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Articles récents

Le prix des matières premières à un plancher

17 Février 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

Nous avons déjà pu constater sur ce blog qu’en cette période de turbulence et d’impression de monnaie à outrance, l’or a repris sa valeur d’actif réel et très tangible, qui explique d’ailleurs en grande partie sa revalorisation et l’absence de bulle sur cette ressource.

Si le prix des matières premières s’apprécie rapidement en monnaie-papier, et fait d’ailleurs peur au monde politico-économique qui voit étouffer le retour de la consommation et donc de la croissance  qui lui est nécessaire pour poursuivre sa fuite en avant, e prix des matières premières converti en once d’or nous montre que ces actifs n’ont jamais été aussi bon marché..

Sur le marché des commodités, 1000 bushels d’avoine, par exemple, qui s’échangeaient pour 50 onces d’or au début du 20ème siècle, et jamais moins de 20 jusqu’à la fin des années ’70, ne coûte aujourd’hui plus que le prix d’un peu plus de 6 onces, soit  une once d’or pour 159 bushels d’avoine.

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Le vrai message qui se  cache derrière le discours des matières premières qui  flambent est en fait que la pléthore de monnaie artificielle a mécaniquement contribué à gonfler le numérateur d’un équation dans laquelle le dénominateur, la valeur de l’argent, ne cesse de se distendre.

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Pourquoi préférer les « small caps » aux grandes entreprises cotées ?

14 Février 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat

 Ce n’est un secret pour personne, je préfère les petites capitalisations, de préférence décotée sur leurs fonds propres et présentant un bilan sain.

Ce graphique, qui compare le Dow Jones au PIB américain (en Mia USD), nous montre clairement que les grosses entreprises qui composent l’indice américain sous-performent systématiquement le PIB, et  donc ne profitent jamais « à plein » de la création de richesse induite par la croissance du PIB.

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Et il est probablement vrai qu’une très grosse entreprise, mature et plus statique, consolidant la plupart du temps ses parts de marché, ne profite pas de l’essor économique comme le fait une PME qui croît en se développant et trouvant des marchés à conquérir, au premier rang de cette création de richesses.

Exprimé en USD constants, cette comparaison nous indique encore que lorsque le Dow Jones a le malheur de croître plus vite que l’accroissement de la richesse intérieure, une correction importante se produite, initiatrice de récession.    

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Dans une optique de long terme, il faut donc toujours à mon sens privilégier un investissement en « small caps », en veillant à bien diversifier ses positions pour minimiser le risque d’investissement.

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N'investir que le premier jour et du mois et surperformer les indices ?

7 Février 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

 

 

Voici le tableau des performances du Dow Jones le premier jour de chaque mois, depuis septembre 1997. Outre les statistiques, qui encouragent plutôt à un investissement dans la période qui va du mois d'avril à juillet, il est interpellant de remarquer que la performance du premier jour du mois surperforme le Dow Jones dans son ensemble.

 

Le Dow Jones, à 7'945 le 30 septembre 2007, s'affiche aujourd'hui 12'092, soit une progression de 4'147 ponts. La performance cumulée du premier jour du mois s'élève à 6071 points, soit 46% de plus.

 

En d’autres termes, la personne qui achète systématiquement, et surtout très basiquement, un tracker sur l’indice Dow Jones à la clôture du dernier jour de chaque mois, et qui le revend à la clôture du premier jour du mois suivant, se limitant donc à conserver sa position moins de 24 heures par mois, surperforme l’indice sur le long terme.

Ceci peut encore convaincre que la stratégie du buy and hold, qui consiste à acheter et ne jamais se défaire de ses actions, n’est pas toujours une stratégie performante, comme vu précédemment.

 

Reste maintenant à déterminer si la performance d’un hypothétique « fonds premier jour du mois »ne serait pas fortement pénalisé par les frais de courtage.  

 

 

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Révolutions émergentes et risque pétrolier

2 Février 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Macro-économie

Après les peuples de Tunisie et l'Egypte, très sensibles au foyer d'inflation sur les matières premières, d'autres pays producteurs vont-ils contribuer à la tension perceptible sur les cours du pétrole ?  

