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Articles récents

A un croisement..?

27 Décembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

"Chart of the Day"nous présente deux graphiques comparant les rallyes ayant suivi crises précédentes, où les indices boursiers avaient chuté de plus de 50%, à celui que nous traversons.

 

Le premier nous montre que les marchés testent actuellement (en bleu) une zone de nouveaux plus hauts, un "no man's land haussier", qui pourrait, s'il s'assimile au test des plus hauts de 1932,  durer 7 mois et nous mener à la mi-2011, avant de s'aplanir

 

 

 

 

 

 

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Tandis que le second nous montre une similarité entre le S&P 500 durant ces deux grands marchés baissiers : deux ans et demi de baisse après le plus haut (100), puis un rebond qui dure jusqu'à l'année 7, une rechute saccadée qui nous mènerait à 2012, un rebond de 5 ans.

 

Ceci renforce notre attrait pour les cycles et la psychologie du marché, trop souvent ignorés par les analystes traditionnels.

 

Fêtez l'an neuf de manière inoubliable, et ne pensez pas trop que ça pourrait sentir le sapin..!

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Augmentation de capital et credit scoring de la BCE

21 Décembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat

La BCE a annoncé en fin de semaine dernière vouloir opérer une augmentation de son capital à concurrence de 5 Mia EUR. Le timing de l’opération est interpellant, car le deal doit être conclu, rondement mené et publié officiellement en moins de 3 semaines : la BCE a besoin de cet argent pour le 29 décembre, afin qu’elle puisse un petit peu gonfler ses fonds propres pour la « photo »de ses comptes annuels du 31 décembre.

Nous pouvons plutôt penser qu’elle veut garder des fonds propres positifs avant de devoir déprécier une série d’obligations grecques, irlandaises et portugaises achetées cette année. Barclays a calculé la dépréciation que la BCE devrait enregistrer dans ses comptes ; elle s’élève justement à…5 Mia EUR à l’heure actuelle.

 

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Les actionnaires de la BCE sont les banques centrales européennes, l’Allemagne étant au capital de la BCE à concurrence de 30%, les autres pays de l’Eurozone en ayant 40%, le reste étant détenu par des banques centrales n’ayant pas encore adopté l’euro. Ces derniers ne devant pas souscrire à l’opération, seuls 3.50 Mia EUR ou 70% du capital à lever seront donc ajoutés aux fonds propres de la BCE en fin d’année.

Ces augmentations de capital très rapides, fortement dilutives parce qu’on lève plus de 100% du capitale existant, ça ne vous rappelle rien ? De multiples banques – privées à l’époque, publiques maintenant - l’ont fait avec quelques mois d’avance. Fortis ou RBS entre autres 

 Alors, à quoi ressemble le bilan de la BCE ?

Noyés en pages 220 et 221 de ses derniers comptes annuels, l’on y trouve :

 

  • un total d’actif de 138 Mia EUR,
  • un capital de 4.1 Mia EUR, et un bénéfice reporté de 2.2 Mia EUR, puis
  •  un ensemble de dettes de 117 Mia EUR

Une société de « credit scoring » y trouverait donc un ratio de solvabilité de 4.5%, beaucoup trop faible, un actif circulant inférieur à l’ensemble des dettes et n’offrant aucune marge de sécurité dans un tel investissement.

En outre elle se poserait des questions sur le poste « titres en euros émis par des résidents de la zone euro », ce nouveau poste d’actif qui n’existait pas en 2008, et qui représente 2.2 Mia d’obligations d’état, sans la moindre réduction de valeur en résultats. C’est de plus un poste-clé qui devrait avoir évolué très fortement en 2010.

Gageons que cette étude se terminerait par un laconique « il est préférable de n’accepter que des paiements cash de cette entreprise », ce qu’elle fait d’ailleurs magnifiquement bien !

Actionnaires particuliers de la BNB, soyez regardants sur ce dans quoi va investir votre véhicule coté. Peut-être fera-t-elle à son tour une augmentation de capital dilutive pour répercuter cette aide à fuir en avant qu’elle offre à la BCE ? Une augmentation de capital à laquelle l’état belge participera à concurrence de ses 50%dans le capital de la BNB.

 

 

 

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Tension sur les taux allemands, prémices du krach obligataire ?

13 Décembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Dans la série « il faut rester critique », nous rajoutons une analyse des taux d’emprunt à 10 ans des différents pays européens.

