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Pourquoi augmenter ses fonds propres quand il suffit de restreindre le crédit ?

28 Novembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

Comme nous l’avions constaté il y a presque 3 ans déjà, une solution structurée à la crise de l’endettement qui n’est à présent toujours ni maîtrisée ni plus maîtrisable passerait par (i) une acceptation de la faillite de certaines banques – au détriment de la sauvegarde de l’emploi à tout prix, qui n’a reçu aucun influx positif - et par (ii) la notification faite aux épargnants de l’impossibilité de disposer de tout ou partie de leur épargne lorsque la banque en a fait un instrument de levier. Par exemple via une mention sur son extrait de compte qui lui signalerait «Votre solde réel est de 1'000 EUR, malheureusement comme nous avons prêté votre argent, votre solde disponible est de 0, et vous ne pouvez en disposer jusqu’à nouvel ordre».

Ces mesures auraient permis un « deleveraging » organisé et structuré, un assainissement mécanique du bilan des banques, et évité le transfert de dettes privées vers les états par un interventionnisme massif aux dépens du contribuable.

 

Rappelons au passage qu’une des sources durable du manque de confiance sur le marché interbancaire est encore et toujours la sous-capitalisation des principaux établissements financiers européens dont le ratio « actifs sous gestion sur fonds propres » varie de 20 à 35. En d’autres termes, ceci signifie qu’une perte ou moins-value enregistrée sur seulement 3 à 5% du total de l’actif de ces banques entraîne leur faillite.

 

Pour sauver ce qui peut encore l’être, ces banques et assureurs ont le choix soit de renforcer le dénominateur de cette fraction -leurs fonds propres - pour tenter d’améliorer ce ratio, soit de diminuer l’octroi de crédits et mécaniquement faire baisser le numérateur.

Il est clair aujourd’hui que, la première solution est bien plus embarrassante, visible et de mauvais genre que la seconde, plus insidieuse et très facile à appliquer, au détriment d’une croissance, même hypothétique.

 

Au vu des dernières statistiques de la Fed, qui font état de variations annuelles négatives sur l’octroi de crédit, il faut bien admettre que les banques ont arrêté de prêter, tant aux entreprises qu’aux particuliers.

 consumer-loans.png

 business-loans.png

Si l’on considère – nous y reviendrons plus en détail plus tard – que :

  1. les banques n’ont plus aujourd’hui la capacité de renforcer leurs fonds propres par des moyens financiers véritables, et que ce sont les états qui devront tôt ou tard continuer à intervenir massivement pour porter le ratio évoqué ci-dessus à 11%, comme le proposent les normes de Bâle III
  2. le taux de chômage devrait doubler d’ici à 2016, sur base d’un effet inversément proportionnel à la baisse du PIB européen  

le budget des états européens devrait connaître un véritable coup de massue dans les mois qui viennent et, sans changement structurel excessivement important, sera véritablement « ratiboisé » par ces deux lames de fond.

 

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