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Articles récents

Italie et Grèce, une même économie souterraine

16 Décembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Europe - Italie

Il Sole met en image les statistiques italiennes, et nous signale que

les 66.3% d'Italiens qui déclarent un revenu annuel inférieur à ...20'000 € possèdent :


42.4% des bateaux immatriculés en Italie
25.7% des avions privés
et 31.7% des voitures dont la cylindrée est supérieure à 185 kw (250 CV)

 

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Ceci me fait sourire et penser que mon mémoire de 1990 qui portait sur l'économie souterraine en Italie, et qui concluait que la hausse des taxes n'était pas un incitant au retour de cette économie en surface, est toujours bien d'actualité...

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Même en cure, vous reprendrez bien un peu de dette ?

12 Décembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

Fuir en avant et tenir jusqu’aux prochaines élections, c’est ce qui semble ressortir des dernières interventions de sortie de crise des dirigeants européens en général et aujourd’hui Nicolas Sarkozy en particulier qui n’exclut plus une dégradation de la note de la France, mais en la dédramatisant – rappelons qu’il s’agit du premier créancier d’Italie – alors que la semaine dernière encore le bouc émissaire par excellence, les agences de notation, était pointé du doigt, et la France n’avait aucune raison de craindre une révision à la baisse de sa qualité de débiteur.

 

L’on perçoit également cet œil intensément rivé sur les urnes lorsque l’utilisation de la langue de bois arrive à son paroxysme pour annoncer « L’objectif de l’accord de cette nuit (NDLR : depuis quelque temps les accords obtenus en bout de nuit sont un nouvel axe de communication et de fierté politique) est de finaliser un nouveau traité européen pour la fin mars 2012 ».

Un peu de gaussement pour agrémenter sa campagne et s'approprier ladite "règle d'or" interdisant tout déficit, alors que l'on sait depuis Maastricht que toutes ces règles sont juste des barrières très faciles à franchir et dont la fragilité est exploitée à outrance ?

 

Pourquoi personne ne propose-t-il l'interdiction d'émettre de la nouvelle dette pour un gouvernement ? L'interdiction pour un gouvernement en affaires courantes, comme en Belgique le 4 décembre dernier, de lever insidieusement 5 Mia de dette  à un taux brut légèrement supérieur à l'inflation - avec l'aide du talent commercial des banquiers, leurs nouveaux vassaux  -  et en n'indiquant pas que le changement d'imposition - passant de 15% à 21% le premier janvier prochain - allait être validé 2 jours plus tard ?

Pour un taux de 4% nominal, ces pauvres souscripteurs ont bloqué leurs fonds pour 5 ans et en obtiendront un taux net de 3.16% au lieu des 3.40% qu'ils avaient calculé.

Ce qui n'était déjà pas un choix judicieux puisque rappelons que l'inflation s'est élevée à 3.85% au mois de novembre..

 

Le quotidien allemand Der Spiegel a mis en graphique les prochaines échéances de refinancement et le montant de la dette à "rouler" des plus fragiles émetteurs de dette européens.

Les montants sont exprimés en milliards € et le dessin est assez éloquent.

 

Dire que ces personnes vont se souhaiter une bonne année d'ici quelques jours..

 

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Benchmark : quels secteurs d'investissement sont corrélés et surperforment ?

7 Décembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Nous allons comparer les performances de 5 "indices-phare" au cours du mois de Novembre 2011, qui pourraient correspondre au profil de 5 investisseurs lambda.

 

Il s'agit d'un investissement en or (en jaune), en actions (SPX, en rose), en obligations à maturité longue(TLT, en bleu), en devises (le Dollar Index, en vert), et en matières premières (commodities, en noir)

 

Nov secteurs

 

Première constatation, 3 de ces 5 investissements ont offert une performance positive sur le mois : l'or , le USD, et les obligations terminent ensemble en territoire positif, affichant une progression de 2% chacun.

Les deux autres investisseurs, actions et matières premières, terminent sur un résultat négatif.

 

Les 3 pics de hausse en investissement obligataire correspondent à 3 points bas pour l'investisseur en actions.

 

Enfin, l'or est corrélé aux matières premières, mais avec un "bêta", une réactivité qui lui permet de ne pas baisser plus fortement qu'un tracker sur les matières premières. Et bien au contraire, de grapiller plus vite, plus de points lorsque celles-ci sont orientées à la hausse.

