marches financiers
Actions ou obligations d’entreprises ? Faut-il vraiment choisir ?
Par les temps qui courent, avec cette volatilité qui va et vient, faut-il investir maintenant dans les actions avec l'espoir que les bourses continuent à briller ? Ou plutôt viser un fonds obligataire tranquille mais qu’une remontée trop rapide des taux directeurs par la BCE pourrait mettre à mal ? Difficile en ce moment de faire un choix.
Pourquoi alors ne pas unir les deux possibilités, en achetant des obligations qui offrent un taux d’intérêt relativement faible, mais dont le potentiel d’appréciation se voit en finale, lorsqu’à l’échéance, ces obligations se transforment en actions ?
Les obligations convertibles sont en effet des obligations « corporate », donc émises par des sociétés privées (>< obligations d’Etat) qui donnent à leur possesseur l’option et non l’obligation de les convertir en un nombre spécifique d’actions de la société émettrice à un prix déterminé par avance.
Nous pensons que les conditions de marché actuelles sont idéales pour se constituer une ligne de ces produits. Leur acquéreur obtient en effet le potentiel d’une hausse à moyen terme des actions, tout en minimisant le risque de baisse, protection spécifique des obligations.
Il faut bien sûr avoir soin de choisir celles qui présentent le Delta le plus équilibré, c’est-à dire celles qui, comme les obligations convertibles dites « mixtes » (delta entre 30 et 70%) qui sont les plus recherchées, car elles permettent de profiter en moyenne de 2/3 de la hausse des actions et ne subir qu’1/3 de leur baisse.
Historiquement, nous pouvons constater qu’un investissement en obligations convertibles (indice Jefferies Active Convertible Global, représenté en bleu) était opportun, puisque ce parachute obligataire a permis tant de suivre la phase haussière 2003-2007 que de limiter la baisse encaissée par les marchés actions (en rouge) lors de la séquence baissière entamée à la mi-2008.
Le G20 de Pittsburg, les mesures artificielles et le spectre du W
Le G20, réuni le week-end dernier à Pittsburg a entendu les appels du marché, et a donc déclaré en conclusion de cette réunion qu’il « éviterait tout retrait prématuré des plans de relance ».
La masse d’argent déversée sur les marchés ne risque donc pas de se tarir dans l’immédiat. Les aides d’Etat, qui donnent des béquilles au marché, vont continuer à abonder et donner une impression de retour à la consommation – qui est pourtant en panne – grâce à certains mécanismes superficiels, comme la prime à la casse. Dès lundi d’ailleurs, la Grande-Bretagne, pour satisfaire aux exigences de ce G20, a annoncé étendre sa prime à la casse à 100.000 véhicules supplémentaires.
Comme en témoignent ces graphiques, nous pouvons constater que, depuis le lancement des plans de relance :
1- Les aides d’état n’ont pas été utilisées par les banques pour financer des projets entrepreneuriaux

2- que ces mêmes aides n’ont pas été ristournées aux crédits des particuliers, touchés de plein fouet par le chômage et tentant au plus vite de faire du deleveraging, soit de liquider leurs emprunts existants au plus vite

3- mais que la planche à billet tourne toujours excessivement vite
Tout ceci nous incite à croire que les moyens financiers mis à disposition des banques ne sont donc pas prêtés aux acteurs économiques, mais injectés dans les marchés financiers, qu’ils jugent probablement moins risqués. La prochaine bulle devrait être occupée à gonfler.
Notons également la publication hier soir d’un indice PMI de Chicago à 46.1, en retrait significatif par rapport aux attentes (52). Un PMI en-dessous de 50 a toujours signifié une entrée en récession. La deuxième jambe baissière du W est-elle en train de se former ?
Dow/Gold ratio
Il est parfois utile de comparer un indice – négociable en monnaie, duplicable à l’infini – à l’once d’or, dont la quantité est exhaustive et ne peut pas être créée artificiellement.
Le graphique ci-dessus montre la quantité d’onces nécessaires à « l’achat » du Dow Jones. En 1999, lors de son sommet historique, le Dow Jones valait 44.8 onces d’or. Aujourd’hui, ce ratio est revenu à 9.7, l’or s’étant considérablement apprécié tandis que le Dow Jones a piqué du nez.
Il est intéressant de voir que cette tendance à la baisse, prise sur la base du Dow/Gold ratio a tendance à s’accélérer.
D’une autre manière, l’on peut considérer que nous sommes peut-être arrivé à un sommet sur les marchés puisque d’une part les volumes de transactions se sont considérablement asséchés ces dernières semaines, ce qui est préoccupant quant à la solidité du marché haussier

Et le Cac 40 est en train de former un « double top », signe qui – en règle générale – prévient une tendance baissière. Reste à vérifier si c'est une correction qui ne va nous ramener qu'aux alentours de 3.700 points ou une baisse d'envergure qui si elle ramène le Cac40 à 3500 points, inverserait les tendances des EMA 13 et 34 en déclenchant un rally baissier. Ce que je pense, en simple amateur.

