marches financiers
Un point sur les indices
Un certain nombre de signaux étant donnés par les marchés à l’heure actuelle, il nous semble opportun de les noter pour surveiller une éventuelle nouvelle vague de baisse.
En premier lieu, nous constatons que les fameuses moyennes mobiles exponentielles à 13 et 34 jours viennent de se croiser à la baisse sur les indices européens, dont le Cac40.

Ce sont ces mêmes moyennes qui avaient laissé présager une embellie sur les marchés dès le début du mois de mars.
Par contre, la cassure ne s’est pas encore opérée sur les indices américains, Dow Jones et Nasdaq en tête. Une chute de ces indices en clôture pourrait signaler le début de cette coupure.


L’or, quant à lui, est en parfait équilibre, après sa hausse du mois de mai, hausse qui s’est à peine traduite sur les cours de l’or en euro, à cause de la dépréciation du dollar. Si une vague baissière débute sur les marchés, il devrait en profiter pour repartir à la hausse. A surveiller.
Le Vix, l’indice de volatilité des marchés, après s’être replié autour des 20, semble repartir à la hausse dans un mouvement qui rappelle vaguement celui du mois d’août 2008.
Ce graphe est intéressant car l’échelle du temps permet de montrer qu’en marché haussier (2003-07/2007), le Vix ne dépasse pas les 20, puis dans une période de doute des marchés (07/2007-09/2008), il se met à évoluer de manière plus nerveuse, entre 20 et 35, et en cas de crise, il s’affole et ne connaît plus de limite à la hausse.

Nous étions ces dernières semaines revenus à des niveaux très raisonnables, aux alentours de 23, alors que les autorités semblent soudainement prendre conscience de n’avoir pas encore évalué l’ensemble du risque financier, comme le signale le FMI dans cet articulet.
De même, le ratio bear/bull, qui met en relation les positions haussières et baissières prises par les acteurs de marché, faisait lui aussi montre d’une prédominance des haussiers (bulls) sur les marchés, et d’un retour de l’optimisme - bienvenu mais peut-être trop rapide – sur les marchés, avec près de 50% de haussiers pour 20% de baissiers, il y a quelques jours.

A suivre..
Revoilà les financières
Après une éclipse de plusieurs mois, les financières reviennent sur le devant de la scène.
L’on constate effectivement qu’après ce rally de printemps, leur pondération dans le S&P 500 les replace en seconde position derrière les technologiques, comme avant la crise, en 2008.
En témoigne ce tableau (cfr. bespoke) qui ventile le poids des secteurs dans l’indice :

Peut-on penser que les investisseurs ont la mémoire courte en les revalorisant à ce point rapidement ? Car Il serait quand même très utile de rappeler que les garanties d’Etat mises à disposition des banques se sont effectuées sans dilution de l’actionnariat, et donc des résultats jusqu’à présent. Tout investisseur en valeurs bancaires ne doit pas oublier que le jour où les Etats sortiront du capital de ces banques – cet actionnaire coûte très cher aux banques - la plupart des banques européennes devra faire appel au marché, qui se fera, lui, avec une dilution importante, puisqu’il y aura alors création de nouvelles actions représentatives du capital de ces établissements.
Le spread marché-conjoncture
La crise financière n’est pas encore achevée, lorsque l’on constate que le nombre de crédits hypothécaires à risque (subprime, Alt-A, et autres) ne commencera à se tarir que vers la mi-2011
Nous pourrions nous demander pourquoi alors le Baltic Dry Index, indicateur avancé de la conjoncture, dont nous avons déjà parlé, en est à son 31° jour de hausse consécutif…

