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L’Allemagne quitte la zone euro : une hypothèse de plus en plus envisageable

15 Mai 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie Politique

 Selon les dernières données de la Banque des Règlements Internationaux, l’Allemagne possède une créance sur les banques étrangères qui peut se répartir comme suit (en Mia €) :

 

USA :          414.50
France :     123.50
Espagne :  131.70
Portugal :     26.60
Irlande :        82.00
Grèce :          15.90
Italie :          120.00
Japon :          42.50
UK :              379.30
 

 

D’autre part, elle a une dette envers les établissements financiers européens qui s'identifie comme suit :

 

 

USA :          -174.40
France :      -205.80
Espagne :        0.00
Portugal :        0.00
Irlande :          0.00
Grèce :            0.00
Italie :         -202.70
Japon :        -108.30
UK :            -141.10

 

 

A la lumière de ces chiffres, nous pouvons constater que l’Allemagne possède une dette nette  - une dette plus importante que ses créances – envers la France (à hauteur de 82.30 Mia), l’Italie (82.70 Mia) et le Japon (65.80 Mia)

 

Dans l'analyse du scénario d’une sortie de l’Allemagne de la zone euro, nous allons partir de l’hypothèse que l’Allemagne émet un nouveau Deutsche Mark (DEM), qui, émis à la parité pour simplifier, vaudrait 1 €.

 

Son ancienne dette resterait entièrement évaluée et remboursable en €, mais elle lancerait immédiatement un nouvel emprunt d’une durée de 12 à 18 mois, libellés en DEM, qui rembourserait l’intégralité de sa dette extérieure, soit dans ce cas 832 Mia €.

 

Nous n’avons aucun doute sur la souscription intégrale de ce nouvel emprunt, lancé à des taux identiques, si pas inférieurs aux taux à laquelle l’Allemagne emprunte à l’heure actuelle – soit des taux réels négatifs puisqu’ils sont en tout état de cause inférieurs à l’inflation - tellement la confiance des créanciers serait intacte vis-à-vis de cette nouvelle monnaie forte.

 

Très vite, cette nouvelle monnaie s’apprécierait face à un euro de plus en plus faible.

 

En prenant l’hypothèse d’1 néo-DEM qui vaudrait 2 € endéans la première année de son lancement, les souscripteurs du premier emprunt allemand – qui devraient obligatoirement être les pays de la zone euro -  seraient triplement gagnants :

 

(i)                  immédiatement, en encaissant  le remboursement de leur créance allemande dès la levée de fonds du premier emprunt en DEM, qui leur servirait alors à alléger le fardeau de la dette par un deleveraging rapide que ces pays cherchent actuellement à tout prix,

(ii)                d’autre part,  après 12 ou 18 mois, en encaissant 100% de la valeur de leur emprunt en devise à l’échéance, ils reconvertiraient les nouveaux DEM ainsi perçus, pour en obtenir mécaniquement le double dans leur devise nationale. Leur dette nominale vis-à-vis de l’Allemagne serait  divisée par deux, et donc le poids de la dette serait mécaniquement très significativement réduit.

(iii)               et enfin, les pays les plus faibles ayant pu profiter de la revalorisation cette nouvelle devise forte, devraient obligatoirement affecter le surplus généré par cette opération à l’apurement d’autres dettes souveraines.

 

 

Ce choix pénalise à première vue fortement la balance commerciale allemande, puisque la théorie veut qu’une devise forte pénalise les exportations.

Ce déficit peut être évité par une action de la nouvelle banque centrale allemande, action qui serait ciblée sur l’orientation des taux.

A contrario, c’est aussi une bonne nouvelle puisque les autres états européens trouveraient dans le dynamisme de leurs exportations – par une hausse des importations allemandes -  le relais de croissance qu’ils cherchent actuellement.  

 

Choisir l’exit du pays le plus fort de la zone euro– dont la devise était d’ailleurs déjà très surévaluée lorsqu’elle a été convertie à l’€  – est donc probablement la solution la plus raisonnable pour arrêter la fuite en avant et enfin s’attaquer à la réduction de cette bulle de crédit, de manière très ciblée et raisonnée.

