Percée de l'or, assez puissante pour décourager le marché des actions ?
L'or vient de casser une résistance importante, à 1300 USD.
Outre les tensions géo-politiques du côté de la Corée du Nord, cette nouvelle vague positive pour l'or est certainement à mettre en corrélation avec la dépréciation du dollar.
Au plus bas depuis 2 ans, un dollar faible contribue à la revalorisation de l'once.On vérifie l'inverse également sur le graphe ci-dessous. Tout comme ce dollar faible entraîne une migration des transactions des actions vers les titres obligataires, réputés plus sûrs en cas de troubles sur les marchés (nous ne sommes pas du tout de cet avis, comme déjà longuement expliqué sur ce blog ; nous conseillons plutôt d'éviter les titres d'état qui n'ont aucun contrepartie solide).
Il y a d'autres éléments, comme la dernière conférence de presse de la BCE, qui n'a émis absolument aucun avis sur la continuation ou non de la politique d'inondation des marchés, ni d'opinion sur la force de l'euro. Le brouillard ne rassure pas les investisseurs, qui restent aux abris.
La question à se poser maintenant est la suivante : La montée de l'or va-t-elle continuer, au détriment du marché actions, ou n'est-ce qu'un mouvement velléitaire ?
Première constatation : l'or surperforme les actions (ici : le CAC 40 qui est un indice de référence). L'once d'or valait 23.75% de l'indice au premier janvier, elle en vaut aujourd'hui 26%.
Ce n'est plus arrivé depuis quelques années, et ceci pourrait présager d'un mouvement de fond.
Il pourrait atteindre les 0.30, comme en février et juillet 2016, pour mettre le marché en émoi. C'est une once d'or qui s'établirait à 1'525 dans un marché d'actions qui resterait aux niveaux actuels.
Alors, nous nous tournons vers ce marché actions, au rayon "small caps" que nous apprécions particulièrement. Le Russell 2000 nous indique que ce rayon a dérapé en ce mois d'août, au point de tomber sous sa moyenne à 200 jours.
Ce serait un fort signal baissier au niveau des actions - nous avons déjà écrit sur le signal avant-coureur des small caps sur les capitalisations plus fortes - si la baisse s'était structurellement installée sous cette moyenne.
Or, elle a immédiatement rebondi pour revenir au niveau même de sa moyenne à 50 jours ! C'était ce que l'on peut appeler un 'bear trap' ou piège baissier.
C'est pour cette raison que nous ne pensons pas que la vigueur du marché actions soit atteinte. L'or peut donc encore progresser, mais pas au point de faire sombrer les marchés dans les circonstances actuelles. A court terme, il ne sonne pas encore l’hallali pour les investisseurs qui sont positionnés en actions.
Ceci est bien évidemment à suivre attentivement.
Pourquoi les marchés pourraient-ils encore monter pendant 2 ans ?




Assets performance : 2000 à 2015
La performance des différentes classes d'actif depuis 2000
Les matières premières et utilities toujours en retard.
VIX au plus bas : "Sell in May.." ?
Dans l'ambiance festive qui caractérise les marchés depuis le quatrième trimestre 2016, le Vix, l'indice de fébrilité des investisseurs, a subitement décroché, ramenant à un plus bas historique la crainte de chute qu'ont les intervenants. La confiance est totale.
Or la configuration de ce décrochage devrait inciter à la prudence . Nous avons déjà signalé plusieurs fois que lorsque le VIX touche sa Bollinger inférieure (ligne bleue, sous le tracé du VIX) , les marchés corrigent.
Dans la configuration graphique qui nous occupe, le VIX pourrait, à la moindre mauvaise nouvelle, compenser le "trou d'air" de la semaine dernière, pour revenir à 13.50, et faire en sorte que les marchés retrouvent leur niveau de début d'année. C'est 15% de potentiel de baisse.
L'euphorie peut encore continuer à court terme, le temps que le VIX baisse encore de 2 points, de 9.94 à 7.62. A suivre avec la plus grande attention.
Nouvelle crise de l’euro en perspective
Après quelques mois d’accalmie, la fuite en avant des institutions européennes devrait laisser la place à de nouveaux débats houleux sur l’utilité de garder une monnaie unique au sein de la zone euro.
On apprend par le biais de la BCE que, pour la première fois de l’histoire de la monnaie unique, les investisseurs hors Europe ont été vendeurs nets d’obligations libellées en euros en 2016, soit -192mia€ , pour +30 mia€ en 2015. Les 80mia€ qu’injecte la BCE chaque mois pour racheter des titres sans rendement et fausser le marché obligataire ne sont donc pas suffisants. Les taux remontent de l’autre côté de l’Atlantique, et le carry trade est une autre justification de cet exode obligataire massif.
D’autre part, la concurrence s’amplifie au sein même de la zone euro, la différence de compétitivité entre pays de la zone euro est redevenue très importante, à un tel point que les distorsions de flux financiers entre ces mêmes pays ont retrouvé les sommets qui avaient mené à la crise de décembre 2010 et sa « résolution » par la création de la énième usine à gaz, le mécanisme européen de stabilité (MES) qui peut utiliser les fonds du contribuable à hauteur de 700mia€ pour aider les pays en difficulté.
Quels assets ont surperformé lors des périodes de hausses de taux de la FED
La Fed a donc, comme anticipé depuis des mois, repris son cycle de hausse progressive du taux directeur. Et annonce encore deux autres hausses probables pour 2017.
Ces périodes de hausse des taux continue se sont produites 8 fois sur les 45 dernières années. Les actifs qui en profitent le plus sont l'or et les matières premières, avec respectivement des pourcentages de hausse moyens de 73.9% et 44%.
Les bons du trésor US devraient pâtir d'une concurrence en provenance de la montée de ce taux, diminuant l'attrait de ces obligations émises à des taux très bas.
Ford - Carter - Reagan - Bush - Clinton - Bush - Obama : Bilan, les faits (en attendant Trump)
Dans un univers où la fausse information semble devenue monnaie courante, propagée même par les grands media et devant les nouvelles stars que ces même media arrivent à créer et faire aduler, il nous semblait utile d'aligner les bilans des 7 derniers présidents des Etats-Unis. Que des chiffres, que des faits.