Notons enfin que Total, la valeur pétrolière par excellence, a tenté les 10 derniers mois par sept fois déjà de s'affranchir de la barre des 42 eur, sans y parvenir. C'est un signe que la reprise n'est pas là, Total étant en amont du cycle de reprise économique. Je pense d'ailleurs que le pétrole devrait refluer vers les 50 USD et rester faiblard jusqu'à la mi-2010.

Enfin, rappelons l'annonce de licenciements faite par Mittal, elle aussi très en amont du cycle et qui la première donne le signe de l'état conjoncturel.
5 banques représentent 40% du volume du Dow Jones
En général, une hausse des volumes dans un marché haussier peut témoigner d’une reprise des marchés.
A étudier l’évolution du Dow Jones depuis la mi-août, nous pourrions nous dire que les volumes sont dans une tendance stable, pas trop baissière.
Mais il est nécessaire d’isoler les volumes de cinq actions ayant bénéficié au cours des mois derniers d’un transfert de richesses massif venant de l’Etat au détriment du contribuable (et des générations futures) : Fannie Mae, Freddie Mac, Citigroup, AIG et Bank of America.
Ces cinq actions représentent pas moins de 40% du volume des transactions effectuées sur le Dow Jones !
Ces actions qui ont grimpé de plusieurs centaines de pourcents les mois derniers grâce à cette aide d’Etat, profitent d’une folie spéculative, qui n’est pas en soi un signe de reprise durable.
Par exemple il s'est échangé 479 Mio USD vendredi dernier sur le titre Citigroup, tandis que le Dow Jones peinait à atteindre le Milliard.
L'on voit aussi très bien sur le graphique suivant que depuis le début de la crise, les volumes moyens hebdomadaires sur ce titre ont plus que décuplé, passant de 200 Mio à 3.34 Mia USD d'échanges hebdomadaires, en notant au passage les 8 Mia USD échangés sur la première semaine du mois d'août.
Et la moyenne d'échange, indiquée par la ligne rouge sur les volumes continue d'augmenter.
En retirant le volume de ces actions du volume total des transactions, il est donc clair que nous constatons une baisse significative du volume sur le Dow Jones.
D’un autre côté, il ne faut perdre de vue que, même si elles sont moins médiatisées, les faillites bancaires continuent, avec trois de plus vendredi dernier :
1. La Corus Bank de Chicago, qui représente, avec 7 milliards de dollars d'actifs, la quatrième plus grosse faillite bancaire de l'année.
2. la Brickwell Community Bank, basée à Woodbury qui avait 72 millions de dollars d'actifs
3. La Venture Bank à Washington, avec 970 millions de dollars d’actifs
La disparition de ces banques porte à 92 le nombre de faillites bancaires depuis le début de l'année, et 159 depuis le début de la crise du crédit, comme en témoigne ce site
Ecart cours actuel - plus haut sur un an
Selon le technicien P. Paillole, l’on pourrait identifier les périodes de croissance des indices boursiers en ajoutant un critère de recherche à nos études : l’écart entre les cours actuels et le plus haut sur une période d’un an.
En mettant ceci sur un graphe, l’on peut considérer qu’une hausse durable des indices est à chaque fois initiée lorsque l’indicateur évolue entre 0% et -12% ; en-deçà de -12%, il est nécessaire de rester prudent.
Nous sommes à -20% pour le moment, il n’est donc pas encore acquis, selon ce modèle – à ne pas considérer seul – que la hausse actuelle des marchés puisse être pérenne.
L'or, précurseur ?
Cette semaine, on assiste à une belle envolée de l’once d’or : +40$ en 2jours.
La configuration reste haussière, signalée précédemment par un croisement à la hausse des MME13 et 34.
Cette hausse semble isolée, car (i) le pétrole est en stagnation, voire en faible reflux (ii) le USD ne s’est pas apprécié par rapport à l’EUR, et (iii) les marchés boursiers n’ont pas significativement décroché
L’on pourrait donc en conclure que, et c’est visible sur ce graphique, l’once d’or fait l’objet d’achats massifs par des acteurs importants lors de tout accès de faiblesse. L’on constate d’ailleurs que l’amplitude de ces moments de faiblesse se fait de moins en moins forte.