 

Si le pays le plus faible quitte la zone –sans aucune chance de relancer son économie ni une monnaie dont aucun créancier ne voudra-  lui succédera un autre pays faible au sein de la zone euro, qui prendra une posture similaire, et tôt ou tard demandera aussi à quitter la zone euro, sur base du très mauvais signal qui aura été avalisé par les autorités.

Une fuite en avant qui perdurerait.

 

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Citigroup Economic Surprise Index et pétrole

11 Mai 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Le « Citigroup Economic Surprises Indicator » prend en compte et compile toute une série de statistiques parues sur le front économique, les compare à l’anticipation faite par le marché sur ces chiffres, pour ensuite chiffrer l’évolution à la hausse (consensus battu) ou à la baisse (déception) du contexte économique. 

 

L’on remarque clairement sur cette première analyse que le prix du pétrole (en jaune), lorsqu’il arrive à un certain niveau, ne stimule plus l’économie, et contribue même à une dégradation rapide du climat des affaires.

Raison de plus pour soutenir que le pétrole devrait refluer significativement dans les semaines à venir.   

 

oil-surprises-05-12.jpg

 

 

D’autre part, cet indice est passé en territoire négatif le 23 avril dernier, et s’établit aujourd’hui à -27.6%.

 

Or chaque fois qu’il s’est affranchi de cette zone, comme le montre cette courbe, les marchés financiers ont accéléré leur mouvement baissier.

Il s'agira probablement de l'accélération du mouvement de correction entamé il y deux semaines, et donc tout nous incite à attendre la fin de ce mouvement de baisse.

 

economic-surprise-index-vs-SP500110512.jpg 

 

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Le repli du Brent anticipe un retournement à la hausse du VIX : un tracker adéquat

9 Mai 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

 

Le Brent – le baril de pétrole de la Mer du Nord – a plusieurs fois heurté le niveau des 126 USD, sans réussir à s’en affranchir, avant de refluer en moins d’un mois vers les 113 USD.

 

Or toute baisse significative du Brent a été suivie d’une hausse du VIX dans les deux mois qui ont suivi. Il se situe à 19.05 aujourd'hui.

 

Brent-Vix-090512.png

 

Cette hausse du VIX traduit un sentiment de grande fébrilité sur les marchés, et entraîne une baisse, parfois violente, des indices boursiers, comme en témoigne le comportement du S&P 500, en brun sur ce graphique.

Cette baisse des marchés correspondra probablement à une énième capitulation au sein du grand marché baissier actuel, et constituera alors seulement un point d'entrée intéressant.


VIX-SPX-090512.png

 

 

Afin d’anticiper cette probable accélération haussière du VIX, le tracker VQT permet d’en profiter.

Il s’agit d’un tracker qui est en temps normal investi partiellement en actions, en cash et en futures sur le VIX afin de battre le marché, avec un basculement total en futures sur le VIX lorsqu’il détecte une hausse de ce VIX.

La performance du VQT fut de +16% en 2011 tandis que pratiquement tous les marchés étaient perdants.  

 

VQT-090512.png

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France : Performances du Cac40 avant et au lendemain des élections

4 Mai 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

 D’après des statistiques compilées par Bloomberg depuis 1965 et couvrant donc  8 élections françaises, la bourse de Paris a pour habitude de gagner 2,1% le mois qui précède l’élection et de perdre 2,8% au cours du mois qui suit le scrutin présidentiel.

 

Exception cette année : le Cac 40 a, entre le 5 avril et la clôture au 4 mai 2012, perdu 4.65%, dont -2% cette seule dernière semaine. 

 

Le lundi 11 mai 1981, au lendemain de la première investiture d’un candidat socialiste, la bourse avait très lourdement chuté - perdant jusqu’à 22% et n’arrivant à trouver un équilibre de cotation que pour 10 valeurs seulement - il est vrai sur des craintes justifiées de l’application d’un vaste programme de nationalisations.

