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Toujours gagnant à long terme en bourse, une idée reçue ?

13 Décembre 2009 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

 Il est une idée qui circule beaucoup et qui, globalement, caractérise le choix d’un investissement boursier au meilleur qui soit car « un investisseur en actions est toujours gagnant à long terme, donc à plus de quinze ans ». C’est aussi le credo de bon nombre de conseillers en placement, qui négligent le plus souvent de coupler un timing adéquat à ce « conseil », afin de lisser leur volume de vente – et donc leurs commissions- dans le temps.

Si cet adage était souvent vérifié jusqu’au cœur des années 1990, deux bulles, une complexification et un excès de confiance des marchés ont fait en sorte que nous venons de perdre au moins une décennie boursière.

L’investisseur japonais, par exemple, qui aurait investi en actions « pour le long terme » en 1989, peu avant l’entrée en déflation de ce pays, a perdu les trois quart de son investissement 20 ans plus tard. En déduisant l’effet de l’inflation, sa performance est encore plus médiocre.


Pire, il n’a jamais eu l’occasion de voir son portefeuille en plus-value latente une seule fois au cours de ces 20 ans.

Nikkei 20 ansDe même partout ailleurs, mais sur une durée à l’heure actuelle moins longue.

L’investisseur français ou américain par exemple qui a acheté un tracker sur son indice national en 1999 – et donc avant la bulle internet - n’a, 10 ans plus tard, pas l’occasion d’acter la moindre plus-value sur son portefeuille, et de nouveau sans compter l’érosion monétaire.

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Il y a donc des périodes où l’investissement en bourse – en tous cas sur les big caps, les actions présentes dans les indices -  doit être déconseillé, car il est soumis à des cycles, comme tout autre actif – à la fin des années 90, les banques centrales n’ont jamais vendu autant d’or alors qu’il était à son plus bas, autre erreur de timing, sur le cycle de l’or cette fois. Le cycle des actions doit probablement être lié aux taux et à l’endettement des Etats.

De 1999 à 2008, les banques centrales, en baissant leurs taux, étaient adeptes du crédit facile et de cette «relance par le crédit » qui leur était si chère et dont on prend la mesure de l’ampleur aujourd’hui, maintenant qu’ils n’ont pas d’autre alternative que de laisser les taux à un niveau trop bas.

En 1999 aussi, les USA et la majorité des Etats européens cumulaient une dette énorme, que les politiciens ont pour la plupart essayé de réduire au cours des années 2000, jusqu’à la fin 2008, lorsqu’ils se sont laissé submerger par cette vague de l’endettement, n’ayant d’autre alternative pour sauver le monde financier. Curieux parallélisme.

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