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Articles récents

Quelques faits marquants sur la conjoncture des pays de l'Est

14 Novembre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

Il m'a semblé intéressant de rassembler quelques mauvais signaux donnés récemment par les pays de l'Est, décelant une potentielle extension de la crise actuelle vers ces pays .
Leur monnaie nationale risque fort de sortir des limites fixées par le MCE II puisqu'il était initialement prévu qu'elle ne s'éloignerait pas de + ou - 15% d'un cours-pivot.
Il faut s'attendre à un vrai test pour l'Euro dans les semaines qui viennent. Ceci sera un vrai test également pour les banques qui se sont étendu à l'Est, comme la KBC ou encore Dexia.

- La Hongrie relève ses taux de 3% d'un coup pour les porter à...11,5%

- Les banques bulgares ont unilatéralement interrompu le conclusion de tout prêt hypothécaire, obligeant la banque centrale bulgare à être moins rigide quant à ses normes de réserves bancaires ;

- La Pologne dont la dette publique atteint 45% du PIB et qui subit un ralentissement important de ses exportations selon les dernières statistiques macro-économiques 

- Les agences de notation Standard & Poors et Fitch ont décoté la note de la dette roumaine pour la classer à "haut risque" et sans valeur de marché, craignant une crise de liquidités

- La Croatie, qui a laissé se proliférer des emprunts hypothécaires libellés en devises étrangères - principalement en CHF -  ce qui, couplé à une inflation rampante, devrait se solder par une dévaluation prochaine de la devise nationale

- L'Autriche, dont 85% du PIB est exposée aux pays émergents, principalement la Serbie et la Hongrie - elles qui se pressent à la porte du FMI pour recevoir des aides - est à présent forcée d'annuler l'émission d'obligations d'Etat pour faire face à la méfiance des marchés vs-à-vis de sa dette

etc

Un vrai test, donc, pour l'Euro, et il ne m'étonnerait pas que certains pays membres de l'Eurogroupe décident de le quitter (peut-être la Grèce, l'Espagne ou l'Autriche) pour retrouver une monnaie qui leur permettrait de résoudre leur lourd problème d'endettement par une dévaluation.

Une sorte de remake de 1992, lorsque la GBP fut forcée de sortir du Système monétaire européen (SME, l'Ecu) face aux pressions spéculatives.




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IFRS, suite

5 Novembre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

Voici les premiers effets pervers de l'assouplissement des règles comptables internationales qui a finalement eu lieu à la mi-octobre et que nous avions décrié dans un précédent articulet.

La Deutsche Bank a publié jeudi 30 octobre ses résultats au titre du troisième trimestre, faisant notamment état d’un bénéfice de 93 millions d'euros.
Les analystes, en respectant les règles comptables non modifiées, avaient prévu une perte à déclarer de 250 millions d'euros...
Publiés sans comparatif "avant - après assouplissement" , ces résultats tendent à tromper l'investisseur lambda sur la réalité des résultats. D'ailleurs, les marchés s'y sont trompés : l'action de la première banque allemande s'envolait, le jour de cette publication trompeuse, de plus de 14%...

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Rebond du dollar avant les élections US

5 Novembre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat

Barrack Obama a été élu hier 44° Président des Etats-Unis.
Il est intéressant de noter que chaque changement de Président  - et non chaque échéance électorale - amène une forte appréciation du USD dans les semaines qui précèdent.
Et de noter que, lorsque Georges Bush a succédé à Bill Clinton en 2000, il a dû faire face, comme Obama devra le faire, à une récession, indiquée en gris dans le graphique.


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Comment profiter des pics de volatilité ?

23 Octobre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Ces derniers jours - la peur et la panique sur les marchés aidant - la volatilité a touché des pics historiques, comme en témoigne le graphique ci-dessous.
Rappelons - voir un article précédent - que la volatilité des 20 dernières années s'est baladée entre 10 et 40. Il y a encore quelques mois, , lorsque les marchés se rassuraient sur une bonne nouvelle, l'on trouvait un VIX, l'indice de volatilité - aux alentours de 22.
Elle s'est installée entre 70 et 80 ces derniers jours, signe que les acteurs de marché ne sont pas rassurés du tout et hésitent à rester longtemps sur le marché.