Le resserrement des taux de l’Irlande, par exemple, vis-à-vis des taux allemands (5.13% de différence entre les deux taux, comparé aux 6.5% d’il y a moins d’un mois), pourrait laisser penser que cet écart est signe de « recovery » de l’économie irlandaise ou d’une acceptation d’un risque qui était exagéré par le marché.

 

Or, les taux irlandais montent toujours, à plus de 8%. La cause réelle, c’est l’envolée du taux allemand, qui ne fait pas exception à la défiance du marché vis-à-vis des pays européens.

  

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Une tension sur les taux impliquant une baisse du cours des obligations, l’investisseur qui a voulu sécuriser son patrimoine en achetant des obligations allemandes il y a 3 mois, accuse déjà une moins-value de 8% sur son investissement.

Ceci devrait accentuer l’aversion des investisseurs pour les obligations, et probablement signaler le départ du krach des obligations d’état que nous craignons depuis quelque temps.

A moins d’une nouvelle fuite en avant qui se traduirait par une maximisation de l’interventionnisme et d’un rachat par la BCE de toutes ces obligations ne trouvant plus d’acheteurs ?  

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Troisième transfert de dettes : le nid d’inflation

9 Décembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

 

Nous avons vu se transformer jusqu’à présent une dette massive privée, les établissements financiers étant en défaut de pouvoir les rembourser, en dette publique.

Ces derniers, chacun de ces états annonçant à son tour son incapacité de rembourser, se déchargent maintenant sur la BCE, un organisme décidément bien centrifuge,  qui vient de racheter pour 100 Mio EUR d’obligations portugaises. Après lui avoir prêté moins d’argent pour émettre de nouveaux titres..  

 Une manière, pour un organisme qui n’a pas le pouvoir d’imprimer des billets, de procéder à un « quantitative easing » plus insidieux que celui de la Fed américaine, puisque la BCE ne gonfle « que » sa propre dette en inscrivant simplement ces montants –non sécurisés par un actif tangible -  à son passif.  

Et l'antidote qui relie création monétaire sans contrepartie et desserrement du nœud coulissant qui s’installe au cou des banques centrales, c’est l’inflation. 

On entend encore aujourd’hui plusieurs échos  - notamment en provenance de Ben Bernanke - qui affirment que l’inflation disparaît en temps de crise. Ou d’autres sources  qui nous disent que l’inflation est maîtrisée et sous contrôle. Ce n’est pas vrai.

Le CPI (Consumer Price Index, index qui mesure l'évolution des prix) nous indique qu’aujourd’hui il est à un nouveau sommet, c’est-à-dire que la soudaine poussée d’inflation de la mi-2008, considérée comme tout-à-fait déraisonnable et comme un « accident de parcours » à l’époque, a été avalée  en moins d’un an et demi.

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En cas de défiance dans la monnaie, cette douce pente inflationniste pourrait rapidement devenir assez raide. D’autant que le pétrole n’a pas encore rejoint ses sommets de l’époque, lui qui était responsable de cette poussée d’inflation. Il en est même assez loin, mais s’il arrive à s'affranchir les 95 USD, il pourrait être rapidement rallier ses sommets.

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Avec 10% d’inflation annuelle, il faut 7 ans pour anéantir les économies des épargnants. Pour l’instant certains dirigeants se gaussent de résister à la crise grâce au taux d’épargne remarquable de leurs citoyens. Ils ne devraient pas perdre de vue que, à partir d’un certain niveau de fuite en avant et de création monétaire artificielle, la panique de détenir du cash deviendra plus importante que la peur d’investir dans n’importe quelle autre classe d’actifs. Les épargnants troqueront leur épargne, vendront la monnaie et provoqueront cette nouvelle vague d’inflation. Tant mieux pour l’or et l’argent, qui emprunteront la même pente ascendante.  L'argent qui vient d'ailleurs de franchir les 30 USD par once, et réduisant sa valeur dans une once d'or à moins de 50, niveau d'avant crise.

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BI(g) PIGS ? Comment rajouter B à PIIGS ?

2 Décembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

 

 

 Le 23 juillet dernier les banques portugaises et irlandaises sortaient officiellement grands vainqueurs des stress-tests, totalement blindées contre tout risque de crise systémique.

Ces « tests très aboutis et prenant en compte tous les risques imaginables» par lesquels le monde politique et le fonctionnariat européen cherchaient à se rassurer depuis que des pays comme la Grèce, l’Espagne le Portugal ou encore l’Irlande s'étaient transformés en maillons faibles de la construction de l’Eurozone – ont fait passer toutes les banques irlandaises et portugaises avec mention « très bien ».

