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Qui détient la dette espagnole ? La France au premier rang

17 Avril 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

 Selon un principe toujours contraire aux statuts actuels de la BCE mais félicité et encouragé par un monde politique drogué à la dette – Nicolas Sarkozy disait dimanche qu’il faut encore donner plus de pouvoir à la banque centrale européenne (lire : imprimer plus d’argent) pour relancer la croissance -  la BCE continue d’émettre de la monnaie.

Nous avons vu qu'elle a ainsi émis plus de 1'000 Milliards €, sans aucune contrepartie, pour les prêter aux établissements financiers ces derniers mois.

 

Et le système bancaire espagnol, comme partout en Europe vassalisé par l’Etat,  en profite très bien : ces banques ont emprunté 260 Mia € à la BCE à un taux de 1%, pour racheter de la dette émise par l’état espagnol, rémunérée pour la plupart à du 6% , et rendre le reste à la BCE qui rémunère ce solde à 0.25%.

Les rachats de dette publiques par les banques espagnoles sont signalées en bleu sur ce graphique :

 

170412-saupload_Spain-Italy-bank-bond-holdings.jpg

Nous attendons toujours le moment où,  pressées par des politiques de relance sans succès, les banques vont - dans une économie traditionnelle -  refaire circuler l’argent qui gonfle actuellement le pied de bilan de la BCE, et donc ne plus lui retourner dans un circuit fermé.  Car la vélocité de l’argent est un des vecteurs de l’hyperinflation.  

 

Tout le monde semble aujourd’hui se réjouir d’une émission de dette espagnole qui n'a trouvé acheteur que par la combine citée plus haut, et par laquelle l’Espagne s’endette à moins de 18 mois pour 2.09 Mia € à un taux de ..2,623%, alors qu’elle empruntait encore – déjà excessivement cher -  à 1.418% le 20 mars dernier pour des obligations de même échéance ! 

 

Jamais donc le taux moyen de la dette espagnole n’a été aussi élevé depuis 1992  

 

Mais qui détient donc cette dette publique espagnole de 735 Mia € - somme que le MES ne réunira jamais dans sa structure actuelle, même à crédit -  et dont un défaut souverain risquerait  de précipiter dans le ravin ?

La France en sort très fragilisée - et ceci nous donne des indications sur la portée des propos de Sarkozy cités plus haut -  détenant plus du quart de cette dette espagnole, plus que douteuse.

 

170412-spain_debt.jpg

 

Quand l’Allemagne va-t-elle donc finalement annoncer son retrait de la zone euro pour purger ce qui devient au fil du temps une monnaie pourrie ?

Le temps presse et les infrastructures de sauvetage ne pourront jamais faire face au défaut de ces grandes économies.

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BA 23/04/2012 16:22

Lundi 23 avril 2012 :

Espagne : c'est encore pire que ce qu'on pensait.

La nouvelle était attendue, mais les chiffres annoncés lundi 23 avril vont au delà des craintes. La Banque d'Espagne a estimé que le PIB du pays avait accentué son recul au premier trimestre, avec
une baisse de 0,4 % par rapport au dernier trimestre 2011, où il avait déjà diminué de 0,3 %. Ces mauvais indicateurs marquent le retour de l'Espagne en récession.

Deux trimestres de recul du PIB signifient en effet l'entrée d'un pays en récession, dont l'Espagne n'était sortie que début 2010.

"L'économie espagnole commence 2012 en situation de rechute", souligne la Banque d'Espagne, qui estime que "son évolution dans les prochains trimestres est sujette à l'incertitude et à certains
risques à la baisse, en lien avec les possibles développements de la crise de la dette souveraine" en zone euro.

En rythme annuel, le PIB au premier trimestre a baissé de 0,5 %, ce qui met fin à sept trimestres consécutifs de hausse et montre l'aggravation de la situation économique de l'Espagne. Après une
faible croissance, de 0,7 %, en 2011, le gouvernement prévoit un recul de 1,7 % du PIB sur l'ensemble de 2012.

L'Espagne, privée dès 2008 de son moteur, la construction, au moment même où éclatait la crise internationale, oscille depuis entre récession et croissance atone, tandis que le nombre de
sans-emploi monte régulièrement.

Le gouvernement a d'ores et déjà prévu un taux de chômage à 23,4 % en 2012, après 22,85 % à la fin 2011. Au premier trimestre, "l'emploi a encore diminué avec intensité, avec un recul annuel estimé
à près de 4 %", écrit lundi la Banque d'Espagne. Dans ce contexte, "la demande intérieure a continué à baisser, comme c'est le cas ces quatre dernières années" tandis que l'apport de la demande
extérieure (tourisme et exportations), bien que positif, a été "inférieur au trimestre précédent".

(Dépêche AFP)

BA 20/04/2012 18:49

Vendredi 20 avril 2012 :

Les banques se préparent à l’éclatement de la zone euro.

Pour faire suite à mon dernier texte sur Atlantico, "Petit manuel de survie en cas d’éclatement de la zone euro" (article le plus lu du site hier !), cette possibilité d’une explosion de la zone
euro reste bien sûr d’actualité, comme le prouve cette étude publiée hier par la banque Natixis :

"Quelles possibilités de couverture contre un scénario d’éclatement partiel de la zone euro ?"

