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Articles récents

Aplatissement durable des rendements, l'or en embuscade

21 Février 2019 , Rédigé par jean-christophe duplat

Comme pour le marché des actions, les rendements obligataires mondiaux sont fortement corrélés. Cela signifie qu'ils vont généralement dans la même direction, qu’ils suivent la même tendance. C’est particulièrement vrai dans les grandes économies développées comme les États-Unis et l’Allemagne, la plus grande économie d’Europe et la quatrième au monde. La baisse des rendements allemands entraîne une baisse des rendements obligataires en Europe, ce qui se répercute sur l'évolution des rendements des bonds du trésor américain.

Le rendement des obligations allemandes à 10 ans est tombé à 0,10% hier, ce qui représente un plus bas de deux ans. Il est à deux doigts d’entrer en territoire négatif. Certains investisseurs sont donc prêts à payer pour récupérer une somme identique en nominal dans 10 ans ! Un comble. Totalement incompréhensible. Le rendement allemand sur deux ans est déjà en territoire négatif à -0,56%, à l'instar de plusieurs autres taux en Europe. Cela met en évidence des conditions économiques en Europe beaucoup plus faibles qu’annoncées ou espérées..

Les rendements américains sont aussi emportés par cette spirale négative. Ceci ne présage pas grand-chose de bon, et resserre encore l’étau d’une possibilité de krach récessionnaire pour la deuxième moitié de cette année.

 

Par contre, dans une situation où, depuis 2011, tous les repères traditionnels sont bousculés, l’or retrouve son attrait face à des taux zéro-ou-presque des rendements obligataires.

La courbe de sa progression des 4 derniers mois contrevient parfaitement à l’effondrement des taux des obligations.

Au contraire des obligations, l’or n’offre aucun rendement, mais s’apprécie en cas de doute et crise sur les marchés. On l’a déjà assez répété, mais il n’est pas non plus multipliable à l’infini comme les banques centrales qui, en ce faisant, continuent de décrédibiliser les monnaies les plus courantes.

 

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2018, quelle performance des indices, des matières premières et en sectoriel ?

4 Janvier 2019 , Rédigé par jean-christophe duplat

Les indices mondiaux terminent sur des performances comprises pour la plupart entre -10 et -20%. Seuls l'Inde et le Brésil sortent leur épingle du jeu, pour le dernier dopé par une élection qui, entre autres, promet de redresser les comptes publics et d'encourager l'entrepreneuriat.

Au niveau des matières premières, seul le cacao s'est revalorisé au cours de cette année, dont toutes les performances se sont envolées au cours du quatrième trimestre

Et enfin, au niveau sectoriel, ce sont des secteurs très conservateurs qui ont réussi à garder la tête hors de l'eau, la santé et les utilities. 

 

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La BCE annonce vouloir diminuer la dose

17 Décembre 2018 , Rédigé par jean-christophe duplat

Donc la BCE a annoncé le 13 décembre 2018, par l'intermédiaire de son président Mario Draghi, qu'elle allait arrêter le "quantitative easing", ces injections massives de liquidités qui ont soutenu artificiellement les marchés, en lui permettant de créer 2'600 milliards d'euros sur les seules quatre dernières années, sans aucune contrepartie.

2'600 milliards € sur 4 ans, et 3'500 milliards € depuis 2008. On aurait pu croire - très naïvement - que le soutien aux marchés était nécessaire et avait été plus important sur la période 2008-2012 que sur les 5 années qui ont suivi..

Avec un total de 5'300 milliards $ (4.7 mia €), le bilan de la BCE détient maintenant l'équivalent de 39.7% du PIB de la zone euro..

Nous ne pensons pas qu'elle tiendra parole, et que la BCE sera forcée de relancer ce programme de rachat d'emprunts publics et privés vers la mi-2019, lorsque les dégâts sur la sacro-sainte croissance (en fait : l'impératif de consommation) sera annoncée en déclin, affolant tout le microcosme politique.

Ensemble, les 3 banques centrales (Europe, USA, Japon) détiennent 15'000 milliards $ de dettes invendables à des tiers. La BCE est la banque centrale la plus exposée. 

La BCE a déjà tenté quelques fois de ne plus racheter d'actifs, son bilan n'affichant pas de progression mais le contrecoup a chaque fois été tellement virulent que la machine à billets a dû reprendre du service. 