Alors, que faire lorsque la volatilité est à son comble, comme pour le moment ?

Plus la volatilité est haute, plus la prime sur les contrats d'option sont importantes. Il n'est donc, pour l'instant, certainement pas opportun d'acheter des options sur actions.
Par contre, l'investisseur actif doit profiter de cette période pour émettre des options.

En émettant des options, une personne s'engage à acheter des titres (émission d'un put) ou vendre ses titres (émission d'un call) à une date convenue et pour un prix déterminé à l'avance . Les options qu'elle émet

Pour exemple, la personne qui possède des titres Coca-Cola sur son compte-titres ( KO ; cotation actuelle 44.2 USD) a l'occasion d'émettres des calls d'une durée de vie de 1 mois (échéance 21/11/2008) en encaissant directement une prime de 4.20 usd (cfr. carnet d'ordre de ce soir)
Pour s'obliger à vendre ses titres dans le mois à la personne qui a acheté ce call, il a donc empoché une prime d'environ 10% sur la valeur de ses titres, portant leur valeur immédiate à (44.2+4.2) 48.40 usd.
Si l'acheteur n'exerce pas son call, notre personnage exemplatif pourra garder ses titres et réémettre une autre option à son échéance.

A contrario, si cette personne pense que le marché est arrivé à un point bas et qu'elle voudrait se constituer des lignes de titres qu'elle ne possède pas encore, elle peut alors émettre un put sur un titre, encaissant directement une prime également,  et s'engageant à acheter cette valeur à une certaine échéance et à un prix déterminé à l'avance.
Dans notre cas (Coca-Cola) il a ce soir loccasion d'émettre un put 21/11/08 pour 2.65 usd, s'engageant à acheter le titre à 45 usd. Son prix d'achat aura été diminué de la valeur de l'option, et lui reviendra donc à (45-2.65) 42.35 usd.

C'est une manière relativement technique de donner un petit effet de levier à son portefeuille en période de haute volatilité comme nous en rencontrons actuellement.




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Un faisceau de statistiques indiquant la récession

19 Octobre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

 

Retour sur les statistiques : la léthargie au niveau du nombre de mises en construction aux Etats-Unis, entamée fin 2007, ne montre pas encore de signe de rebond, bien au contraire. Nous sommes revenus – et à quelle vitesse - à des niveaux aussi faibles que pendant la récession du début des années 70 et 83.   

La crise actuelle continue donc de montrer des signes clairs d’entrée en récession durable, que certains dirigeants commencent à admettre du bout des lèvres, mais sans vouloir en apporter la preuve.

Plus inquiétant est que cette crise de la construction, couplée à la restriction du crédit bancaire auquel nous assistons depuis plusieurs semaines, ne va pas donner une dimension « normale » à la récession de 2008 – dans laquelle nous sommes déjà entrés selon moi.

  

 

En effet, si l’on regarde l’évolution de la production industrielle, l’on peut constater qu’elle a finalement entamé  sa décrue, caractéristique également d’une entrée en récession (les récessions sont indiquées en grisé).

La conjonction de cette baisse au fait que le crédit vienne à manquer aux entreprises (voir cet article notamment), devrait maintenir durablement cette production à des niveaux inférieurs à ceux que l’on a connus ces dernières années.

Il est à craindre une véritable dépression, qui sera signalée par  une diminution durable de la production industrielle (cf. 1929 sur ce même graphique) assortie d’une compression, durable elle aussi, de la consommation.

 

 

 

 

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Le spectre de la déflation

12 Octobre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

Il ne se passe plus un jour sans qu'une solution de dernière minute, distillée par les différents pays européens, vienne à la rescousse des établissements bancaires.
Après la Belgique, qui est intervenue pour garantir la liquidité des banques, la France a cette fois décidé de lever dès demain, lundi 13 Octobre, une disposition législative permettant une levée de fonds pour aider les banques à faire face à leur besoin de refinancement.
Le gouvernement britannique, quant à lui, prendra probablement dès demain le contrôle majoritaire des deux plus grandes banques du pays RBS et HBOS, sinon peut-être quatre, en y incluant lloyds TSB et Braclays.