 

Le 10 mai 1995, le Cac 40 performe de +1.87%

Le 6 mai 2002, la bourse de Paris cède - 0.33%

Et le 7 mai 2007, l’indice s’est adjugé + 0.99%

 

Mise à jour : le lundi 7 mai 2012, la bourse de Paris s'est finalement adjugé +1.65% à 3'214.22 points, dans de faibles volumes, après avoir passé la première moitié de la journée en territoire négatif.

07cac40.jpg

 

D'autre part, afin de garder un peu de recul et un esprit critique sur ce que les uns reprochent aux autres, voici l'évolution de la dette et l'importance du déficit sous les différents gouvernements qui se sont succédés depuis 1981.

Un point-clé de la prochaine présidence.  

 

 

1553239_5_4e04_la-dette-et-le-deficit-publics-francais-depu.jpg

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Ratio AAPL –RIMM, source d’un Nasdaq fortement surévalué

2 Mai 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

25 avril 2012 : l’action Apple (AAPL) s’adjuge plus de 10% de hausse. Rien de fondamentalement anormal après une publication flatteuse relative au premier trimestre 2012.

010512 aapl

 

Mais plus que des ratios totalement déconnectés de la valorisation traditionnelle d’entreprises - et notamment une capitalisation boursière supérieure au quadruple de son seul chiffre d’affaires, ou un dividende qui rembourserait l’achat d’une action à 583USD  en 220 ans – il en est un qui est particulièrement interpellant : lors de cette journée du 25 avril, la capitalisation boursière de AAPL, en passant de 523 à 576 milliards USD s’est adjugée plus de..7 fois la capitalisation boursière totale de Research In Motion (RIMM), son concurrent produisant le Blackberry.

A ce jour, la capitalisation de RIMM se monte à 7.50 Mia USD, pour 546 Mia USD chez AAPL.

En d’autres termes, chaque fois que l’action Apple s’adjuge 1.37% de hausse, elle engloutit toute la capitalisation boursière de Research In Motion..

Jaugeage rapide du marché sur lequel ces valeurs s’échangent, le Nasdaq : l’analyse par le PER (le rapport cours bénéfice) nous donne un ratio de 27, tandis que le facteur qui met en rapport la totalité des dividendes distribués sur le Nasdaq avec la capitalisation totale de l’indice, nous sort un chiffre de 0.5%.

Or l’expérience des précédentes hausses paraboliques nous a toujours indiqué qu’un PER supérieur à 20, couplé à un rendement inférieur à 3% ouvre la voie à une bulle spéculative qui est toujours suivie d’une correction d’envergure.

Cette envolée se voit particulièrement bien sur le parcours du Nasdaq divisé par le cours de l’once d’or.

010512-NDX-Gold.png

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OCDE : taux d’imposition moyens et confiscation des contribuables belges et français

26 Avril 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie Politique

 L’OCDE vient de publier le détail des taux moyens d’imposition de ses membres pour l’année 2011.   

 

Comme d’habitude, les pays européens d’une manière générale, la Belgique et la France en particulier briguent les places peu enviées de pays dans lesquels la pression fiscale est la plus élevée. Jugez-en plutôt :  

 

Une personne célibataire sans enfant dont le revenu est dans la moyenne, se verra confisquer 55.5% de ses revenus. Vu d’une autre manière, ce n’est qu’à partir du 21 juillet de chaque année qu’il pourra réellement mettre en poche ce qu’il gagne. Drôle de fête nationale…

 

Si la rémunération de cette personne se situe deux tiers au-dessus de la moyenne, le taux d’interception par l’Etat se monte à 60.7%, sans qu’il n’ait jamais le choix de l’affectation de ses impôts.

 

Une personne mariée, ayant deux enfants et une rémunération dans la normale, peut fêter le 25 mai de chaque année la fin de la ponction étatique de 40.3%, battu dans ce seul cas de figure par le contribuable français qui devra, lui, trépigner jusqu’au 3 juin pour être libéré de cette saisie.

 

Enfin, le contribuable marié avec deux enfants et dont le conjoint travaille aussi verra sa rémunération amputée de 48.2% en Belgique et 44.9% en France.

 

Probablement un encouragement à la paresse, ou une incitation à vivre au crochet de l’état qui, après s’être attribué une grande partie de cette confiscation sous forme de privilèges divers, gaspille ensuite une tranche importante de ce butin en subsides et autres allocations et attributions diverses, gardant ainsi un fonds de commerce, le rapport seigneur-vassal cher à tout ce petit monde.