 

Voici un aperçu des plus gros producteurs et si, ni l'Egypte (28ème producteur avec 662'000 barils/jour) ni la Tunisie (55ème et 86'210 b/j) ne menacent vraiment l'équilibre du monde pétrolier, il n'en est pas de même pour les pays limitrophes, aux mêmes caractéristiques (régimes politique "de fer").

 

En effet si l'Algérie, la Libye, et plus loin peut-être même les Emirats Arabes Unis venaient à connaître les mêmes protestations, c'est plus de 8% de la production mondiale qui viendrait à manquer.

 

Pour l'anecdote, saviez-vous que la Belgique produisait presque 9'000 barils/jour ?

 

 

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Inversion de courbe des taux du Shibor ; la Chine entre-elle en récession ?

27 Janvier 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat

Que se passe-t-il sur les marchés chinois ? En deux semaines, l’on a assisté à un formidable retournement de la courbe du Shibor, l’équivalent asiatique de notre Euribor qui détermine le taux auquel les banques se prêtent leur argent. En début d’année, cette courbe affichait un profil classique (durée courte = risque moindre= taux bas, et inversément)

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Jugez-en vous-même : un montant prêté entre banques pour une nuit était rémunéré à 1.9157% le 13 janvier dernier, ce taux est à présent passé à …7,7608% !

Les prêts à 1 semaine sont passés de 2.30 à 7.8725%, mais pendant ce temps, les prêts interbancaires à 6 mois, 9 mois ou un an ne se rémunèrent qu’à moins de 4%..

Nous assistons probablement à ce que l’on commencé à vivre en 2007 plus à l’Ouest : une défiance massive des banques chinoises les unes envers les autres, qui veulent d’énormes garanties en contrepartie de leur cash qu’elles ont peur de voir se volatiliser au cas où il se confirme que la bulle immobilière chinoise est encore plus importante que celle des subprimes américains.

Plus généralement, une inversion de courbe des taux est l'annonciatrice garantie d’une entrée en récession profonde dans les 4 à 6 trimestres qui suivent. Ce sera une première expérience pour le nouvel axe du monde..

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Plus hauts sur les marchés ; un point de surchauffe ?

26 Janvier 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

 

 

Quelques signes avant-coureurs d'une baisse ont surgi récemment sur les marchés financiers :

 

L’or, tout d’abord, revient se poser sur sa MME à 7 jours, ce qui devrait l’inciter à s'appuyer sur ce point bas avant de rebondir ; or quand l’once d’or progresse, les marchés financiers s’affaissent.

 

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Le VIX, ensuite. Cet indice qui prend la température des intervenants, qui se trouve au plus bas lorsque l’optimisme est à son comble sur les marchés, vient de rebondir sur sa bande de Bollinger inférieure. Nous avions vu précédemment que ce genre de figure anticipe un retour du VIX vers le haut, entrainant à la baisse les marchés financiers.  

 

 

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Enfin le ratio Dow Jones/or, indicateur très simple qui permet de savoir à combien d’onces d’or se « monnaie » le Dow Jones – près de 9 actuellement - nous fait une figure assez particulière sur le dernier mois, probablement trop rapide et trop haute.

 

 

 

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Rappelons aussi qu’en-dessous de 3, ce ratio indique une opportunité d’achat sur les actions, ce qui fut le cas au début des années 80, anticipant les 20 années de hausse qui ont suivi, avant l’explosion et l’entrée dans notre hiver actuel.

 

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Pétrole : résistance majeure

17 Janvier 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Economie

Nous voyons ici que la trajectoire de hausse du pétrole qui avait mené les prix du baril à des sommets en 2008, en étroite corrélation avec la hausse des marchés financiers, avant de plonger avec l'éclatement de la bulle du crédit, remonte à présent et se heurte au bas du précédent canal. Il s'agit d'un résistance majeure, et le prix d'un "gallon" (3.785 litres) ne se maintient jamais très longtemps au-dessus des 3 USD.

 

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Du côté du "spread", de l'écart de cours, entre le WTI américain et le brent de la mer du Nord, qui est de presque 9 USD actuellement, l'histoire nous apprend que cette différence entre les deux principales valeurs du marché pétrolier ne se maintient jamais très longtemps et que ce gap devrait se réduire pour rejoindre le moins élevé des 2 cours.