La zone Euro n'a pas besoin de liquidités mais chacun de ses états a besoin d'opérer de réformes structurelles pour se relancer la machine, avant que l"inflation ne vienne mettre fin à cette gabegie. C'est un air connu, une évidence qui échappe à la classe dirigeante, tellement, mais tellement déconnectée face à l'émergence d'une contestation populaire de plus en plus marquée, que ça en devient risible. 

 

 

 

 

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Evolution des prix du pétrole et des prix à la pompe en 2018

15 Novembre 2018 , Rédigé par jean-christophe duplat

55% du prix du litre de diesel est constitué d'accises, taxes, si l'on s'empêche de compter les diverses contributions qui partent vers des organismes parastataux. C'est 11% de plus qu'il y a 6 ans, soit une augmentation des taxes de 25%. 

Le graphique est rapporté à une base 100, mais l'on constate aussi que, depuis le mois d'août, le cours du baril est passé de 76,90 à 56,40 aujourd'hui. Avec un euro stable, il est difficile d'expliquer la hausse des prix du carburant par une hausse des cours du pétrole..

Nos voisins français semblent faire mieux, en proposant, après avoir également porté les taxes et accises à un niveau indécent, de "voler au secours du contribuable" en lui proposant une nouvelle usine à gaz, des chèques-essence ! On augmente drastiquement les taxes puis, magnanime et avec le délai nécessaire, l'on redistribue selon des critères subjectifs. Tout ceci sera au final financé par le contribuable. 

 

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Europe, totalitarisme soft, le combat des idées plutôt que celui des fondamentaux : France vs Italie

28 Octobre 2018 , Rédigé par jean-christophe duplat

Ainsi donc, la commission européenne a pour la première fois rejeté un budget, celui de l'Italie, pour déficit excessif et non respect des exigences européennes.

Rappelons que le nouveau gouvernement Conte s'est montré sceptique quant à la capacité de l'Europe à résoudre les problèmes des Etats membres, ce qui lui a valu - comme à toutes les personnes un peu critiques vis-à-vis de ces autorités - d'être taxé de "souverainiste", "nationaliste", "populiste", voire même"fasciste", tant de termes dégradants pour celui qui en est affublé. 

Aujourd'hui, il vaut mieux s'afficher "progressiste", terme assez vague et flou, pour être bien noté, afficher sa normalité bien pensante, et recevoir les faveurs des élites autoproclamées. Quiconque pense différemment est soit inaudible, soit fait l'objet d'une nouvelle forme de chasse aux sorcières. 

L'Italie a présenté un budget en déficit de 2.4%, en-dessous des 3% autorisés par les accords de Maastricht. 

L'historique des déficits italiens se présente comme suit, en redressement constant depuis 2008 : 

L'Italie dégage chaque mois un excédent commercial de 4 à 5 mia€ : 

 

Tournons-nous vers la France, élève européen modèle, progressiste, qui distille des compliments et n'a de cesse de vanter les mérites de son vassal européen, et dont le budget - en déficit de 2.8% - a été validé sans aucune mauvaise note par l'élite. Les deux mêmes graphiques ci-dessous, montrant des déficits jamais dans les clous et un déficit commercial de -5 mia€ tous les mois..

 

 

Cet exemple est démonstratif du combat des idées qui prévaut actuellement. La France fait figure de maillon faible européen, mais ce n'est pas une préoccupation. La souveraineté absolue européenne, qui se cache derrière un totalitarisme très 'soft' pour le moment, préfère combattre l'opinion qu'on a d'elle, plutôt que de s'inquiéter pour ses fondamentaux. C'est inquiétant. 

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15 septembre 2018, 10 ans après

16 Septembre 2018 , Rédigé par jean-christophe duplat

Le 15 septembre 2018, il y a 10 ans que Lehmann Brothers était mise en faillite. Le début d'une longue crise. Nous nous étonnons aujourd'hui de voir certains media feindre de craindre une nouvelle crise. En réalité, nous n'en sommes jamais sortis. Toute la procédure de fuite en avant que nous avons dénoncée, n'a jamais fait place au bon sens qui aurait dû prévaloir. 

