 1'000'000'000'000 USD) supplémentaire à leur dette publique.  

Le Président Obama a eu besoin de seulement 7 mois de présidence pour accroître la dette publique de ce montant, et le solde de son compte de dette après 3 ans de mandat s’élève à 3.6 trilliards USD. Si bien qu’aujourd’hui,  la dette américaine se monte à près de 14 trilliards USD, et s'approche de 100% du PIB.

total-US-debt-05052011.png

Pourtant tout le programme de Barack Obama, qu’il répète à l’envi, s’articule autour d’une modération des dépenses, une contraction des frais de fonctionnement, etc. Probablement sans le comprendre, certainement sans marge de manœuvre ni volonté de l’appliquer.

Parce qu’il ne faut pas oublier qu’aux USA, la réserve fédérale imprime, sans compter ses heures, les nouveaux billets qui rachètent directement la dette créée par les besoins de cette dérive. La Fed  a dans ses livres 40% de cette nouvelle dette.  Sans devoir se soucier d’une faillite.

Voilà qui donne de l’eau au moulin à notre théorie de la mise en échec du pouvoir politique dans un monde dominé par l’économique. Et de cette fuite en avant, cette « politique-réalité » à laquelle on assiste – en Europe aussi d’ailleurs -  pour essayer de se garder un rôle médiatisé, à défaut d’importance. 


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