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Quel serait le vrai taux d'inflation ?

25 Octobre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

 

Nous avions déjà abordé le sujet précédemment, en analysant que, pour des raisons politiques et psychologiques, la méthode de calcul de l’inflation a fortement changé au cours des 40 dernières années. L'on remarque en effet que, progressivement, les secteurs les plus sensibles à l’inflation ont systématiquement été retirés du panier constitutif du calcul de l’inflation, au profit de produits déflationnistes - qui perdent de la valeur au fur et à mesure que le temps avance –,la composante high-tech de ce panier notamment.

Aujourd’hui, il est en effet absurde de constater que l’inflation ne tient plus du tout compte des dépenses de nourriture et des achats de produits pétroliers, alors que dans la société actuelle, il s’agit probablement des dépenses les plus courantes.  

Sur base de ce constat, l’on doit donc se rendre compte que le calcul officiel de l’inflation s’empêchera de retrouver les 15% ou 18% d’inflation enregistrés dans les années 70 et 80.

Sitôt que l’inflation fera mine de s’installer durablement, les composantes du panier de calcul de l’inflation dont les prix baissent ou stagnent vont voir leur part grandir au sein de cet échantillon.

C’est d’autre part pour cela qu’il est illusoire d’investir dans des produits bancaires purs qui jouent sur le retour de l’inflation, car ils se basent tous sur les chiffres officiels de l’inflation.

 

Alors y a-t-il moyen d’avoir une idée de l’inflation réelle ?

Si nous prenons par exemple les chiffres du budget américain, nous pouvons noter que :

(i)                  les dépenses qui s’élèvent à 3'500 Mia USD (soit 3’500+12 zéros) n’ont en compensation que

(ii)                des recettes pour 2'000 Mia USD

 

Le déficit courant s’élève donc à (1'500 Mia) USD

Ce déficit est compensé par une création de monnaie (le quantitative easing, dont la Fed nous annonce une version 2) ou le lancement d’emprunts obligataires pour un montant équivalent, afin de pouvoir – par cette constante politique de fuite en avant – régler ce qui est dû immédiatement en contractant une dette à rembourser dans un délai plus long.  

Mettons maintenant en parallèle ce déficit de 1'500 Mia USD à la totalité de la monnaie en circulation, la M3 (la mesure la plus complète de la monnaie en circulation, et qui a aussi curieusement cessé de figurer dans les chiffres officiels depuis 2006), qui s’élève à plus ou moins 14’000 Mia USD actuellement, et nous avons notre chiffre d’inflation « idéal » à l’heure actuelle, celui qui permettrait de réduire le déficit à 0.00 USD. Il s’élève à 10.7%.

 

Loin des 2 % sur lesquels les banques centrales essaient de communiquer.

 

 

 

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