Aujourd’hui, le masque tombe et le monde réel, économique, reprend ses droits : ces pays sont attaqués.

 

L’Irlande a été forcée de demander de l’aide ; quant au Portugal, la question n’est plus de savoir si il a besoin d’aide, mais quand le déni politique s'effacera devant la réalité économique.  La parade est connue : la BCE annoncera cet après-midi un grand plan d’interventions sur les marchés par le rachat d’obligations d’état, l’on s’attachera à vanter la solidité de l’économie européenne, et le transfert des dettes publiques continuera à s’opérer sur des épaules fortes, comme celles de l’Allemagne.

 

Après l’Espagne, qui a visiblement besoin de 7 fois plus de fonds que les « petits pays » déjà secourus, viendra le tour de l’Italie et la Belgique, avant la France probablement.

La Belgique est ce pays sans gouvernement depuis 7 mois, et dont les parlementaires sont occupés pour l’instant à :

-          faire du lobbying pour l’organisation de la coupe du monde de football 2018 ;

-          débattre sur la possibilité de créer un nouveau jour férié, payé par les entreprises, pour la journée de la femme, le 8 mars ;

-          se disputer au sein même de leurs partis sur la discussion-bateau du port du voile

 

Pendant ce temps, de l’autre côté de la scène, l’on assiste à une très forte hausse du taux des emprunts à 10 ans, passant de 3 à 4% en moins d'un mois.

 

L’essentiel de la dette belge (100% du PIB actuellement, entre 108 et 125 attendus dans moins de 5 ans..mais un déficit moins élevé que dans les autres pays fragiles européens) étant en mains privées et le taux d’épargne étant très élevé, l’état belge devrait pouvoir continuer à se financer auprès de ses compatriotes (à cet égard,  la campagne actuelle « il n’y a pas plus sûr que l’achat de bons d’état » qui cherche à vendre de la dette long terme à du 2.55% net nous fait sourire, puisque l'inflation sur base annuelle a déjà dépassé ce seuil)

 La Belgique est aussi quatrième prêteur de l’Irlande, au pied du podium après l’Angleterre, l’Allemagne et les Etats-Unis .

L’une de ses grandes banques, la KBC – comme en Irlande, la majeure partie du PIB belge est généré par des sociétés de services en général, le secteur bancaire en particulier - qui a des fonds propres de 11 Mia EUR, est exposée à concurrence de ..18 Mia EUR via des prêts irlandais..mais visiblement ceci n’influence pas les ratios « Bâle II » officiels et rassurants, et ce qui nous incite à utiliser des ratios plus basiques et réalistes.

On le voit, il y a un peu de rassurant dans la situation belge et assez d’éléments moins convaincants. Il faudra suivre l’évolution des taux et le résultat de la nouvelle émission de bons d’état dans les semaines à venir.

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Liv-ex 100 Fine Wine Index et disparition de la middle-class

29 Novembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat

 

 

Pour compléter nos articles traitant de la disparition de la classe moyenne en Occident et de la surperformance des vins achetés en primeur, nous allons nous pencher aujourd’hui sur l’indice des 100 vins les plus recherchés au monde.

Il s’appelle Liv-ex Fine Wine Index, est composé de la valeur (ajustée de plusieurs variables) des 100 vins les plus susceptibles de trouver acheteur sur le marché secondaire, la plupart (>90%) dans la région de Bordeaux. Sa composition est revue tous les mois, sa valeur d’inventaire également. Il s’agit du principal benchmark de l’industrie du vin.

 

  liv-ex-100-fine-wine-index-291110-1-.png

 

 Alors, si l’on met cet indice en relation avec le nombre de milliardaires recensés à travers le monde, la corrélation est parfaite. L'évolution de l'indice Liv-ex depuis février dernier nous donne même un aperçu de la hausse du futur recensement des milliardaires.

 

 

 

 

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Reste à savoir si ce sont ces personnes qui aident les primeurs à tellement s’apprécier – en plus des domaines, ils achèteraient la production - où si ce sont les propriétaires qui jouent déjà sur cet écart grandissant entre les deux classes extrêmes.

 

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« Bloody Sunday » irlandais et FMI : chronologie et indicateur avancé

22 Novembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

 Ainsi donc l’Irlande a sollicité l’aide du FMI en lui demandant 90 Mia EUR ce week-end, alors que cette dernière a toujours nié le besoin de l’Irlande de lui faire appel.

