Théorie et cycles : 131 semaines, point d'inflexion
Nous l'avions déjà vu avec les cycles d'Armstrong : les marchés financiers sont, outre la psychologie, aussi affaire de cycles.
Ci-dessous la performance du S&P 500 segmentée en cycles de 131 semaines, chaque fois marqués par une ligne bleue verticale.
Le passage d'un cycle de 131 semaines à un autre a souvent marqué un point d'inflexion sur les marchées : une tendance haussière succède à une baisse, et vice versa.
Il faut observer aussi octobre 1987, mars 2000, deux effondrements de marché qui correspondent chaque fois à la fin d'une de ces périodes.
L'on constate aussi, pour les deux dernières périodes d'observation, un point bas atteint très précisément à la moitié des 131 semaines.
Cette semaine marque le passage d'un cycle de 131 semaines à un autre, et nous oberverons avec attention si la tendance actuelle, globalement haussière , va bien s'infléchir.
Jack Welsh, food stamps et les fausses statistiques de l’emploi américain
Ce n’est plus un secret pour personne, une élection se gagne sur base de bonnes statistiques de l’emploi. On remarque qu’il y a une très forte corrélation entre une diminution des chiffres publiés de l’emploi, et la reconduction d’une majorité, dans toutes les régions du globe.
Les Etats-Unis n’échappent pas à la règle et, les yeux rivés sur l’élection du mois prochain, il fallait visiblement contenir ces statistiques. Cela n’a pas échappé à Jack Welch, l’emblématique PDG honoraire de General Electric, dontla sortie sur la manipulation des chiffres des sans-emplois a été remarquée.
En effet, comment mettre en relation un taux de chômage remanié qui fait état de 7,8% de chômeurs (ils étaient 10% en début d’année 2010, et 4% en début de mandat du président actuel), et l’état d’extrême précarité dans lequel vivent de plus en plus d’Américains, si ce n’est par un resserrement des conditions d’entrée dans ce recensement ?
La sécurité sociale américaine dévoile que son aide aux plus démunis, par le don de « food stamps », ces bons de nourriture permettant d’obtenir des repas à concurrence de 4$ par jour pour se nourrir, explose littéralement.
De 17.194.000 en 2000, ces bénéficiaires d’allocations alimentaires sont aujourd’hui plus de 45 millions. Voilà une statistique qui ne trompe pas.
L’interventionnisme de la BNS et le leurre des taux négatifs sur les obligations d’état
La Banque centrale suisse, la BNS, a décidé il y a un an d’intervenir pour affaiblir le franc suisse, qui s’était envolé suite aux déboires des dollar et euro, et ne pas le faire évoluer au-dessous de 1,20CHF pour 1 €.
Une intervention massive, qui avait été vivement critiquée par les adeptes d’un marché autonome et libre, qui se régule de lui-même, sans intervention politique.
Les effets collatéraux sont visibles aujourd’hui, mais pas toujours correctement perçus par le monde initiateur de cette dette qui, souvent, se réjouit de pouvoir emprunter à des taux réels négatifs, arguant du fait que la confiance est revenue, ou encore que la gestion de la crise est convaincante.
Standard & Poor’s a analysé les transactions effectuées par cette BNS et estime que la Suisse a acheté pour 80 Mia€ d’obligations souveraines émises par les pays centraux de l’eurozone (Allemagne, France, Pays-Bas, Belgique, Finlande, Autriche) sur les seuls 7 premiers mois de 2012.
Ce faisant, la BNS a racheté l’équivalent de 48% du déficit annuel de ces pays.
L'on peut juger cette corrélation sur ce graphique : l'impact de la conversion par la BNS du CHF en € pour le rachat de dette, est très étroitement lié à la baisse des taux français.
Elle a donc non seulement donné un faux signal de relâche des taux, encourageant l’émission de dette par son rachat sans conviction, mais se retrouve aujourd’hui avec un paquet d’obligations qui, si elles devaient faire l’objet d’une expertise, seraient déjà dévaluées.
Rappelons que la France subirait de plein fouet un défaut de l’Italie, et prendrait sa place dans le domino.