Secteurs en retard, du rattrapage en vue
S’il est une théorie bien établie sur les marchés c’est bien celle qui prévoit que les distorsions de performance entre régions, entre classes d’actifs, ou entre secteurs d’activité se rééquilibrent tôt ou tard.
Imaginez un élastique entre vos doigts. Vous le tirez un peu, il va revenir à son état initial avec un petit rebond ; plus fort vous le pincez, plus grande sera sa progression pour revenir à son niveau de neutralité. Eh bien, en bourse, c’est la même chose. Plus un secteur d’activité sous-performe, plus sa propension de rebond sera forte à terme.
Les analyses de long terme (telles celle de M. Faber ) montrent que :
- Pour les secteurs d’activité en déclin 3 années consécutives, le rebond est de 60% sur les deux années qui suivent. Quatre années de déclin amènent un rebond de +91%. Cinq sous-performances annuelles consécutives = 138% de rebond.
- Pour les actions, 3 ans de rendement négatif entraînent une hausse de 59%, 4 ans sans succès induisent 80% de return, et 5 ans de vaches maigres se dénouent avec +105% de performance.

Fin 2015, nous trouvions un secteur en déshérence, affichant du négatif sur 5 années : les matières premières, or et charbon en tête.
Ces valeurs ont affiché des rendements extraordinaires en 2016. 2017 devrait poursuivre dans cette voie.

Qui détient la dette américaine ? La Chine n’est plus premier créancier
Il s’en passe des choses depuis l’élection du 45ème président américain, Donald Trump.
Sur base de la partie de son programme qui prône une relance de l’économie par les investissements publics, le taux des emprunts américains à 10 ans a doublé en 6 semaines. Il n’y a plus que l’Europe qui s’enlise dans les taux négatifs. Et les taux interbancaires qui y restent dans l’intérêt personnel du système financier.
La détention de la dette américaine se répartit maintenant à 1.12 trillion pour la Chine, 1’130’000’000'000 USD pour le Japon. C’est donc 10 milliards USD de plus pour le Japon.
Intéressant à plus d’un titre, la fin de cette hégémonie signale que la Chine vend ses actifs en dollars, pour tenter de faire diminuer l’impact de la très forte réévaluation du dollar face au yuan. Non pas parce que le yuan n’est pas compétitif – une baisse de leur devise entraîne un dynamisme des exportations – mais plutôt pour freiner l’exode des capitaux chinois. Rappelons que la Fed vient de se prononcer sur une hausse des taux ; c’est un deuxième facteur d’influence sur la hausse du dollar avec la reprise du carry trade.
Notons que les trois premiers détenteurs européens de cette dette américaine sont l’Irlande, la Suisse et le Luxembourg. On comprend en filigrane pourquoi ces pays sont systématiquement bien traités lorsqu’il s’agit de déterminer une liste des paradis fiscaux.
La maîtrise de son cash, liberté en sursis
L'on assiste ces dernières semaines à l'accélération d'un phénomène apparu il y a quelques années : la volonté par les autorités de cadastrer l'entièreté des dépenses de chaque citoyen, et de stabiliser ce qui peut encore l'être dans un système bancaire en pleine déliquescence. C'est une atteinte très importante à la liberté individuelle, et ceci nous préoccupe forcément. Nous ne sommes vraiment plus dans l'arrogance décriée de l'ultra-libéralisme, source prétendue de tous les maux de la société actuelle !
La BCE a commencé par évoquer le risque terroriste pour supprimer les grosses coupures en euros. La semaine dernière, le premier ministre indien a - aussi sous couvert de lutte contre la fraude - annoncé de manière fracassante la ...suppression immédiate des coupures de 500 et 1000 roupies..
L'Ukraine a annoncé la mise en place d'une monnaie entièrement digitalisée pour 2017, tandis que la Suède envisage ce porte-monnaie totalement virtualisé pour 2018.
La banque centrale chinoise a annoncé son intention, je cite," de supprimer le cash et remplacer le système monétaire actuel par un réseau de monnaie digitale".
La Banque d'Angleterre annonce aussi une réflexion sur ce sujet. L'Australie également.
Au secours donc. On se rend donc au distributeur le plus proche pour lutter contre cette privation de liberté A plus longue échéance on se questionne sur la manière la plus sûre de garder le contrôle de ses avoirs. Il ne faudrait pas se réveiller un lundi matin, jour des annonces, avec une monnaie gouvernementale dévaluable à l'envi.
Il y a le bitcoin, jeune monnaie libre qui suit un algorithme qui la rend non multipliable à l'infiini, mais qui subit encore des variations très importantes.
Il y a l'or et l'argent, bien sûr, en pièces ou lingots, qui ne devraient pas pâlir avec ce genre d'annonce augurant d"une sombre fin de vie pour les monnaies gouvernementales.
Et pour rappel, il faut s'assurer d'obtenir les numéros de lingots liés à un achat "papier". Car certaines banques commencent à ne pas vouloir rendre la contrepartie aurifère d'un certificat...