 

 

  Single
no ch
67 (% AW)
Single
no ch
100 (% AW)
Single
no ch
167 (% AW)
Single
2 ch
67 (% AW)
Married
2 ch
100-0 (% AW)
Married
2 ch
100-33 (% AW)  (2)
Married
2 ch
100-67 (% AW)  (2)
Married
no ch
100-33 (% AW)  (2)
Chile 7,0 7,0 7,8 6,0 7,0 4,9 6,6 7,0
New Zealand 12,9 15,9 22,0 -18,7 -1,2 7,0 13,1 14,8
Israel 13,0 19,8 28,4 0,1 16,0 12,2 13,4 16,6
Mexico 13,2 16,2 21,6 13,2 16,2 14,4 15,0 14,4
Korea 17,7 20,3 22,2 17,0 17,9 17,9 18,1 19,4
Switzerland 18,0 21,0 25,3 2,8 8,4 11,1 14,2 18,6
Australia 20,6 26,7 32,2 -6,0 15,2 17,9 24,2 22,9
Ireland 21,3 26,8 38,7 -24,6 7,1 13,3 19,0 20,3
Canada 26,1 30,8 32,9 -6,3 18,9 23,8 27,0 27,7
United States 27,2 29,5 34,4 8,2 18,2 22,7 24,6 27,8
United Kingdom 28,5 32,5 37,9 7,1 26,4 25,0 28,1 28,5
Luxembourg 29,2 36,0 43,5 2,4 13,4 17,7 23,0 27,7
Iceland 29,2 34,0 38,2 18,5 21,0 27,6 31,4 29,5
Japan 29,5 30,8 33,8 19,7 23,0 25,1 26,4 30,0
Netherlands 33,1 37,8 41,5 11,5 30,7 29,2 31,5 33,8
Portugal 33,1 39,0 45,8 23,7 29,2 30,4 36,2 34,0
Poland 33,4 34,3 35,0 28,4 28,4 29,6 30,9 33,4
Norway 34,2 37,5 43,1 21,4 31,0 31,9 33,6 35,0
Turkey  (1) 35,4 37,7 40,9 34,2 36,3 37,3 37,9 37,9
Greece 35,6 38,0 42,6 35,1 37,8 37,1 37,3 37,9
Slovak Republic 36,1 38,9 40,8 23,6 25,0 29,5 32,8 35,8
Spain 36,6 39,9 42,5 29,5 34,2 35,8 36,9 36,9
Denmark 36,8 38,4 44,8 11,4 27,4 32,2 33,9 37,0
Finland 37,2 42,7 48,5 26,4 37,7 35,5 37,5 39,3
Slovenia 38,6 42,6 47,7 12,7 23,2 30,6 34,1 40,2
Estonia 38,8 40,1 41,2 24,3 31,2 34,2 35,9 38,8
Czech Republic 39,5 42,5 44,9 16,4 21,7 30,7 34,7 40,3
Sweden 40,7 42,8 50,8 32,5 37,3 36,9 38,7 41,0
Austria 43,7 48,4 51,6 26,8 37,1 37,2 40,5 44,7
Italy 44,5 47,6 53,0 29,0 38,6 40,3 43,1 44,5
Hungary 45,2 49,4 51,6 20,0 32,8 34,3 37,7 46,7
Germany 45,6 49,8 51,3 31,2 34,0 38,9 42,5 45,6
France 46,5 49,4 53,5 38,4 42,3 40,0 44,9 45,6
Belgium 49,7 55,5 60,7 35,5 40,3 41,4 48,2 48,0
Unweighted average                
OECD-Average 31,7 35,3 39,7 16,2 25,4 27,5 30,4 32,4
OECD-EU 21 37,8 41,5 46,1 21,0 30,3 32,4 35,6 38,1
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Chronologie de l’Islande : bon sens populaire, défaut, faillite de banques, inflation, et retour à la croissance en un temps record

23 Avril 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

L’Islande a été le seul pays européen qui a rejeté, par le référendum populaire du 6 mars 2010 et ses 93% de « non », le sauvetage des banques privées qui avaient été nationalisées par le gouvernement conservateur de Geir Haarde  le 9 octobre 2008, après avoir fermé la place boursière nationale pendant 4 jours.