Dix ans plus tard, les taux sont à 0, la croissance s'essouffle, la dette mondiale s'élève à 247'000 milliards de dollars. C'est plus de trois fois le PIB mondial. Une entreprise dont l'endettement s'élèverait à 3 millions alors que son chiffre d'affaires totalise 1 million, et son résultat net (le déficit de 3%) - 30'000 euros, n'aurait aucune chance de survie. Heureusement pour les Etats, l'appel au contribuable lui permet de continuer à ne pas devoir gérer ses dépenses. 

Dix ans plus tard rien n'a réellement changé  : 

- Aucun centime de dette n'a jamais été effacé

- Aucun bail-in n'a été effectuée, seuls les bail-out - les renflouements par des fonds externes - sont toujours d'application.

- Le "Too Big To Fail" qui servait de justificatif au sauvetage des banques en 2008, est toujours d'application. La Deutsche Bank est un exemple remarquable de sauvetage en continu, de perfusion permanente d'un établissement financier dont on se demande à chaque trimestre comment sa situation peut se redresser

- Les règles et la législation n'ont pas vraiment changé, et les exceptions que l'on justifie pour ne pas devoir appliquer certaines nouvelles règles, durcies,  sont tellement obscures que même les professionnels s'y perdent.  

Heureusement, nous avons le laboratoire nipon - puisque l'économie japonaise a sombré dans la déflation bien avant l'Occident - qui nous montre ce que la BCE peut encore utiliser comme munitions pour poursuivre cette fuite en avant : La BoJ s'est octroyé le droit de racheter des actions et, nous l'avons vu, est devenue actionnaire majoritaire du Nikkei. En 2011, la BCE est sortie du cadre de ses attributions en se donnant le droit de racheter des obligations. Pas encore des actions. 

Comme il sera compliqué pour la BCE de remonter les taux - hypothèse qu'elle a récemment postposé - cette fuite en avant devrait donc pouvoir continuer. 

 

 

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Un krach à venir, mais pas tout de suite

2 Septembre 2018 , Rédigé par jean-christophe duplat

Nombreux sont ceux qui se demandent quand l'emprise des marchés par les banques centrales - notamment la BoJ qui détient maintenant près de 50% des titres du Nikkei - cessera, probablement par un écroulement du bilan de ces banques centrales lorsque les taux devront être redressés. Le réveil sera dur, mais tant que nos signaux d'alarme ne présagent rien de sensible à 3 ou 6 mois, nous resterons investis. Les indices US ont encore battu leurs plus hauts historiques cette semaine. 

 

 

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Mondial de football, défouloir contre la rage taxatoire ?

13 Juillet 2018 , Rédigé par jean-christophe duplat

Selon certaines théories, les meilleures équipes de football seraient celles des pays à la fiscalité la plus lourde, comme si la recherche d'exil fiscal pour les joueurs n'était en fait que l'aboutissement d'une souffrance taxatoire qui aurait débuté bien avant leur capacité à manier le ballon. 

On a pris nos calculettes, et - à tout le moins en 2018 - ça se vérifie de manière très exacte :

Le taux moyen d'imposition des pays éliminés en phase de poule : 28,04%

Taux moyen subi par les équipes éliminées en.huitième : 38,97%

Celles qui n'ont pas passé les quarts : 41,71%

Les deux équipes, Belgique et Royaume-Uni, éliminées en demi : moyenne de 45,65%. La Belgique aurait dû aller plus loin.

Les deux opposants en finale : 47,9%..

 

Alors, le foot, un sport de spoliés ?

 

 

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Qui détient la dette italienne de 2'300 mia € ? (update)

30 Mai 2018 , Rédigé par jean-christophe duplat

Qui détient la dette italienne de 2'300 mia € ? (update)

Maintenant que l'Italie, à défaut de Mondial 2018, revient sous la lumière des projecteurs dans les pages politiques, faisons une petite mise à jour de cet article

Tout d'abord, une nouvelle fois, et comme déjà tant de fois ânonné au risque de devenir très répétitif, les institutions européennes en général et la BCE en particulier ont continué à détériorer le peu d'impression démocratique qu'ils laissaient à l'analyste, lorsque le président de la république italienne, guidé par ces institutions, a décidé d'empêcher son premier ministre de pouvoir nommer un ministre des finances qui soit eurosceptique, préférant limiter le chaos conséquent aux frontières de la seule Italie.