Dans toutes ces hypothèses, l'argent de l'Etat, comme ce fut le cas pour la Belgique, va donc servir à colmater un financement au départ privé, resserrant en conséquence les marges d'action des pouvoirs publics dans leur rôle premier, au service de la collectivité.
Ces déclarations ne sont pas de nature à rassurer les investisseurs - et encore moins les contribuables européens - en observant que les différents Etats européens font leur possible pour sauver ce qui peut l'être, mais, n'ayant pas les poches assez longues, ils ne pourront continuer à garantir ce jeu de pompier très longtemps.

Le jeu de domino se propage donc à grande échelle et les bourses mondiales devraient continuer à atteindre des plus bas la semaine prochaine.

Nous pouvons donc être amené à penser que le mécanisme de la déflation s'est mis en route, et que tout le mécanisme qui suit prend peu à peu - mais certainement - sa place :
(i) la baisse de la bourse réduit la valeur patrimoniale des garanties que les investisseurs offrent en contrepartie de leurs emprunts.
(ii) Ceux-ci effectuent des ventes à des prix bradés pour récupérer de la liquidité et rembourser leurs dettes.
(iii) Les créanciers voient également la valeur de leurs créances s'effondrer et, donc, leur capacité d'endettement diminuer. Il en va de même des entreprises dont la valeur économique baisse.
(iv) Le volume des créances douteuses dans le bilan des banques explose. Celles-ci deviennent plus méfiantes et réduisent leurs prêts.
(v)Ménages et entreprises endettés s'efforcent de rembourser au plus vite leurs emprunts de manière à alléger le poids des charges d'intérêt qui explose par rapport aux revenus attendus.
Par voie de conséquence, le volume des dépôts dans les banques baisse, induisant une diminution de leur capacité de prêt.
(vi) Cette réduction de la masse monétaire en circulation pèse sur les prix. La baisse des prix aggrave les problèmes des entreprises les plus endettées, qui font faillite, mettant les banques en nouvelles difficultés et les contraignent à vendre leurs créances pour récupérer de la liquidité, ce qui fait encore davantage baisser les prix etc etc..
 



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Les IFRS, une hérésie..

2 Octobre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

J'ai de nombreuses fois dénoncé l'américanisation des normes comptables européennes, lorsque les normes IAS (IFRS) ont été adoptées, avec tous les abus que l'on peut y trouver.
Valoriser un actif à sa valeur de marché, revoir ce prix au jour le jour, l'analyser à court terme, conduit à des excès, tant à la hausse qu'à la baisse.
Une banque ne devrait en effet pas valoriser de la même valeur un emprunt hypothécaire de 15 ou 20 ans (une bonne dette gagée par un actif), qu'une ligne de crédit accordée à un client .

Toutes les réductions de valeur qui sont passées à l'heure actuelle seront un jour reprises, entraînant une violente hausse des résultats bancaires, déséquilibrant à nouveau les marchés...
Au prochain assouplissement de ces normes, qui devrait aboutir cette nuit aux USA, les banques vont pouvoir valoriser leurs actifs actuellement "pourris" ou "toxiques" en utilisant des critères "pertinents"...l'on peut donc considérer ce soir que le temps des dépréciations massives est passé et que nous allons assister à de multiples reprises de provisions dans les mois qui viennent, artifice comptable qui va aider les banques US à présenter de beaux résultats dès la fin de ce trimestre..tout en ne réglant rien sur le fond.


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Nationalisations en Europe

2 Octobre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Fortis et Dexia ont donc été renflouées par respectivement le Benelux pour 11.2 Mia EUR et la Belgique et la France pour 6.4 Mia EUR.
Les Etats ont emprunté pour secourir les banques, ce qui va augmenter la dette publique, creuser le déficit public, et mettre à mal l'équilibre de leurs budgets respectifs.
Il est désormais certain que ces événements, y inclus le refus du plan Paulson aux USA, auront une influence très néfaste sur l'économie, et donc sur les bénéfices des entreprises.

Mais ces Etats devaient-ils vraiment intervenir ?