Peut-être l’or est-il devenu un signal précurseur d’une faiblesse des marchés ?
Le dollar en déclin est devenu le meilleur choix de carry trade
Le Yen n’est depuis lundi dernier plus la valeur préférée des « carry traders ». Il est en effet devenu plus intéressant de s’endetter en USD, puisqu’il coûte moins cher que le JPY en termes de coût d’endettement.
Le Libor à 3 mois sur le USD est descendu à un minimum historique (0.36%), tandis que le spread sur le JPY, à -33 points de base est le plus élevé depuis mai 1993.
(graphique : thefinancials.com)
A ce niveau, les investisseurs pourraient être tentés de contracter des prêts en USD et les convertir en monnaie qui leur offriraient un rendement supérieur, par exemple en EUR où le rendement du cash est rémunéré à 1%.
Si ce scénario est suivi, l’EUR devrait se renforcer encore, tandis que l’USD, déjà sanctionné, n’aurait plus l’occasion de s’apprécier.
Transformé en monnaie de carry trade de premier choix, comme le fut le JPY pendant 16 ans, jusqu’à la semaine dernière, le billet vert risque en outre de perdre son statut de monnaie refuge – qui était déjà mis à mal ces derniers temps – avec comme conséquence une diminution de son poids dans les réserves mondiales de devises.
Il faudra donc suivre l’évolution du spread USD/JPY dans les jours qui suivent, afin de vérifier que cette baisse n’est pas temporaire.
Allocation actions : retour gagnant
Ce qui est peut-être logique du point de vue psycholique, la hausse des marchés encourageant les acheteurs à se précipiter, entraînant une nouvelle vague de hausse, etc, mais qui, au vu de ce que nous avons passé en revue précédemment devrait inévitablement amener les marchés à une correction.
Le graphe est éloquent :

Cette migration se fait au détriment des positions de trésorerie pure, en cash.

Quant aux obligations, elles n'affichent pas de tendance très claire - signalons que les obligations d'Etat et privées ne sont pas séparées dans ces statistiques

Retour en 1938 ?
Les crises comme nous les connaissons se caractérisent par un marché globalement baissier et des rebonds techniques multiples au cours de cette baisse.
L’on pourrait être tenté de voir quelques similitudes entre les graphe du Dow Jones présenté ci-dessous, et la situation actuelle des marchés :
- Un premier élan baissier très rapide (similaire à la période octobre 2008 –janvier 2009 );
- Un rebond puissant, comme celui de mars 2009 ;
- Une petite (et saine) correction (mi-août ?)
- Un nouveau plus haut (octobre ?)
- Qui serait violemment corrigé par après (novembre à mars ?)
- Avant de retourner au Nord pour former un double top, préfigurant la continuation du marché baissier sur les 36 mois suivants.
Décidément, il ne fait pas bon garder ses positions (« buy and hold ») sur du long terme dans des conditions pareilles, et les meilleurs gérants sont ceux qui exploiteront ce timing de manière optimale.
Voici le graphe du S&P 500 sur les derniers mois, à suivre donc.
JPY/EUR, une parité à suivre ?
Le Japon ayant maintenu ses taux à niveau 0 pendant presque 20 ans, tandis que les autres banques centrales augmentaient leur taux au fur et à mesure que l”économie s’améliorait, une sorte d’arbitrage s’est développée et accentuée au cours du temps, le couramment appelé "Carry Trade".
L’investisseur empruntait en Yen – moyennant un taux d’intérêt très bas – et replaçait cet argent dans un marché ou une économie plus attrayante en termes de rémunération, aux USA ou en Europe par exemple. Le différentiel de taux suffisait à offrir un rendement supérieur.
En conséquence de quoi la paire de devises JPY/EUR n’a cessé de refléter cette pression d'emprunt sur le JPY, à un tel point que l’on peut aujourd’hui compter sur cet indicateur pour figurer comme baromètre de l’aversion au risque du marché, et prévoir ses retournements.
En observant le graphique présenté ci-dessous, nous pouvons effectivement constater que le retournement très significatif de la parité EUR/JPY du mois d'août 2008 s’est effectué deux mois avant le retournement des marchés, anticipant cette baisse qui avait eu lieu début octobre.

Alors, que peut-on dire en observant cette parité aujourd’hui ? Apparemment, le renforcement de l’Euro par rapport au Yen indique une tendance à la hausse des marchés. Pas de "coup de pompe" en vue, apparemment.