 

Il est enfin important de signaler que c'est généralement le moment choisi par les sociétés extractrices pour réduire leurs stocks de brut de manière significative, car il est évident que c'est le moment idéal pour elles de valoriser et concrétiser leurs marges en transférant un maximum de stock vers des entreprises qui utilisent le même pétrole pour fabriquer leurs produits finis.

Nous vérifierons si dans les mois qui viennent, le brent (100 USD) reviendra effectivement plus près du cours du WTI (90 USD), et si les sociétés pétrolières "en amont" (extractrices) surperformeront bien celles qui sont plus en aval (distributrices).

 

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Une bonne résolution : acheter de l’USD en regardant l'UUP

10 Janvier 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat Publié dans #Marchés financiers

Ce graphique compare l’évolution du tracker UUP (en rouge) - dont les performances traduisent, par la quantité de haussiers sur le dollar, la force relative du USD contre les autres principales devises (EUR, JPY , GBP, CAD, SKR et CHF) en mettant en relation le nombre de « long » et « short » - au S&P 500, et donc aux marchés actions en général (en noir).

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L’on peut remarquer que ce graphe confirme le sentiment général qui pressent que les places boursières vont dans le sens opposé de l’évolution du dollar (ou dans la même direction que l’euro), et que ce tracker serait donc un très bon indicateur contrarien de l’évolution des marchés, les deux courbes ayant tendance à s'écarter fortement, puis se rejoindre.

Les acheteurs de USD ont repris le dessus depuis le mois de novembre dernier, et à raison : l’inflation, arrivée au travers de la hausse des prix des importations en provenance des pays émergents, devrait faire monter le cours des obligations, déclencher une remontée des taux de la Fed, et mécaniquement provoquer un retour  des acheteurs de devises les convertissant en USD pour rémunérer leurs liquidités à un meilleur taux.

Cela se traduit d’ailleurs déjà par un taux des emprunts US à 10 ans, qui est passé de 1.5% en novembre dernier à 2.625% aujourd'hui.

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Effet domino, ou quel pays détient la dette de quel autre en Europe ?

2 Janvier 2011 , Rédigé par jean-christophe duplat

 

Quel pays doit combien à quel autre ?

 

Ce graphique, qui met à jour le tableau précédent, est évocateur et permet de comprendre pourquoi la France et l'Allemagne, premiers créanciers des PIGS et principalement de l'Espage et l'Italie, ont un attachement particulier à voir le FMI intervenir et leur venir en aide au lieu de trouver "une solution concertée" sur l'abandon de dettes de ces pays..

 

Une faillite d'un état - la solution pourtant la plus simple pour résoudre notre étouffement par la dette - ne sera pas envisagée ; il est donc probable qu'à mi-course de cette fuite en avant, certains états ne fassent que rééchelonner une partie mineure de leur dette, en l'apportant à la BCE qui la transformera via une maturité plus longue, laissant croire à l'opinion publique avoir trouvé la panacée.

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10 prévisions pour 2011

31 Décembre 2010 , Rédigé par jean-christophe duplat

Meilleurs vœux à tous !

 

Voici une série de considérations que l’on pourrait voir se concrétiser cette année :

 

Fin de la fuite en avant, et faillites de grandes banques : enfin le monde politique comprend que la seule solution à la crise de la dette consiste à faire éclater de manière raisonnée la bulle que l’on transporte de l’extérieur (le capital privé) vers l’intérieur (les capitaux publics, puis la BCE) sans en avoir jamais attaqué les causes profondes.

En cette fin d’année, l’on sait déjà que Dexia Credit Local a réalisé une augmentation de capital rapide, souscrite dans l’ombre par sa maison-mère, et que JP Morgan a « shorté » 125 millions d’once d’argent – espérant les racheter à meilleur prix, mais l’once s’est appréciée de 70% depuis le mois d'août– et va devoir « squeezer » ses positions début 2011.  