Tout cela ne présage une nouvelle fois rien de bon pour l'avenir de l'Europe telle qu'organisée aujourd'hui. On renvoie à la dénonciation d'autres tentatives de muselage, d'autoritarisme, de volonté de contrôle absolu - entre autres la suppression des espèces afin de pouvoir se faire éroder les taux ou le transfert du poids insurmontable du sauvetage des établissements financiers sur les épaules du contribuable, très régulièrement évoquées dans ces lignes par le passé.

Revenons donc à la dette italienne. 7 ans ont passé et cette dette publique s'est épaissie de 500 milliards d'euros. Elle représente 132% de son PIB, pour 116 en 2011. Aujourd'hui c'est un ratio certes peu enviable, mais ne différant pas trop de la dette publique moyenne européenne qui prévalait en 2010.

 

Une relativement bonne nouvelle : cette dette est aux mains des Italiens eux-mêmes à hauteur de 68%.

Ceci signifie bien que la restructuration de cette dette pourrait être relativement simple si l'Italie comme les pays les plus faibles de la zone euro, avait le pouvoir de se redonner de la compétitivité en dévaluant son euro, qui sera devenu valeur unique des pays faibles

5% de la dette italienne se trouve dans des portefeuilles hors eurozone, et les 27% restants aux mains de ses chers "partenaires européens", France et Allemagne toujours en tête, suivi par un nouvel arrivé, l'Espagne.

Les 200 milliards de dette détenue par la France ne représentent plus que 10% de son PIB. C'était 20% en 2011, et l'on peut supposer que la main invisible de la BCE lui a permis de se défaire d'une partie de sa forte exposition à l'économie italienne.

Qui détient la dette italienne de 2'300 mia € ? (update)
Qui détient la dette italienne de 2'300 mia € ? (update)

Derrière ce spectre de la dette, on trouve aussi un chômage de masse en Italie (11% de la population active), mais on ne souligne pas assez les bons signaux de l'économie italienne qui prévalaient - et prévalent encore jusqu'à nouvel ordre - ces derniers trimestres, se portant mieux que la France, le Royaume-Uni ou le Luxembourg en matière de croissance par exemple

Qui détient la dette italienne de 2'300 mia € ? (update)

L'Italie est aussi l'un des rares pays de l'Eurozone à présenter un surplus budgétaire primaire, càd en boni avant la charge de la dette. Il était de +1.5% en 2017, pour un déficit de -2.3% après charges financières.

 

 

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Seuil de 3% des taux à 10 ans, nouvelle alerte lancée aux porteurs d'obligations

26 Avril 2018 , Rédigé par jean-christophe duplat

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a donc retrouvé le niveau de 3%, se retrouvant à quelques encâblures de son plus haut de 2013. 

Le graphique ci-dessous est très éloquent, nous indiquant un double "bottom", un plus bas touché en 2012 puis un autre en 2016 suivis de deux plus hauts, fin 2013 et aujourd'hui.

Une confirmation de ce nouveau sommet validerait des rendements obligataires plus élevés, et donc des cours d'obligations existantes qui dégringoleraient. 

Si l'on va plus loin, le graphe noir, qui retrace le cours du pétrole sur la même période, nous montre une corrélation presque parfaite avec ce taux à 10 ans, révélant que le pétrole est aussi revenu à un plus haut de 3 ans. Comme le pétrole brut est surpondéré dans la plupart des indices de commodities et/ou matières premières, ceci pourrait nous indiquer qu'une nouvelle poussée de fièvre de ces matières pourrait entraîner les taux obligataires beaucoup plus haut. pour rejoindre les 3,7 de 2011 en première instance. 

Ceci va entraîner une certaine nervosité sur les marchés, principalement obligataires, dans les semaines et mois à venir.  

Nous ne voyons a contrario toujours pas de signe de surchauffe sur le marché des actions et, bonne nouvelle également, l'écart de taux entre le 10 ans et le 2 ans, qui se minimisait ces derniers temps et nourrissait quelque crainte, pourrait retrouver des couleurs et remonter. Enfin. 

 

 

Seuil de 3% des taux à 10 ans, nouvelle alerte lancée aux porteurs d'obligations
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