D’une part nous avons donc de l’affrètement qui reprend de la vigueur, du transport maritime qui entretient l’espoir d’une reprise économique et d'un retour à une conjoncture favorable.
Et d’une autre part, nous avons la réalité économique, avec notamment :
§ General Motors en faillite, mais sans impact sur l’enthousiasme des marchés financiers ;
§ l’ONU qui revoit ses prévisions économiques mondiales à la baisse ;
§ Le taux de chômage en Europe qui s’établit à 9.2%. Notons les 18.1% de l’Espagne –le risque du pays n’est plus couvert par les assurances-crédits - ou la France qui s’octroie une hausse jamais vue de 1.1% en un trimestre pour s’établir à 8.7% ;
§ L’Europe au bord de la déflation, avec une inflation annoncée à 0.0% au mois de mai
- Un contraste certain aussi entre la valorisation du minerai de fer, à des sommets, tandis que les sociétés sidérurgiques, Mittal en tête, ne cessent de réduire leur capacité de production.
- Un USD en perdition, avec un effet mécanique de hausse de l’or et du pétrole. Avec des reprises d’OPA sur les pétrolières – toutes les matières premières sont devenu des alternatives à une monnaie faible - , notamment cette rumeur d’offre sur Dragon Oil, une des pétrolières les plus décotées eu égard à ses réserves, et qui avait déjà effectué une formidable performance boursière ces derniers mois.

Il ne faut donc probablement voir dans cette hausse du Baltic Dry Index qu’un faux signal de reprise, les entreprises ayant vécu jusque récemment sur leurs stocks, et se réapprovisionnant actuellement, probablement de manière prudente, pour obtenir des flux moins tendus, mais restant prudentes.
Le rebond boursier en cours risque néanmoins de se prolonger - comme mentionné dans un article précédent – quelques semaines encore. Les volumes de transactions sont en effet à la hausse depuis quelques semaines.
Les opérateurs qui ont raté le train de la hausse de mars vont probablement saisir l’opportunité qui se présente pour continuer à entrer prudemment dans un marché haussier technique. L’épaississement ou la diminution de ces volumes de transactions est à suivre.

Enfin, les EMA 13 et 34 sur le Cac40 ont montré un fléchissement la semaine dernière, mais un croisement à la baisse n’est pas encore détectable.
Pic historique pour le P/E ratio S&P500
Ce ration n'avait jamais historiquement aussi haut qu'il ne l'était à la mi-2007, et depuis il a réussi à perdre 90% de sa valeur, en se retrouvant au plus bas, dans une zone qui n'avait jamais été testée en 75 ans.