L’on se souvient notamment de Kaupthing et Landbanski (Icesave), dont les remboursements de dettes n’ont pas été honorés, ou très partiellement.

 

Notons d’ailleurs que ce vote négatif exprimé par la population allait à l’encontre de la fédération des organisations syndicales islandaises, qui conseillait de voter la loi qui aurait confisqué 100€ par mois pendant 15 ans à chaque citoyen islandais, y inclus les enfants.  

 

Le 20 février 2011, le nouveau gouvernement de centre-gauche vote une nouvelle loi instituant un fonds de garantie pour le paiement de la dette des banques aux investisseurs étrangers.

Le président de la République, Olafur Grimsson, refuse de la signer suite à la pression populaire et renvoie donc le choix final à la population.

 

Le 9 avril 2011, un nouveau référendum renvoie cette loi aux oubliettes, par 60% de « non ».

 

Le 5 septembre 2011, l’ancien premier ministre Geir Haarde, est traduit en justice pour graves négligences et inaction ayant entraîné la faillite du pays. L’acte d’accusation lui reproche notamment de n’avoir rien fait pour empêcher le secteur bancaire de son pays grossir au point de représenter à lui seul ...11 fois le PIB de l’Islande !

Le résultat du jugement sera connu aujourd’hui.

 

Comment se porte l’économie islandaise après ces déconvenues politiques et décisions démocratiques que l’on aurait pu croire fatales à une petite nation au paysage très bancarisé ?

 

Très bien, figurez-vous.

 

Après deux années de récession (-6.8% en 2009 et -4% en 2010) la croissance fut très rapidement de retour, affichant 3.1% en 2011.

Elle se profile à 2.6% en 2012, 2.5% en 2013 et 2.4% en 2014, selon les projections économiques de Statice.

 

 Sur le plan de l’emploi – sa préservation fut l’alibi de bien des gouvernements européens pour sauver les banques en endettant des générations de contribuables – le taux de chômage islandais se monte à fin mars à 7,5%.

 

Iceland-unemployment.png

L’inflation, qui est très vite passée à 12.5%, pour redescendre ensuite à ses niveaux d’avant-crise, inférieurs à 4%, semble maîtrisée.

 

Iceland-Inflation-1988-2011.jpg

 

Et l’Islande emprunte à moins de 4% sur les marchés traditionnels, sans avoir besoin de se faire des injections de liquidités permanentes par un mécanisme douteux mis en place par la Troïka (UE, BCE, FMI)  pour d’autres pays européens.

 

Voilà comment, en s’attaquant de manière volontaire et raisonnée à la bulle de l’endettement durant quelques mois, l’Islande a pu éviter les dérives de la crise européenne actuelle, très profonde et longue, assortie d’une croissance molle, dont les origines devront de toutes façons être traitées. Tôt ou tard.  

 

 

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Qui détient la dette espagnole ? La France au premier rang

17 Avril 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

 Selon un principe toujours contraire aux statuts actuels de la BCE mais félicité et encouragé par un monde politique drogué à la dette – Nicolas Sarkozy disait dimanche qu’il faut encore donner plus de pouvoir à la banque centrale européenne (lire : imprimer plus d’argent) pour relancer la croissance -  la BCE continue d’émettre de la monnaie.

Nous avons vu qu'elle a ainsi émis plus de 1'000 Milliards €, sans aucune contrepartie, pour les prêter aux établissements financiers ces derniers mois.

 

Et le système bancaire espagnol, comme partout en Europe vassalisé par l’Etat,  en profite très bien : ces banques ont emprunté 260 Mia € à la BCE à un taux de 1%, pour racheter de la dette émise par l’état espagnol, rémunérée pour la plupart à du 6% , et rendre le reste à la BCE qui rémunère ce solde à 0.25%.