I.R.I.S, Devgen, Telenet : le retour des OPA, une bonne affaire ?
3 OPA annoncées en moins d’une semaine à la bourse de Bruxelles. Un petit déclic nous rappelle que nous avions déjà observé par le passé que le retour des offres financières préfigure un plus haut sur les marchés.
Analysons donc celles-ci :
I.R.I.S a reçu une offre d’achat de Canon pour 44,50 euros par action. Cette offre matérialise une prime de 49,8% sur le dernier cours de 29,70€. I.R.I.S. était coté à la bourse de Bruxelles depuis mai 1999.
Syngenta offre 16 € pour une action Devgen, introduite à 7,5 €, soit une prime de 69,6% sur le dernier cours fait avant cette annonce (9,43).
Liberty Global offre 35€ par action Telenet, soit une prime de 12,5% sur le dernier cours, mais un cours inférieur à ceux qu’a encore connus l’action en juillet dernier. Telenet avait été introduite en bourse à 21€ en octobre 2005.
Ces trois offres sont toutes volontaires, conditionnées à l’obtention d’une certaine part du capital (80% de Devgen, 90% d’I.R.I.S. et de Telenet), et surtout s’effectuent en numéraire, en cash à 100%.
Ces offres ne permettent par contre, pour deux des trois, que de concrétiser une perte pour certains actionnaires, de long terme mais entrés au mauvais moment, avant 2008.
Nous ne connaissons pas encore le degré de financement qui sera nécessaire aux entreprises acquéreuses pour finaliser leurs achats, mais il semble que, pour la croissance externe, l’endettement reprenne le dessus depuis le début de l’année 2012, et donc affaiblisse le bilan des acquéreurs.
Donc oui, il est probable que cette vague d’OPA même si entamée à un niveau modeste- en bourse de Bruxelles – payée 100% cash, soit un quatrième faisceau concordant pour nous annoncer une baisse des marchés à plus ou moins court terme.
QE 3 : dernière étape avant une correction importante ?
C’est fait. La réserve fédérale, comme le BCE et la Banque du Japon, va une nouvelle fois injecter de l’argent dans le système, persistant à penser que ces actions répétées de baisse des taux et d’inondation des marchés par l’argent vont sauver le système, en redonnant de l’emploi, du pouvoir d’achat ou de la croissance, ces trois vecteurs essentiels à une sortie de crise.
Ben Bernanke a mis le feu aux poudres en annonçant comme prévu le 13 septembre la décision très collégiale de racheter pour 40 Mia USD d’obligations hypothécaires tous les mois.
40'000'000'000 USD. Tous les mois.
De ces obligations pourries qu’il fallait à une époque absolument que chacun contracte via des organismes parastataux pour nourrir la croissance par la dette.
Les marchés boursiers ont été une nouvelle fois la victime heureuse de cette spéculation par le verbe, les places boursières enregistrant des hausses de plus de 2% pour la plupart.
Une nouvelle fois pour déchanter très vite, tandis que l’or et l’argent reprenaient de la hauteur.
S'il se confirme effectivement que la monnaie est multipliable à l'infini par les organismes régissant les 3 devises principales, il n'y a plus aucune raison de faire confiance au système monétaire actuel.
Or si nous reprenons nos outils de surveillance des marchés, nous remarquons que cette nouvelle vague d’optimisme sur les marchés s’effectue au moment où des déclencheurs de baisse pourraient être mis en route.
Le VIX d’abord, qui vient presque toucher sa Bollinger inférieure, qui a presque toujours indiqué un retournement à la baisse des marchés ;
Le nombre d’actions qui s’échangent actuellement au-dessus de leur moyenne de cours à 200 jours : en s’approchant des 80%, on est par tradition proche du seuil de déclenchement d’une phase baissière sur les marchés ;
Enfin, il semble qu’au niveau des émissions d’options, il y ait de plus en plus de calls (options d’achat) et de moins en moins de puts (options de vente).