 

Qu'en est-il de ces résultats depuis début 2011 ?

 

Un mauvais premier semestre pour les obligations, pour terminer en beauté avec un return de 30%, avec l'explosion du risque souverain, et donc la hausse du rendement de ces titres.  

 

L'or - investissement défensif par excellence -  qui a suivi le même chemin, puis a été artificiellement matraqué par un changement de régle en matière d'appel de marge, et qui -  comme prévu et malgré cela - continue sa hausse tranquille.

 

Et une année pour rien pour les autres investisseurs.

 

L'on remarque tout de même la très forte corrélation entre matières premières et actions, les premières suivant directement l'indice boursier lorsqu'il se retourne.

 

YTD secteurs

 

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Un gouvernement confiscateur, le chagrin des Belges

1 Décembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie Politique

Nous aurons, paraît-il, un gouvernement avant la fin de la semaine.

Comme dit précédemment, ce gouvernement va se mettre à la chasse aux milliards dès son entrée en fonction.

 

Voici un premier aperçu de l'alourdissement des charges fiscales à venir, pénalisant l'épargnant, les dirigeants d'entreprise et les personnes actives, soucieuses notamment de se constituer une pension extra-légale que l'état ne pourra tôt ou tard plus leur offrir. Mais dont tout ou partie sera maintenant confisquée.

Ce gouvernement "d'union nationale" càd de centre gauche a prémédité le choix de ses cibles, le taux d'épargne des Belges étant un des plus hauts d'Europe.

Une lame de coupe gouvernementale avec les mêmes effets qu'une hyperinflation.

 

 

Déduction pour capital à risque (intérêts notionnels) : le taux est ramené à 3% (pour les PME : 3,5%).La transmissibilité de ces intérêts notionnels, en cas de perte, sera supprimée (à l’heure actuelle, cette déduction est  possible sur les 7 exercices suivants) et le transfert du solde de cette déduction actuels sera limité à 60% de sa valeur.

 

Introduction d'un « thin cap rule » (comme aux Pays-Bas) : les intérêts ne seront plus déductibles dans la mesure où une proportion entre capitaux de tiers et capitaux propres est dépassée.

 

L’actuelle exonération des plus-values sur actions (pour rappel : en contrepartie d’une non-admissibilité des moins-values) continuera de subsister si la détention de ces actions est supérieure à 365 jours. Dans le cas contraire, la plus-value sera taxée à concurrence de 25%.

 

Déductibilité des primes d’assurance-groupe : toujours limitée à 80% du salaire, mais dorénavant ce salaire sera plafonné pour le calcul.

 

Cotisations sociales des indépendants : le plafond du montant des revenus sur lequel sont calculées les cotisations trimestrielles (77'189.40 eur) devrait être relevé à 100'000 eur.

 

Constitution de pensions internes : devront être externalisées, c-à-d constituée auprès d’un organisme d’assurances, pendant au moins 3 ans. Ceci pour que l’état puisse prélever 4.4% de taxes sur ces primes externes, la constitution de pension interne n’étant pas taxée.

 

Précompte mobilier : il augmente de 40% et passe de 15% à 21%. Une énième « contribution de crise additionnelle »  de 4% sera levée sur les revenus mobiliers supérieurs à 20'000 eur, et portera donc le précompte sur ceux-ci à 25%.

 

Boni de liquidation : restent soumis, a priori, à un taux de 10%

 

Le pourcentage de base utilisé pour la valorisation forfaitaire des options sur actions passe de 15 à 18%.

 

Les avantages de toute nature pour les chefs d'entreprise (chauffage et électricité, mise à disposition d'un habitation avec RC>745 eur)seront relevés.

 

L'impôt sur les capitaux de retraite et assurances-groupe augmente de 16,5% à 20% (en cas de retraite à 60 ans) et 18% (en cas de retraite à 61 ans).

Nouvel impôt sur la conversion des actions dématérialisées et au porteur : 1% pour les conversions en 2012, 2% pour les conversions en 2013, 3% pour les conversions de plein droit à la fin de la période de conversion (31/12/2013.

 

La TVA sur la télévision payante passe de 12 à 21%.

 

La dispense de TVA pour les notaires et les huissiers de Justice est supprimée.

 

Les tarifs et les plafonds en matière de la TOB, la taxe sur les opérations boursières – cette taxe Tobin que le monde entier nous envie -  est accrue de 30%.