 

Ce qui nous frappe, c’est que l’Irlande avait initialement injecté 50 Mia dans le sauvetage de ses banques, et l’on voit aujourd’hui que le besoin de refinancement s’élève pratiquement au double. Cela sent l’actif qui pourrit plus vite que son ombre, et qui végète toujours dans le bilan des banques européennes.

Il faut aussi souligner le total de bilan des banques irlandaises, 6 à 7 fois plus élevé que le PIB du pays..

 

Donc, chronologie d’une nouvelle faillite évitée - l’occasion de répéter que, tant qu’un scénario pareil se produit, l’on repousse à plus tard la résolution de la bulle de la dette, et aucun éclatement raisonné de cette bulle ne peut être entamé :

 

Mi-mars 2010, soit avec 8 mois d’avance : « Il n’y a aucune raison que la crise grecque se propage à d’autres pays européens. Le seul problème c’est la Grèce »

 

 

17 septembre 2010 : « L’Irlande a pris des mesures ambitieuses pour faire face à la crise, et n’aura pas besoin du soutien du FMI »

  

Et enfin, il y a 10 jours, le 12 novembre : « L’Irlande na pas pris contact avec le FMI, et n’a pas besoin d’aide de celui-ci »

 

 

Est-il besoin de rappeler que le FMI – un organisme éminemment plus politique que réellement économique - , via son président Dominique Strauss-Kahn, est un indicateur contraire très fiable ?

Rappelons-nous ce flamboyant « Les institutions financières ont déclaré l’essentiel des dégâts et la crise est donc derrière nous » du mois de mai 2008, réitéré par un « la crise est finie » en octobre de la même année, quinze jours après l’effondrement de Lehman et bien avant l’effet domino que l’on connaît ?

 

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Turbulences en vue ? Plusieurs faisceaux concordent

16 Novembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Plusieurs éléments plaident en faveur d’une correction boursière plus ou moins forte dans les semaines à venir.

 

D’abord, la Fed de Philadelphie qui, à la lumière de sa dernière enquête, montre un revirement des économistes sondés, révisant à la baisse leurs prévisions de croissance du PIB sur les 3 années à venir. Confirmation d'une croissance molle, a priori. 

 

Ensuite l’annonce d’ArcelorMittal , hier soir, de mettre son personnel au chômage économique par la fermeture de plusieurs hauts-fourneaux suite à une baisse de la demande.

Il faut rappeler qu’ArcelorMittal, très en amont dans le cycle conjoncturel, anticipe avec quelques mois d’avance une amélioration, ou dans ce cas-ci, une détérioration de la conjoncture.

 

 

Le VIX, prenant la température des angoisses de l’investisseur, est dans une zone de congestion basse, proche de sa Bollinger inférieure. L’on voit sur ce graphe que c’est en général lorsqu’il vient toucher ce point bas - lorsque la ligne mauve vient frapper la ligne orange -  que le Vix rebondit, entraînant les marchés (en noir) à la baisse.  

 

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Enfin, nous gardons à l’esprit la similitude entre l’épisode de déflation japonais et la crise de la dette actuelle. Suivant cet indicateur, les marchés iraient rejoindre un nouveau point bas au début du mois de décembre.

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Irlande et CDS 5 Y : quand s'attaquera-t-on aux causes de la crise ?

12 Novembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Le CDS à 5 ans sur l’Irlande s’est retrouvé au-dessus des 600 points aujourd’hui.

Ceci signifie que, pour assurer un risque de 10Mio EUR de dette souveraine, l’investisseur exposé à l’Irlande doit payer une prime annuelle de 600'000 EUR pendant 5 ans… Le prix à payer pour un pays en faillite virtuelle.

Pendant ce temps, l’Irlande refinance sa dette à un prix de plus en plus élevé, le spread –l’écart de taux – vis-à-vis des taux allemands atteignant maintenant 6.5%. Elle rejoint donc la Grèce au rang des pays dont les seuls frais financiers suffisent à assurer le déficit des 10 années à venir.

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L’Europe est évidemment sortie du bois, assurant qu’elle ne laisserait pas tomber l’Irlande. Elle préparerait un plan de sauvetage similaire à celui qui – par un artifice, la création d’une nouvelle dette financée par de nouveaux emprunts reposant sur les épaules  des autres états membres – avait permis de temporairement calmer les attaques grecques en mai dernier.