Or, en bon contrarien, l’on sait qu’au niveau de 1,40 (7 calls en circulation pour 5 puts) le marché est porté par l’optimisme ambiant, et subit tôt ou tard un retour de bâton.
Nouvelle bulle aux USA : 1'000 milliards USD de dette étudiante
Le cap du « trillion » a été franchi en matière de dette contractée par les étudiants américains. Cette bulle de la dette estudiantine a progressé de ..550% en 12 ans.
C’est un montant qui dépasse celui des dettes contractées au moyen de cartes de crédit, et le remboursement de ces crédits scolaires est beaucoup plus aléatoire.
Un étudiant sur six préfère, plus tard dans sa vie active, faire faillite plutôt que de rembourser ses 5 années d’études toute sa vie durant.
Peut-être à raison : en soixante ans, les grandes écoles américaines ont surfé sur cette nouvelle vague de « la bonne éducation qui mène (prétendument) à un job de qualité » en multipliant par 60 le prix du minerval et en triplant le prix des livres.
Une année à Harvard nécessitait en 1952, de mettre 600 USD sur la table. Aujourd’hui, il en faut 35'000 USD. Et toutes les générations prennent de la dette pour pouvoir assurer une bel avenir à ses enfants..
Une "idée" dont les états européens chercheraient à s’inspirer. Quitte à faire exploser une nouvelle bulle.
Quels secteurs ont surperformé au mois d'août 2012 ?
Sans surprise dans notre environnement inflationiste sous-jacent, ce sont les matières premières qui s'en sortent avec les meilleures performances, argent et pétrole en tête.
A noter le rebond des places boursières des pays les plus exposés à la crise de la dette (Espagne, Grèce et Portugal se placent dans les 7 meilleures performances) et celui de l'indice des valeurs bancaires, sixième, qui ont profité des fuites sur un possible interventionisme encore plus marqué de la BCE, confirmées hier.
A l'inverse, depuis le début de l'année 2012, ces mêmes places boursières sont toujours en queue d'un peloton pourtant très large. Et les matières premières, en rouge, briguent les meileures places, et affichent toutes des performances positives.
FED, BCE : Réaction de l'or à la spéculation par le verbe
Le 31 août dernier, lors du symposium de Jackson Hole, l'on a assisté à un mouvement de vente, puis un rebond immédiat de l'or, à l'aube de la présentation des conclusions du sommet.
Le discours habituel ("sortie de crise", "le pire est derrière nous") était une constante en cours de journée, tandis que le discours de Ben Bernanke, en fin de journée, induisant qu'une nouvelle opération d'impression de monnaie sans contrepartie (QE3) était en préparation, a converti le courant vendeur en une arrivée d'acheteurs impressionnante.
Que voit-on sur le graphique intraday de l'or aujourd'hui, alors qu'une annonce de la BCE était attendue ?
L'or a continué d'évoluer sur des plus hauts en matinée, dépassant les 1'710 $/once, anticipant une annonce de baisse des taux par la BCE.
Il n'en a rien été, Mario Draghi ayant annoncé un statu-quo du taux de refinancement, à 0.75%. L'or est retombé presque instantanément de 1'713 à 1'700 $.
Quoi qu'il en soit, la déception devrait être de courte durée, et l'or devrait retrouver un canal ascendant étant donné que (i) les taux réels restent négatifs (inflation publiée : 2.6%), que
(ii) les banques centrales les plus solides confortent leur position en or et que
(iii) l'once est techniquement revenue s'installer dans son canal haussier, marqué par le passage de sa moyenne mobile exponentielle à 8 jours au-dessus de celle de 23 jours
Le président de la BCE a également annoncé une première opération de Quantitative Easing pour l'Europe, induisant par là que les opérations précédentes de LTRO n'ont pas été assez rapides, efficaces, ni encore suffisantes.
Cette décision de créer de la monnaie ex-nihilo est toujours contraire à ses statuts, mais cette spéculation par les discours politiques devrait donner un dernier élan haussier au marché des actions.
Les véritables spéculateurs ne sont pas forcément ceux que l'on croit.




















