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Restructuration de la dette, phase I ?

30 Mai 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat

 

 Toujours plus rapides dans la fuite en avant, les autorités vont-elles décrocher dans le prochain virage ?  Depuis la semaine dernière, l’on entend enfin certaines langues officielles se délier : pour éviter un énième plan de refinancement, une sortie de la Grèce de la zone Euro serait sur la table, l’Espagne étudie aussi l’impact positif sur sa croissance qui résulterait de ce scenario de sortie.

Au grand dam des détenteurs d’obligations souveraines, des états eux-mêmes, et de la BCE, centrifugeuse du dernier recours, aspirant tous les risques liés aux actifs toxiques qui restent en circulation.

 

Sur ce dernier point l’on peut même se demander sous quelle forme ou par quelle manœuvre elle va s’interposer dans le rachat des actifs structurés que Dexia, n’en pouvant plus de déprécier depuis 9 trimestres, va mettre en vente.

La BCE va-t-elle procéder à une autre augmentation de capital pour ne pas se trouver en état de faillite ? Comment sera réappréciée la part de chaque pays membre dans la structure actionnariale de cette banque centrale – et donc son obligation de pallier aux dépenses de celle-ci -  après le départ de certains pays ?

 

L’historique de ce scénario de sortie de certains états d’une zone monétaire unique est même étudié par le FMI, qui cherche à connaître ses conséquences sur la stabilité de la zone monétaire, et donc n’exclut manifestement pas ce scenario non plus.  

 

Nous parlons de cette hypothèse – et sa racine carrée, une sortie de l’Allemagne, car elle seule serait à même de créer une néo-devise en gardant la confiance des créanciers – depuis quelques temps déjà, comme la seule manière de « nettoyer », de vraiment se débarrasser de ces actifs ingérables tant leur risque, au départ identifiable, a été démultiplié et réparti dans une ensemble de produits financiers est devenu intangible. L’assainissement de tout portefeuille passe inévitablement par une liquidation des actifs à risque.

 

L’écart de prime sur les Credit Default Swaps (CDS), ces contrats d’assurance qui permettent de se prémunir de la faillite d’un état dans les 5 ans, est mirobolant pour les deux premiers pays à quitter la zone. Nous notons aussi que l’Irlande est au même niveau que l’Espagne, et viendrait compléter le trio.

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Plafond d’endettement atteint, défaut des USA ?

16 Mai 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

 La semaine va probablement être occupée par la paralysie du FMI, décapité ce week-end par l’affaire de mœurs dont tout le monde a maintenant entendu parler, et qui postposera vraisemblablement l’application des plans d’aide aux pays européens étouffés par le coût de leur dette, avec une pression probable sur l’euro.

 

C’est pourtant aujourd’hui que le plafond maximal de la dette américaine sera atteint. On peut même y assister en direct ici.

 

Les finances américaines ne peuvent en effet pas dépasser la limite de 1'429 Mia USD fixée par le Congrès. Faute d’accord entre républicains et démocrates, ce plafond – qui a déjà été relevé 74 fois en 50 ans ! - ne sera pas rehaussé, mais des mesures d’urgence – comprenez un nouveau dépassement qui serait excusé par amendement – peuvent être prises d’ici au 2 août prochain. Un nouvel épisode dans la fuite en avant, se mettra donc provisoirement en place.

L'on sait aussi que le plan de 4 Mia USD d'économie sur 12 ans présenté par le Président Obama - qu'il réserve probablement à ses successeurs, lui-même étant prodigue -  ne sera pas suffisant et s'oppose à un plan de rigueur républicain de 6 Mia sur 10 ans

 

Third Way, un « think tank » démocrate sortira aujourd’hui un rapport sur les conséquences d’une restructuration de la dette américaine. L’on peut déjà trouver un résumé de ce rapport ici.

Il y est question d’un jeu de domino : une augmentation de 5 points de base (0.5%) de la dette américaine ferait perdre 756 Mia USD aux marchés en 3 mois, entraînerait 640'000 pertes d’emploi supplémentaires, coûterait quelques dixièmes de pourcent du PIB, condamnant une économie américaine encore convalescente à un retour aux soins intensifs, en récession profonde.

 

Surtout, cette restructuration de dette – une première pour les Etats-Unis - entraînerait une méfiance généralisée des épargnants envers les bons d’état américains, s’en détournant (enfin) totalement, et entraînant le USD dans une spirale de baisse.