Nous en sommes donc là.

Cette crise de la dette et sa bulle du crédit sont toujours parfaitement intactes, mais juste transportées sur d’autres épaules bienveillantes. Nous avons souvent répété sur ce blog que, après une première étape, le sauvetage des banques et de leur dette privée par des acteurs publics (les Etats), il est ensuite apparu un transfert de cette dette publique des Etats les plus faibles vers les Etats plus solides – la Grèce d’abord, l’Irlande à présent, et probablement le Portugal à la mi-2011.Nous sommes toujours convaincus que la résolution de cette crise de dette, et de sa fuite en avant par l’émission de nouveaux emprunts pour en rembourser d’autres, ne pourra s’effectuer que par une réelle diminution de cette dette de manière ordonnée, c’est-à-dire par (i) une faillite bancaire soit (ii) le défaut de paiement d’un Etat.

Dans la configuration actuelle, c’est-à-dire lorsque tous les pays faibles auront refinancé leur dette à prix fort, le scenario qui se dessine est une sortie de l’Allemagne de la zone euro, elle qui se financera toujours à bon compte sur base de ses excellents fondamentaux, même dans une autre monnaie, laissant l’hyperinflation « nettoyer » la dette de la zone « euro faible ».

 

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Un cador, le CAD ?

8 Novembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

 0.95, 0.96, 0.97, 0.98, 0.99, maintenant 0.9970…le CAD va-t-il bientôt valoir plus d’1 USD ?

Cette évolution a éveillé notre curiosité : la corrélation entre les deux devises n’est visiblement pas parfaite car le CAD tend à se dévaluer très vite lorsque l’USD se reprend, et à limiter sa baisse lorsque le même dollar est en perdition.

 

Le lien entre les deux devises ne serait-il pas parfait ? Le CAD aurait-il un « couloir de baisse » (un range) plus limité, induisant par là que le fait d’investir en CAD au lieu d’USD sur les marchés américains donnerait un filet de sécurité supplémentaire à l’investisseur en EUR ?

Ou bien cette limite est-elle le signe que le cours de l’USD devrait rebondir, ayant atteint un pic de pessimisme – grandement aidé cette fois par la guerre des monnaies et la Fed ?

Regardons d’abord l’historique de cette parité.

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Un dollar canadien s’est, sur les 7 dernières années, seulement 5 fois vu rétribuer une somme supérieure à sa valeur faciale en dollars américains. Sur une période très courte, qui plus est : le CAD atteint la parité le 21 septembre 2007 pour atteindre son plus haut historique, 1.0722, le 2 novembre de la même année, puis retourne sous les 1 USD le 14 décembre et s’essaie encore de battre le pivot 4 fois entre janvier et mai de l’année suivante.

La période de débordement est donc apparue 12 mois avant la chute des marchés et s’est terminée avec une anticipation de 4 mois sur cette chute.

Nous notons à l’inverse que, début 2003, au moment de la reprise qui a suivi l’éclatement de la bulle internet, le CAD exprimée en USD était au plus bas. Comme en mars 2009, sous les 0.80, lorsque la méfiance envers le marché était totale et avant le massage cardiaque organisé sur les valeurs financières, pour provoquer le rebond boursier. 

 

Bien sûr, avant de tirer des conclusions hâtives, il faut veiller à regarder ce qu’a fait le USD Index

-l’évolution de l’USD contre un panier de devises - pendant ces mêmes périodes.

Si le dollar américain était faible à ce moment, l’on pourrait en conclure que le CAD, par sa déficience au même instant, démultiplie la faiblesse du USD, et n’est donc pas un refuge pour l’investisseur.

Le graphe qui suit nous démontre qu’au contraire, le USD était très haussier aux 2 moments précités de faiblesse du CAD, et que la pente de la baisse du CAD est plus légère que celle de la hausse du dollar américain. Ce qui devrait sécuriser l’investisseur sur le risque de change d’un investissement en dollars canadiens.

  usd-2003-2010-051110-copie-1.png

En conclusion, le CAD :

l         semble bel et bien avoir un « range perpétuel »qui varie entre 0.80 et 1.00 USD ;

l         pourrait signaler, par un débordement à la hausse ou à la baisse de cette fourchette, une inversion de tendance sur les marchés, et

l         permet de diminuer, par sa propension à amortir les hausses et baisses du USD seul, le risque de change pour un investisseur qui aurait le choix entre les deux devises pour un même investissement.

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