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Obama parle, l'océan (de liquidités) se retire

26 Janvier 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie Politique

Nous avons assisté vendredi dernier à une première démonstration, à toute petite échelle, du phénomène qui se produira sur les marchés lorsque les mesures de quantitative easing prendront fin. Rappelons que le quantitative easing, mesure prônée par la Fed, consiste à noyer les marchés dans une abondance de liquidités et soutenir de cette manière les places boursières de manière très artificielle sans résoudre le problème principal, l’explosion d’une gigantesque bulle de crédits, toujours latent, et permet de faire passer dans l’esprit collectif que la crise est finie.
 
Vendredi dernier, le Président Obama a menacé les banques, d’une part de ne plus pouvoir utiliser l’argent collecté auprès de leurs épargnants pour investir dans des actifs risqués et d’autre part de limiter la taille des banques-pieuvres afin qu’une mise en faillite de l’une d’entre elles ne puisse pas avoir d’influence aussi significative que celle de Lehman Brothers en 2008, ou les sauvetages-express de Goldman Sachs et Citibank au même moment.
 
Et quand il affirme cela - tout en soutenant Bernanke au passage et validant les conseils prodigués par Volker et les autres conseillers de la Maison-Blanche, toujours aux mêmes postes depuis 20 ans, preuve que rien ne change et que le monde politique n’a ni l’inspiration ni l’imagination nécessaire pour faire face à cette crise « d’un autre type » que celles qu’ils ont connues précédemment- la peur prévaut, l’océan de liquidités se retire prudemment, cette marée basse entraînant un petit chaos sur les marchés boursiers .
Probablement pour mieux y retourner dans les prochains jours, lorsque la polémique sur cette prise de position politico-politique, avec des relans de populisme – dès que le peuple trouve une chose honteuse en cherchant des boucs-émissaires (le salaire des patrons, les méchants traders qui sont la cause de tous les maux, les prétendus paradis fiscaux, les bénéfices des banques ( NDLR : grâce à la Fed qui permet encore aux banques d’emprunter à du 0,5% et replacer cet argent en bons du trésor à du 3,75%), les plans de restructuration dans une entreprise bénéficiaire, qui feraient donc mieux de gérer sans prévoir et de cultiver les pertes et les déficits à l’image de la gestion étatique, mais, elles, en se privant de l’argent du contribuable, etc.) , la classe politique s’y rallie promptement- sera clarifiée, puisque chaque gouvernement veillera probablement à réduire l’importance de ces propos pour ne pas secouer un marché psychologiquement sensible . 
 
Quand Obama s’exprime, donc, la courbe du Dow Jones affiche un certain parallélisme avec la chute de sa cote de popularité, lui qui promet, parmi d’autres engagements, une sécurité sociale pour tous à financer par…le déficit et la dette, ce que de moins en moins d’électeurs critiques et responsables seront prêts à accepter.
 
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Et l’on se prend à imaginer le comportement boursier lorsque les banques centrales annonceront le retrait définitif des liquidités injectées dans le marché et qu’elles commenceront à redresser les taux..

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