Mécaniquement, le rapport cours/bénéfice des actions composant cet indice est propulsé à des sommets jamais atteints : 120, alors que la borne haute moyenne historique se situe aux alentours de 25, la brone basse aux alentours de 7.
Il est utile de rappeler que lorsque ce ratio est élevé, l'on peut considérer que les actions sont chères.
retour à l'arbitrage
retour sur l'opération Club Med dont question dans un article précédent.
L'opération en trois phases permettait au cours de clôture de ce soir de sécuriser 8,59% en moins d'une journée via l'opération suivante (ou multiple de ces nombres) :
| vente à découvert de | 1000 | actions à | 10,25 | 10250 | ||
| achat de droits de souscription | 3000 | bons de soucription | 0,49 | -1470 | ||
| exercice de nouveaux droits de soucription | 1000 | 7,9 € | -7900 | |||
| bénéfice sécurisé | 880,00 | 8,59% | ||||
Il est fort possible que ce rendement soit encore amélioré au cours de la journée de demain. Il faudra suivre cela avec attention, tout en n'oubliant pas, dès l'achat des droits de soucription, de prévenir son courtier de son intention de participer à l'augmentation de capital, sans quoi les droits perdent toute valeur demain soir à la clôture.
Ceci confirme que les derniers jours des différentes augmentations de capital sont sources d'arbitrages rémunérateurs dans les circonstances actuelles.
Danone a annoncé également vouloir faire appel au marché dans les semaines qui viennent pour lever 3 Mia, soit 15% de son capital. Dès que les modalités seront connues nous referons le même exercice.
Ces opérations ne sont pas une incitation à acheter, et sont à faire valoir par un conseiller en placements..
EDF : emprunt obligataire
Effectivement, que EDF envisage de proposer un taux "compris entre 4 et 5% bruts pour une durée de 5 ans" selon les dires de son PDG Pierre Gadoneix, signifie que lors du tour de table, aucune de leurs banques ne leur a accordé un taux inférieur à 5%, alors même qu'elles sont toujours sous baxter en empruntant elles-mêmes à des taux très bas auprès de la BCE.
Les banques sont donc en train d'essayer de restaurer leurs marges en restreignant l'accès au crédit à leurs clients, et en n'injectant plus de liquide dans l'économie réelle, tandis que la BCE les a inondé de liquidités par un quantitative easing salvateur.
L'on pourrait presque en déduire que les banques, véritables moteurs de l'économie dans un passé pourtant proche, ont quitté ce rôle, le seul qui les rendait indispensables et utiles.
Elles se sont très rapidement transformées en simple véhicules d'investissements financés par l'Etat, et n'ont donc vraisemblablement plus de rôle vital dans l'économie contemporaine.
Car il est quasi-certain que les banques vont souscrire à ces emprunts obligataires, pour encore accentuer la rentabilité de leurs investissements sur fonds publics. C'est beaucoup plus rentable pour elles que de prendre le risque de financer la collectivité, comme elles le faisaient auparavant.
Business as usual..
Nombreuses sont les banques américaines sauvées de la banqueroute par le Trésor – donc le contribuable – qui piétinent d’impatience, comme en témoigne cet article , afin d’ être les premières à rembourser les injections massives de liquidités qui leur avait été octroyées en octobre dernier, dans le cadre du TARP (Troubled Assets Relief Program, plus communément appelé Plan Paulson).
A tel point qu’il est question de limiter les remboursements en créant plusieurs groupes de banques qui ne pourraient rembourser qu’à terme convenu. Le premier groupe serait ainsi constitué de Goldman Sachs, JP Morgan et American Express.
Ces banques veulent retrouver la liberté de rémunérer leur personnel sous forme de bonus et de rémunérations variables, interdit en principe tant qu’elles sont sous tutelle, et revenir sur le marché de la spéculation, officiellement bannie également, pour profiter des anomalies de marché qui sont pour elles source de profits importants.
Un grand retour en arrière, donc, et l’on retrouve les banques sous leur grand jour, maintenant qu’elles peuvent de nouveau annoncer des profits suite à l’assouplissement de la norme comptable FAS 157-e, qui leur permet de simuler une valeur pour des actifs qui n’en ont plus.
En Europe, l’on assiste à un jeu de chaises musicales.
Michel Tilmant, démis chez ING suite à la crise de la dette, serait transféré chez BNP-Paribas, en tant que représentant du gouvernement belge.
Axel Miller, forcé de quitter Dexia suite à sa mauvaise gestion de la crise, est propulsé partenaire chez Petercam
Jean-Paul Votron donne des conférences et prépare un livre en Anglais relatant sa vision de la crise..
Patrick Valroff passe de la direction des produits structurés du Crédit Agricole à la direction de Calyon.
Frédéric Oudéa, un énarque comme Daniel Bouton, prend la présidence de la Société Générale en plus de la direction générale.