 

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Pourquoi augmenter ses fonds propres quand il suffit de restreindre le crédit ?

28 Novembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

Comme nous l’avions constaté il y a presque 3 ans déjà, une solution structurée à la crise de l’endettement qui n’est à présent toujours ni maîtrisée ni plus maîtrisable passerait par (i) une acceptation de la faillite de certaines banques – au détriment de la sauvegarde de l’emploi à tout prix, qui n’a reçu aucun influx positif - et par (ii) la notification faite aux épargnants de l’impossibilité de disposer de tout ou partie de leur épargne lorsque la banque en a fait un instrument de levier. Par exemple via une mention sur son extrait de compte qui lui signalerait «Votre solde réel est de 1'000 EUR, malheureusement comme nous avons prêté votre argent, votre solde disponible est de 0, et vous ne pouvez en disposer jusqu’à nouvel ordre».

Ces mesures auraient permis un « deleveraging » organisé et structuré, un assainissement mécanique du bilan des banques, et évité le transfert de dettes privées vers les états par un interventionnisme massif aux dépens du contribuable.

 

Rappelons au passage qu’une des sources durable du manque de confiance sur le marché interbancaire est encore et toujours la sous-capitalisation des principaux établissements financiers européens dont le ratio « actifs sous gestion sur fonds propres » varie de 20 à 35. En d’autres termes, ceci signifie qu’une perte ou moins-value enregistrée sur seulement 3 à 5% du total de l’actif de ces banques entraîne leur faillite.

 

Pour sauver ce qui peut encore l’être, ces banques et assureurs ont le choix soit de renforcer le dénominateur de cette fraction -leurs fonds propres - pour tenter d’améliorer ce ratio, soit de diminuer l’octroi de crédits et mécaniquement faire baisser le numérateur.

Il est clair aujourd’hui que, la première solution est bien plus embarrassante, visible et de mauvais genre que la seconde, plus insidieuse et très facile à appliquer, au détriment d’une croissance, même hypothétique.

 

Au vu des dernières statistiques de la Fed, qui font état de variations annuelles négatives sur l’octroi de crédit, il faut bien admettre que les banques ont arrêté de prêter, tant aux entreprises qu’aux particuliers.

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Si l’on considère – nous y reviendrons plus en détail plus tard – que :

  1. les banques n’ont plus aujourd’hui la capacité de renforcer leurs fonds propres par des moyens financiers véritables, et que ce sont les états qui devront tôt ou tard continuer à intervenir massivement pour porter le ratio évoqué ci-dessus à 11%, comme le proposent les normes de Bâle III
  2. le taux de chômage devrait doubler d’ici à 2016, sur base d’un effet inversément proportionnel à la baisse du PIB européen  

le budget des états européens devrait connaître un véritable coup de massue dans les mois qui viennent et, sans changement structurel excessivement important, sera véritablement « ratiboisé » par ces deux lames de fond.

 

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Le cuivre, indicateur avancé des marchés financiers

21 Novembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Ces dernières années, le cuivre s’est montré un intéressant indicateur précurseur quant à l’évolution des marchés financiers.

 

Comme nous l’illustre ce graphique qui compare le cuivre au S&P 500, lorsque le métal montrait des signes de faiblesse, il était temps de sortir des marchés avant qu’ils ne corrigent. De la même manière, une hausse durable du cuivre anticipait  un rebond boursier important.

 

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Ceci s’est toujours produit avec un écart allant de 1 à 8 mois.  

 

Ces dernières semaines une correction importante de ce métal – passant en un mois de 4.2 à 3 USD pour une livre – ne s’est pas encore répercutée sur les places boursières.

 

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Ce signal baissier important est donc à tenir à l’œil, d’autant plus que les pays de l’union européenne, avec 19% de la consommation mondiale de cuivre, étaient jusqu’à présent un soutien à cette hausse.

 

Or les dernières statistiques font état d’une contraction de la production industrielle de 2%.  

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Etatisme : la main invisible de l'Etat français

16 Novembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat

La lecture de certaines statistiques publiées par l'INSEE nous aprend que depuis les origines de la crise actuelle, en 2007, l'Etat français a natonalisé plus de 350 entreprises...

 

Nous doutons d'autre part toujours de la qualité de gestionnaire d'un Etat .

 

 

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Qui va racheter l’or détenu par l’Italie ?