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=63603

(commentaire : initiative louable, mais il y a encore des efforts à faire, l’or n’est pas considéré comme une bonne protection, hum…).

Il est évident que chez les banques et les investisseurs, ce « risque » est de plus en plus pris en compte. On a vu comment l’Europe avait tremblé avec la Grèce, qui ne représente que 2% de son PIB
(et ce n’est pas fini), alors avec l’Espagne et l’Italie…

Après l’embellie artificielle du premier trimestre 2012 (provoquée par les LTRO de la BCE, deux fois 500 milliards prêtés aux banques), l'Espagne et l'Italie empruntent désormais à des taux trop
élevés pour espérer une quelconque stabilisation de leur dette. La crise est devant nous. Un petit conseil : même si elles s’y préparent, ne comptez pas sur les banques pour protéger vos économies,
ne comptez que sur vous.

Philippe Herlin, chercheur en finance, chargé de cours au CNAM.

http://ladettedelafrance.blogspot.fr/2012/04/les-banques-se-preparent-leclatement-de.html

BA 19/04/2012 23:51

Jeudi 19 avril 2012 :

Quelles possibilités de couverture contre un scénario d’éclatement partiel de la zone euro ?

Avec la remontée récente des taux d’intérêt sur les dettes périphériques, la question de la pérennité de la zone euro dans sa structure actuelle se pose pour de nombreux agents économiques exposés
à la monnaie unique.

Parmi un ensemble des possibles très vaste, allant de la sortie d’un seul pays comme la Grèce à l’explosion totale de la zone euro, nous retenons un cas intermédiaire, à savoir la sortie de la
Grèce, du Portugal et de l’Espagne. Ce choix est motivé par le risque de crises politiques et sociales que les niveaux de chômage atteints, notamment parmi les jeunes, font peser sur ces pays.

Nous estimons les impacts potentiels sur les changes et les taux d’intérêt des pays sortants et des pays core puis proposons des stratégies de couverture sur les marchés obligataires souverains et
corporates, actions et matières premières.

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=63603

BA 18/04/2012 13:09

Mercredi 18 avril 2012 :

Petit manuel de survie en cas d'éclatement de la zone euro.

Les épargnants européens commencent sérieusement à anticiper l’éclatement de la zone euro. Enfin, plus précisément ceux qui auraient beaucoup à perdre : les Grecs, les Portugais, les Espagnols et
les Italiens.

On sait depuis longtemps que les Grecs diminuent progressivement leurs avoirs en Grèce pour les transférer dans d’autres pays. Ce que nous apprend ce graphique de Bloomberg, c’est que l’Italie,
l’Espagne, l’Irlande, le Portugal font face à des fuites de capitaux d’un montant croissant, en forte accélération depuis l’été 2011, qui a marqué un palier supplémentaire dans la crise de la zone
euro.

http://www.pauljorion.com/blog/?p=35925

Et cet argent afflue vers les pays considérés comme sûrs : l’Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg. Ainsi que la Suisse bien sûr, mais qui ne figure pas dans ce graphique qui ne prend en compte
que la zone euro.

Les politiciens peuvent dire ce qu’ils veulent, les épargnants commencent à fuir les pays à risque pour se mettre à l’abri.

Certaines banques s’adaptent à ce mouvement et l’accompagnent. Par exemple, la Deutsche Bank au Portugal a abandonné son statut de filiale à part entière pour devenir une simple représentation
commerciale, sous-entendu : « Mettez votre argent chez nous et il sera transféré en Allemagne, ainsi en cas d’éclatement de la zone euro, vous vous retrouverez avec des Deutsche Marks plutôt
qu’avec des escudos qui ne vaudront pas grand chose ! »

Et la France ? Pas de mouvement de fond pour l’instant, même si les banques privées suisses constatent de nombreuses arrivées. On ne note pas de défiance, mais il faut garder à l’esprit qu’un
éclatement de la zone euro s’accompagnerait de faillites bancaires, ou au minimum de comptes épargnes bloqués le temps de « stabiliser la situation », comme on l’a vu lors de la crise
argentine.

Ceci dit, ouvrir un compte à l’étranger ne concerne que les personnes disposant d’un capital déjà significatif. Que faire quand ce n’est pas le cas ? Investir dans des actifs réels (immobilier, or)
qui garderont toujours une valeur intrinsèque.

Pour le reste ? L’argent en banque serait automatiquement transformé dans la nouvelle monnaie (en « nouveau franc »…), mais pour les billets, il y a une chose à savoir. Prenez un billet : le numéro
de série est précédé d’une lettre, il y a de forte chance que ce soit un U. Normal, c’est un billet géré par la Banque de France. Chaque banque centrale gère ses billets et une lettre permet d’en
identifier la nationalité. En cas d’éclatement de la zone euro, ces billets seraient convertis dans les différentes monnaies nationales… Les « U » en nouveau franc donc.

Si vous avez un billet « Y », refourguez-le, il est grec ! Par contre, collectionnez les « X », ce sont de futurs Deutsche Marks.

Philippe Herlin, chercheur en finance, chargé de cours au CNAM.