Si l'on peut légitimement se dire que pour Fortis, une intervention de l'Etat était justifiée - en dernier recours - eu égard au nombre d'emplois en jeu, à l'importance du nombre d'épargnants qui n'auraient pas été indemnisés par la Caisse d'intervention (dont les caisses ne renferment qu'un petit Mia EUR) et aux potentiels dommages collatéraux qu'aurait entraînés sa chute, fallait-il pour autant sauver Dexia, dont l'activité est principalement centrée sur les collectivités locales, qui n'aurait pas engendré un risque systémique en s'effondrant ?

Il est clair en tous cas que les Etats se tournent vers les grandes banques pour tenter de maîtriser leurs chutes, et que la marge de manoeuvre n'étant pas énorme, il est raisonnable de penser que les banques indépendantes ou moins symboliques, sont désormais les plus fragiles.
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Socialisation des pertes..

19 Septembre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

"Privatiser les gains, socialiser les pertes", une devise qui reprend tout son sens depuis quelques jours..

Ces dernières semaines, nous avons vu l'admininistration américaine oeuvrer pour sauver ce qui peut l'être, en pleine tourmente financière :

- nationalisation par le Trésor américain de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux principaux organismes qui soutiennent et garantissent les prêts hypothécaires aux USA, au détriment de ses actionnaires ;

- prêt par la FED de 85 Mia USD à AIG,  cet énorme réassureur d'envergure mondiale, pour éviter sa faillite et les retombées "domino" sur les principales compagnies d'assurances américaines, européennes et asiatiques ;

- concertation des banques centrales aujourd'hui pour injecter 250 Mia sur le marché et éviter d'assécher le crédit interbancaire (mais que va-t-il se passer lorsque ces mêmes banques centrales devront retirer cet argent des marchés ?)

Nous avons aussi assisté dimanche dernier à la mise en concordat de Lehman Brothers, la plus grande banque d'affaires américaine, sans soutien du Trésor cette fois, n'ayant pas les poches assez remplies que pour soutenir tout ce qui peut l'être, et "lâche" donc les affaires dont les retombées n'ont pas ou peu d'effet domino.

Rétrospectivement, l'on peut pourtant identifier les USA comme le principal responsable de la débâcle financière à laquelle on assiste,  avec ses démarches historiques donnant un effet de levier à l'éclatement de la bulle que lon connaît aujourd'hui.
Son interventionisme a dominé les dernières années:

- Intervention massive de l'Etat qui a tout fait - principalement du temps d'Alan Greenspan, qui a semé ce que l'on récolte aujourd'hui  et qui vient aujourd'hui faire l'oracle en prédisant une crise longue link - via des taux artificiellement bas et d'autres dispositions pour gonfler au maximum la bulle de crédit depuis le début des années 90.
- Intervention massive de l'Etat à présent qui cherche à sauver ce qu'il peut de l'effondrement de la bulle qu'il a lui-même développée.
- Intervention de l'Etat pour des plans de relance par la consommation  qui consiste à acheter un trimestre de croissance à crédit avec l'argent du contribuable...

Le libéralisme américain aurait-il vécu, la socialisation de ses pertes serait le dernier soubresaut d'une économie en déclin ?
 Le monde tourne, il est clair à présent que l'avenir économique n'est plus de ce côté de la planète.

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Nationalisation de Freddie Mac et Fannie Mae

6 Septembre 2008 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Lu sur lecho.be ce soir : "Le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier, a affirmé vendredi soir que le Trésor américain était sur le point de finaliser son plan de sauvetage de Freddie Mac et Fannie Mae, une intervention dont le principe avait été annoncé en juillet mais dont les modalités restent à arrêter."

Concrètement, il s'agit donc d'un transfert de 5.200 Mia USD du secteur privé vers la dette publique américaine, qui passera donc de 9.000 Mia à 14.000 Mia USD. Excusez du peu.

Ce plan, annoncé depuis juillet, ne surprendra normalement pas les marchés lundi. Par contre, le rebond du USD aura fait long feu (il avait repris plus de 10% en l'espace de 6 semaines, revenant de 1.60 à 1.4267 vendredi soir). L'on devrait s'attendre à le voir refluer dès le début de la semaine prochaine.

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