Les rachats de dette publiques par les banques espagnoles sont signalées en bleu sur ce graphique :

 

170412-saupload_Spain-Italy-bank-bond-holdings.jpg

Nous attendons toujours le moment où,  pressées par des politiques de relance sans succès, les banques vont - dans une économie traditionnelle -  refaire circuler l’argent qui gonfle actuellement le pied de bilan de la BCE, et donc ne plus lui retourner dans un circuit fermé.  Car la vélocité de l’argent est un des vecteurs de l’hyperinflation.  

 

Tout le monde semble aujourd’hui se réjouir d’une émission de dette espagnole qui n'a trouvé acheteur que par la combine citée plus haut, et par laquelle l’Espagne s’endette à moins de 18 mois pour 2.09 Mia € à un taux de ..2,623%, alors qu’elle empruntait encore – déjà excessivement cher -  à 1.418% le 20 mars dernier pour des obligations de même échéance ! 

 

Jamais donc le taux moyen de la dette espagnole n’a été aussi élevé depuis 1992  

 

Mais qui détient donc cette dette publique espagnole de 735 Mia € - somme que le MES ne réunira jamais dans sa structure actuelle, même à crédit -  et dont un défaut souverain risquerait  de précipiter dans le ravin ?

La France en sort très fragilisée - et ceci nous donne des indications sur la portée des propos de Sarkozy cités plus haut -  détenant plus du quart de cette dette espagnole, plus que douteuse.

 

170412-spain_debt.jpg

 

Quand l’Allemagne va-t-elle donc finalement annoncer son retrait de la zone euro pour purger ce qui devient au fil du temps une monnaie pourrie ?

Le temps presse et les infrastructures de sauvetage ne pourront jamais faire face au défaut de ces grandes économies.

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Energie : les PIIGS, plus grands consommateurs d’énergie

11 Avril 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

 

 Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne : tous ces pays ont en commun d’être les plus grands importateurs européens d’énergie fossile et,  par leurs habitudes de consommation, de cultiver un déséquilibre longtemps entretenu par la recherche de la sacro-sainte croissance, dont il semble difficile de sortir à présent.

 

En effet, durant les 2 dernières décennies, lorsque les taux étaient maintenus artificiellement bas, que la poussée vers l’endettement était le principal moteur politique pour arriver à faire progresser le PIB chaque année, il était devenu monnaie courante d’encourager la population à changer de voiture par subsidiation, à pousser à la consommation d’énergie, sans se soucier de l’impact économique de ces nouvelles habitudes en phase de retournement conjoncturel.  

 

Ce graphique est très révélateur d’une autre facette de la croissance financée par l’endettement et qui n’a pas d’autre issue que de plonger ces pays dans la rigueur lorsque les taux se redressent.

 

piigsenergy.jpg

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Un bon point d’entrée pour un investissement en mines d’or ?

6 Avril 2012 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #or

 Le HUI est un index composé des 15 plus grandes mines d’or cotées.

 

Agnico Eagle Mines Ltd

Anglogold Ashanti Ltd

Barrick Gold Corp

Coeur D Alene Mines Corp

Compania de Minas Buenaventura

Eldorado Gold Corp

Gold Fields Ltd

Goldcorp Inc

Harmony Gold Mining Co Ltd

Hecla Mining Co

Iamgold Corp

Kinross Gold Corp

Newmont Mining Corp

Randgold Resources Ltd

Yamana Gold Inc

 

 

Comme il n’inclut pas les mines qui « hedgent » - ou qui vendent leur production à des prix fixés d’avance – à plus d’un an et demi, il pourrait être un indicateur de tendance pour l’or.  

 

A la lecture de son évolution par rapport à l’once d’or sur les 15 dernières années, l’on voit que l’indice sur les actions aurifères est plus solidaire des soubresauts des marchés financiers que de l'or, qui progresse en toute indépendance, quel que soit le cycle des marchés.

 

 huigold-060412.png

 

L’on peut aussi constater que lors que le HUI divisé par l’once d’or approche des 0.20, il devient judicieux de se positionner sur ces actions aurifères car un fort rebond est à attendre, pour revenir vers les 0.35.

Le bon timing est peut-être en vue.

 

hui-gold-060412.png 

 

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