Jean-Luc Dehaene – celui qui a taxé les Belges d’une prétendument provisoire contribution complémentaire de crise en 1994, toujours d’application aujourd’hui – obtient pour Dexia un emprunt spécial de 150 Mio de la BEI, deux organismes très marqués politiquement et négocie une augmentation pour le management
A voir tout ce microcosme s’agiter, se reclasser entre amis, et en lisant la presse, on serait tenté de croire que tout est rentré dans l’ordre et que la crise est finie.
Or, si l’on se rappelle que par exemple KBC avait annoncé il y a deux mois avoir fait toutes les dépréciations possibles sur ses actifs toxique, et qu’en conséquence plus aucune surprise n’était à attendre, force est de constater après l’annonce de la semaine dernière que ses actifs hors bilan sont encore nombreux et, peut-être le management de cette banque est-il incapable de les identifier exhaustivement. Sur le plan boursier, cette banque avait mis au point les années précédentes des programmes de rachat d’actions massifs dans le but de créer de la valeur pour l’actionnaire.
L’on voit aujourd’hui que l’idée largement répandue qu’un rachat d’actions est gage de bonne santé, doit être oubliée. Seules les sociétés qui proposent un rachat d’actions sous leur valeur comptable peuvent continuer à être suivies.
Un exemple d'arbitrage
La multiplicité des augmentations de capital avec décote impressionante que l'on voit actuellement fleurir pourrait être l'occasion, pour ceux qui peuvent profiter du mécanisme des ventes à découvert, de faire quelques opérations d'arbitrage en profitant d'anomalies de marché.
Il y a trois étapes à suivre :
1- vendre l'action ancienne quelques jours avant la fin de la période de soucription ;
2- acheter des droits de souscription en bourse le dernier jour de la période de souscription ;
3- les convertir en actions nouvelles le jour suivant
Deux exemple :
1- Faurecia, dont l'augmentation de capital de terminait lundi :
3 droits de soucription permettaient de souscrire à 8 actions nouvelles pour un prix de 7 eur chacune.
Sachant que le dernier jour de cotation, lundi 12 mai:
l'action ancienne valait 8.95 eur et
le droit de souscription 1.157 eur
En (i) vendant le 12 mai, 800 actions à 8.95 eur (7160 eur) ;
et (ii) achetant 300 droits le même jour (pour pouvoir bénéficier ultérieurement de 800 actions nouvelles) à 1.157 eur (-347,10 eur) ;
(iii) pour exercer les droits le 13 mai, premier jour d'exercice, en achetant 800 actions nouvelles à 7 eur (-5600 eur)
L'opération permettait de sécuriser un gain de 1.212,90 eur.
2- Club Med
L'augmentation de capital est en cours et se terminera le 28 mai prochain.
3 droits cotés donneront droit à une action nouvelle à 7.9 eur.
L'action cote à 9.455 eur, le droit à 0.502 eur.
Vendre 100 actions à 9.455 = 945.50
Acheter 300 droits à 0.502 = - 150.60
Convertir 300 droits en 100 actions le 29 mai = -790.00
Bénéfice actuel = 4.90 eur
Pour l'instant l'opération est donc neutre, mais il y a des chances que l'anomalie se crée le dernier jour de cotation du droit, le 28 mai. A suivre.
Tout ceci est à manier évidemment avec précaution, et sous surveillance d'un conseiller avisé.
Signal d'achat sur l'or
J'ai eu l'occasion de décrire la fiabilité des moyennes mobiles exponentielles il y a peu.
L'on a aujourd'hui dans le radar un passage de la EMA 13 (909,22) au-dessus de la 34 (905.66) sur l'once d'or, toujours précurseur d'une hausse.
Il n'est donc pas impossible que l'or aille tester se précédents records à 1000 USD/once dans les jours qui viennent.
Les trackers GBS et 1156N sont cotés en EUR sur Euronext, pour eux qui auront fait valider cette idée d'investissement amateur auprès de leur gestionnaire.
Le second est prétendu "quanto", donc couvert contre le risque de change.

L'argent montre la même volonté d'aller battre des records, avec une vélocité encore plus marquée, notamment pour des raisons expliquées précédemment.
La dette et le stress test
Au 31.12.2008, l'on peut donc constater que le plan de sauvetage des banques, à coups d'injection massive de liquidités, a induit un bond de la dette publique de 1550 Milliard de USD sur une seule année.

L' évolution au 31 mars 2009 doit tourner aux alentours de 1.700 Milliards, à confirmer dès la publication des prochaines statistiques.
Au vu de ce chiffre exorbitant, comment peut-on espérer que faire lever 75 Milliards de USD au système bancaire américain, soit seulement 4.4% de ce que les autorités y ont injecté, puisse suffire à résoudre tous les problèmes bancaires, et repartir sur des bases saines ?
A plus petite échelle, et à la lumière du récent rapport de l'agence de la dette belge (voir pages 8 et 9), on y apprend que le sauvetage des banques à coûté 20 milliards EUR à l'Etat belge, soit 6.1% du PIB sur la seule année 2008.
Est-il raisonnable d'imaginer que le même ratio de 4.4% sauvera les banques belges, et qu'elles ne devront lever que...880.000 eur de fonds ?