8 Novembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

 Selon le dernier rapport du World Gold Council, l’Italie détient près de 2'450 tonnes d’or en réserve. A un cours de 41'900 €/kg, la vente en dernier recours, et sans décote, de cet actif pourrait rapporter 102 Mia € au trésor.

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Même si l’état italien est un des plus gros détenteurs d’or, c’est très peu en comparaison de ses 1'900 Mia € de dette publique.

 

Il faut aussi se rendre compte que la vente éventuelle de cet actif ne permettrait  à l’Italie de rembourser...moins d’une année d’intérêts sur la dette publique, à un taux qui culmine à plus de 6.65% ce soir.  

Rappelons qu’à 7% l’appel au FMI et au EFSF, fonds de secours européen - qui n’aura déjà plus les moyens de venir au chevet de l’Italie – sera inévitable, ce qui nous promet l’organisation de nombreux nouveaux « sommets européens décisifs » dans le courant des mois à venir.

 

Tout comme elle a tenté- sans succès - de la faire pour le Portugal et l’Espagne, l’Allemagne presse l’Italie de vendre son seul actif tangible.

Peut-être en vue de conditionner sa future intervention et celle du contribuable allemand dans le rachat de la dette italienne à émettre, en échange de cet actif.

Probablement aussi pour négocier un rachat de dette européenne avec la Chine, qui est visiblement aussi intéressée, comme nous l’indique le Times, par un rachat de l’infrastructure européenne, comme le très central port de Pyrée, l’aéroport d’Athènes, etc.

L’or et l’infrastructure, décidément d'excellents remparts contre l’inflation.

 

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Qui détient la dette italienne de 1'800 Mia € ?

1 Novembre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

Pour prendre de l’avance, et alors que le gouvernement grec déporte sa décision d’accepter sa mise en faillite partielle à une consultation populaire, tâchons déjà de voir quels pays sont très exposés à un défaut italien.

La dette publique italienne s’élève à présent à plus de1’800 Mia €.

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La France en  possède 30%, soit 20% de son propre PIB – ceci met en lumière l’empressement de son dirigeant à doper les moyens financiers du fonds de secours européen.

 L’Allemagne et l’Angleterre sont les deux autres plus importants créanciers de l’Italie.

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Plus en détail, l’on apprend par Linkiesta que la dette italienne est détenue à 44% par les investisseurs étrangers, principalement des banques et assurances européennes, tandis que 6% de la dette est entre les mains d’investisseurs asiatiques.

 

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Nous restons en conséquence toujours bien à l’écart des secteurs hautement vulnérables que sont la banque et l’assurance.

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Grèce : 50% de « haircut », un trompe-l’œil insuffisant

28 Octobre 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #europe grèce

L’ultime des « sommets hebdomadaires bilatéraux européens »  a donc accouché d’une résolution qui va faire renoncer aux banques créancières une partie de la dette grecque, soit 100 Mia €. Un montant décidément fétiche pour la Grèce.

D’un autre côté, le « fonds de secours » européen sera pourvu – sur papier seulement– de 1'000 Mia € afin de secourir les pays qui seront frappés d’un effet domino. Cette mesure anticipe la prochaine mesure de la BCE, qui demandera une augmentation des billets en circulation.

L’on nous indique que l’abandon de créance correspondrait à 50% du total de la dette grecque.  Ce n’est pas correct.

Car si l’on rajoute aux 205 Mia € « visibles » de dette publique détenue par le marché, la part des emprunts émis par l’état grec et rachetés par la BCE – en contradiction avec ses statuts – qui s’élèvent à environ 75 Mia €, nous sommes déjà à 280 Mia € de dette publique.

En outre,  l’aide accordée en juin dernier par la Troïka (UE, FMI et BCE), remboursable en 2015 et qui s’élevait à 70 Mia € ne figure pas non plus dans la base du calcul de la dette publique.

La dette publique grecque actuelle s’élève donc à 350 Mia €. Effacer 100 Mia revient donc à un « haircut » de moins de 30%.

D’après le dernier rapport de la Troïka qui n’est pas diffusé, mais dont le Bild semble avoir obtenu une copie, la dette publique de la Grèce atteindra 152% du PIB en 2020, et toujours 130% en 2030. Dans 20 ans, ce pays sera toujours en faillite…

Cet abandon de créance ne sera pas suffisant. Nous attendons le prochain sommet pour le vérifier.  

 

 

 

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