 

Nouvelle augmentation de capital de la BCE : Les 5 milliards levés et inscrits dans son bilan en décembre 2010 – pour doubler son capital et enregistrer des moins-values en sauvant ses fonds propres – ne suffisent pas à améliorer sa solvabilité puisque elle est entraînée dans le rythme de la spirale «utilisation du cash amené par les actionnaires ->souscription de toutes les obligations d’état ne trouvant pas preneur-> gonflement de son actif->dépréciation importante de ces actifs->fonds propres négatifs->appel aux actionnaires » ses nouveaux fonds propres sont anéantis à la fin du mois de juin.

Conséquence, la BNB est retirée de la cote : pour pouvoir satisfaire à cet appel de fonds de la BCE, elle procède à une augmentation de capital réservée à l’état belge, et diluant très fortement la part des petits porteurs. Elle en profite pour se faire « délister »

 

Taux de chômage au sommet : dans un cycle de reprise anémique, la consommation ne redémarre pas, les entreprises se recentrent sur leur « core business », en cherchant à constamment augmenter leur productivité. Les entreprises sont de plus en plus axées sur les services donc une partie de la main-d’œuvre devient graduellement et mécaniquement « accessoire ». Les gouvernements tentent sans plus d’effet de prolonger toute une série de mesures encourageant l’emploi.

 

Krach obligataire : l’arrivée de l’inflation frappe les taux longs qui se tendent, entraînant une baisse des prix de tous les titres obligataires émis par les états ces 4 dernières années.

Bonne nouvelle : les fonds investis en obligations pourraient se retrouver sur le marché des actions, et soutenir ce dernier. Du coup, les titres hybrides comme les obligations convertibles - offrant un remboursement en actions - tirent leur épingle du jeu et sont le meilleur choix pour 2011.

 

Conflits sociaux : La Grèce étant en amont du mouvement, l’ensemble des gouvernements européens va progressivement faire face à des conflits populaires, suite aux nombreux plans sociaux, à un taux de chômage qui reste « haut perché » et sans perspective de relance de la consommation durable.

 

Censure partielle d’internet, reprise en main des media par les pouvoirs publics : On l’a vu en 2010 avec Wikileaks, les media internet prennent de plus en plus d’importance et arrivent à capter l’attention du public sur les nombreux errements du politique. Le monde politique, n’ayant pas réalisé que cette tendance est la continuation de la société-spectacle dans laquelle il s’est enfermé, voudra reprendre les choses en mains en prenant le contrôle de certains journaux qui, de plus en plus exsangues de lecteurs, doivent faire appel à des repreneurs. L’état en sera.

 

L’or à 1’800 USD :

C’est un événement assez traditionnel. Sans surprise l’or poursuit sa montée, la confiance en la monnaie s’étant encore considérablement érodée, donnant des ailes à la « relique barbare », et créant un important foyer d’inflation. Il ne passera plus sous les 1'200 USD.

 

Une parité historique EUR/CHF :

Dans la continuation de le montée de l’or, le franc suisse est devenu une telle valeur refuge – et les autres monnaies s’étant démultipliées à l’infini, faisant s’étioler toute confiance - que pour la première fois il faudra débourser plus d’un EUR pour acheter un CHF. La guerre des monnaies faisant encore rage, la Chine continuera à acheter du yen pour déforcer l’économie japonaise tout en faisant mécaniquement baisser l’USD, auquel la monnaie chinoise est liée, et donc favoriser ses exportations au travers d’un yuan faible. La BCE continuera d’observer ces mouvements sans pouvoir agir sur sa propre monnaie, en déliquescence. L’on pourrait observer une triple parité : 1 USD=1 EUR=1 CHF.

 

Une modification des règles comptables pour le secteur bancaire, en vue de freiner les faillites : dans sa fuite en avant, le monde politique autorisera les établissements financiers à geler la prise en compte de réductions de valeur sur tous les produits financiers toxiques, jusqu’à leur revalorisation, ou à les prendre en charge à dose homéopathique sur une longue période; cette modification du principe de l’annualité de l’impôt induira un nouveau sauvetage indirect du secteur bancaire pendant quelques mois.

 

 

Il est possible que certaines de ces considérations, entraînant des modifications profondes, mettent donc plus de temps à se réaliser. Nous les reporterons alors sur 2012.

Si dans un an ces pronostics se soldent sur un 0/10, ça reste entre nous ?

 

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