 

Qui du dollar ou de l’euro sera le plus faible ?  

  

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Raffaele Bendandi et le timing parfait

12 Mai 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat

Hier, 11 mai 2011, Rome aurait dû être secouée par un tremblement de terre, selon Raffaele Bendani, qui l’avait prédit en 1912.

Le tremblement de terre a bien eu lieu, mais dans le Sud Est de l’Espagne, près de Murcia, dans le même alignement et à seulement 800km à vol d’oiseau de Rome...Peut-être una approximation de  cosinus ou une tangente imprécise.

 

Cet homme, né en 1893, et mort en 1979 avait élaboré une théorie sur la cause et l’origine des séismes.

Il soutenait le rôle de la Lune et des autres planètes, comme le Soleil, dans l’attraction de la croûte terrestre, en induisant entre elles des mouvements similaires à la masse d’eau des océans.

Sa théorie avait déjà pu être vérifiée lorsqu’il avait prédit un tremblement de terre à Marsica en octobre 1914, lequel se vérifia … le 13 janvier 1915.

Fin novembre 1923, il prévoit un prochain séisme dans les Marches. Et la Terre y tremble le 2 janvier 1924.

 

Depuis lors, il est perçu par la communauté soit comme un grand scientifique et visionnaire incompris soit comme simple un oiseau de mauvais augure qui aurait eu de la chance.

 

Sa prochaine prédiction est un tremblement de terre de grande ampleur au centre de l’Italie vers le 5 avril 2012, avec de multiples répliques sur le globe terrestre.

Et c’est ici que nous retombons dans le domaine économique. Et si la date de cette apocalypse annoncée correspondait au défaut de la Grèce ou du Portugal ? Enfin, l’on aurait l’assurance et la certitude de pouvoir à nouveau rentrer sur des marchés assainis, avec un timing précis. Ah, si Bendandi avait eu un frère économiste…

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Les USA, toujours notés AAA ?

6 Mai 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

 

Moody’s, une des agences de notation chargée de juger - théoriquement en toute neutralité -de la qualité des dettes souveraines, a récemment confirmé la plus haute qualité (AAA) du papier obligataire américain,  jugeant sa situation économique stable, et arguant du fait que les USA se portent mieux que d’autres pays notés AAA.

La sensibilité de ce pays à la dette est visiblement une nouvelle fois écartée. Il y a probablement quelque chose qui nous échappe car le degré d’endettement est une mesure de confiance capitale lorsque se pose le choix d'un investissement dans une société du secteur privé.

Les Etats-Unis ont mis près de 200 ans pour passer le cap du premier "billion" ou trilliard de dette.  C’était en 1980, sous la présidence de Ronald Reagan, père de l’effet de levier et de la recherche de la croissance par endettement.

Les successeurs de Reagan ont pris le pli et enclenché la vitesse supérieure, si bien que de nos jours, il ne faut plus attendre 2 siècles pour que les Etats-Unis ajoutent 1 trilliard (1'000 Milliards ou 1'000'000'000'000 USD) supplémentaire à leur dette publique.  

Le Président Obama a eu besoin de seulement 7 mois de présidence pour accroître la dette publique de ce montant, et le solde de son compte de dette après 3 ans de mandat s’élève à 3.6 trilliards USD. Si bien qu’aujourd’hui,  la dette américaine se monte à près de 14 trilliards USD, et s'approche de 100% du PIB.

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Pourtant tout le programme de Barack Obama, qu’il répète à l’envi, s’articule autour d’une modération des dépenses, une contraction des frais de fonctionnement, etc. Probablement sans le comprendre, certainement sans marge de manœuvre ni volonté de l’appliquer.

Parce qu’il ne faut pas oublier qu’aux USA, la réserve fédérale imprime, sans compter ses heures, les nouveaux billets qui rachètent directement la dette créée par les besoins de cette dérive. La Fed  a dans ses livres 40% de cette nouvelle dette.  Sans devoir se soucier d’une faillite.

Voilà qui donne de l’eau au moulin à notre théorie de la mise en échec du pouvoir politique dans un monde dominé par l’économique. Et de cette fuite en avant, cette « politique-réalité » à laquelle on assiste – en Europe aussi d’ailleurs -  pour essayer de se garder un rôle médiatisé, à défaut d’importance. 


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